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"Schizophrénie-Dépression-Suicide"

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Forum : Schizophrénie (Protected)
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Sylv (0 messages) Envoyer message email à: Sylv Envoyer message privé à: Sylv Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
14-01-03, 23:30  (GMT)
"Schizophrénie-Dépression-Suicide"
Bonjour à tous,

Je m’appelle Sylvain, j’ai 40 ans et suis nouveau sur ce site.
Ma compagne qui présentait des symptômes d’une schizophrénie a fait une grave dépression à la suite du décès de son père et s’est suicidée il y a 2 ans .
Elle était ce que j’avais de plus cher au monde et malgré l’amour et le soutient que je lui témoignais je m’en veux terriblement pour mes maladresses et mon ignorance sur cette maladie.
Je souhaiterais échanger avec des personnes qui ont vécu la même situation.

Bien amicalement,

Sylvain

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  Liste des réponses à ce message

  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
 RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide Schizan 15-01-03 1
   RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide Sylv 15-01-03 3
 RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide claudineh 15-01-03 2
   RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide Sylv 15-01-03 4
       RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide claudineh 19-01-03 5
           RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide Sylv 19-01-03 6
               RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide miina 20-02-03 7
                   RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide charly 20-02-03 8

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Texte des réponses

Schizan (6 messages) Envoyer message email à: Schizan Envoyer message privé à: Schizan Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
15-01-03, 08:54  (GMT)
1. "RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide"
Je comprends que vous ayez ce sentiment: "vous en vouloir". Pourtant, ce sentiment n'est pas rationnel, vous en êtes d'ailleurs très probablement conscient.

Je ne connais pas les détails de votre histoire et n'ai d'ailleurs pas besoin de les connaître. Une chose vaguement similaire m'est arrivée voici quelques années. Une amie d'enfance s'est suicidée quelques jours après m'avoir envoyé une déclaration d'amour. Elle souffrait de troubles psychiques graves. Elle était considérée comme maniaco-dépressive et "borderline", ce qui signifie qu'elle avait des moments de parfaite lucidité.

Il aurait sans doute suffi de peu pour que les choses tournent autrement. Elle m'avait envoyé cette lettre mais avait probablement peur de ma réponse, peur d'être déçue. Elle ne répondait pas au téléphone. Je tombais sur son répondeur. Je suis allé chez elle et ai laissé un message sur sa porte. Mais c'était trop tard. Si j'étais venu un jour plus tôt, ou si... Il y a toujours des si.

J'ai des regrets, mais en me raisonnant, j'en viens toujours à la même conclusion: je ne suis responsable de ce drame en rien, et n'ai rien à me reprocher.

Et d'une manière générale: on ne doit pas s'accuser du suicide d'un proche, parce qu'il y a toujours une autre solution. Se suicider parce que l'on a perdu son père? Allons, la grande majorité des gens passent, à un moment de leur vie, par l'épreuve de perdre leurs parents... Si votre amie s'est donnée la mort pour cela, elle était vraiment très fragile, et vous n'y êtes pour rien.

Je comprends que vous souffriez de la perte de la femme que vous aimiez. Mais pas que vous vous accusiez.

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Sylv (0 messages) Envoyer message email à: Sylv Envoyer message privé à: Sylv Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
15-01-03, 00:22  (GMT)
3. "RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide"
Merci pour votre réponse.
C’est vrai qu’il reste toujours des si…
Le suicide de ma compagne est arrivé le jour où nous devions partir en vacances dans sa famille.
Nous avions passé la veille ensemble, chez elle, nous étions heureux et nous réjouissions de partir le lendemain.
Après cette belle soirée je suis rentré chez moi (nous avions gardé 2 appartements).
Nous devions nous revoir le lendemain à midi…
La suite ressemble beaucoup au récit de ce qui vous est arrivé avec votre amie.
Elle n’était pas au rendez-vous et ne répondait pas au téléphone. Je me suis beaucoup inquiété et suis passé chez elle plusieurs fois dans la journée. Hélas, je ne possédais pas les clés de son appartement. Après avoir téléphoné à sa sœur et à une amie, celles-ci ont essayé de me calmer en me faisant remarquer que cela lui était déjà arrivé plusieurs fois de « disparaître » une journée et ne pas se rendre à son travail pour réapparaître le lendemain. C’est vrai que c’est un des troubles caractéristique de la schizophrénie.
J’ai donc attendu le lendemain mais ne la voyant pas arriver et ne pouvant plus supporter mon angoisse j’ai appelé les pompiers…mais il était trop tard.
Alors aujourd’hui je me dis toujours que si j’avais appelé les pompiers plus tôt, ou si j’avais « cassé » sa porte plus tôt, elle aurait pu être sauvée.
Je me pose encore et toujours la même question : lui ais-je dit quelque chose qui l’aurait irritée ou frustrée et provoqué son geste (la goutte d’eau qui fait déborder le vase)?
Je sais aussi qu’un des trouble caractéristique de la schizophrénie est l’ambivalence : ce sentiment d’amour et de haine, de désir et de crainte. Je me demande toujours si elle voulait s’adresser à moi à travers son acte.
J’espère que vous me comprendrez un peu mieux maintenant.

Bien cordialement,

Sylvain

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claudineh (0 messages) Envoyer message email à: claudineh Envoyer message privé à: claudineh Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
15-01-03, 11:50  (GMT)
2. "RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide"
Bonjour sylvain,

Tout d'abord bienvenue sur ce forum.

Je suis schizophrène dépréssive et j'ai tenté plusieurs fois de me suicider. Quand le désir de suicide est très important, l'on devient très égoîste et l'on ne pense pas à la famille.
Quand le désir de suicide arrive, l'on ressent une extrème douleur qui ne peut être comprise de l'entourage. Pour ma part, à chaque fois, j'ai ressenti un profond anéantissement.

Je peux te parler d'une expérience personnelle, ou je me trouvais avec mon compagnon. Nous nous trouvions au Maroc au Club Méditérannée. Il était vers 23 heures et nous regardions des vacanciers danser. Tout étais beauté, joie, musique, quand je me suis sentie complètment partir, tout mon corps, mon âme n'étaient que douleur. Je souffrais tellement que je n'avais qu'une pensée. En finir. Mon ami m'a alors emener à l'infirmerie, le docteur m'a convaincu de reprendre mes médicaments.

En fait, tu as dû sur-estimé ton amie. Tu n'as pas vu sa fragilité. Pour ma part, je crois qu'il est légitime et sain que tu culpabilise quand à ton ignorance. Par contre, tu ne peux être retenu responsable de son geste fatal. En choisissant de se supprimer, elle a opté pour l'arrêt de ses horribles souffrances.

J'espère à travers mon explication avoir été la plus objective possible, et avoir, porté une petite pierre à ton édifice.

Amicalement.
Claudineh

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Sylv (0 messages) Envoyer message email à: Sylv Envoyer message privé à: Sylv Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
15-01-03, 00:22  (GMT)
4. "RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide"
Bonjour Claudine,

Je te remercie beaucoup pour ton témoignage qui m’a beaucoup touché.

En complément de la réponse que je viens de poster à Schizan je voudrais te dire que ma compagne a laissé une lettre qui n’est pas adressée nommément à quelqu’un dans laquelle elle parle de son enfer sur cette terre. Il est question de privations, de frustrations, d’humiliations, de souffrances. Elle dit qu’il n’y a pas de liberté possible sur cette terre. Elle espère qu’il y ait un paradis qu’elle s’était construit dans sa tête et où son âme accomplira tous ses rêves et ses désirs.

Etant son compagnon, je me demande toujours si je suis contenu dans cet « enfer » dont elle parle ; si mon aide et mon soutient, parfois maladroit ; ma contribution à la faire revenir à la réalité (tout le monde autour d’elle lui disait qu’elle allait mieux depuis notre rencontre) n’ont pas, au contraire, engendré frustrations et manque de liberté et provoqué son geste. C’est une question qui revient sans cesse à mon esprit.

Bien cordialement,

Sylvain

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claudineh (0 messages) Envoyer message email à: claudineh Envoyer message privé à: claudineh Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
19-01-03, 21:27  (GMT)
5. "RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide"
Bonsoir Sylvain,

Tout d'abord, excuse-moi de ne pas t'avoir répondu plus prestamment.

Je pense que tu n'a pas à culpabiliser pour l'acte fatal de ta compagne.
L'enfer n'est qu'une idée chrétienne. C'est une idée de l'Homme. Pour ma part, je suis agnostique. J'ignore si un Dieu existe où pas et ma philosophie n'est pas portée vers la religion.

Aujourd'hui ta compagne est morte. Il faut te faire à l'idée qu'elle n'existe plus. Dans ton message tu parles encore trop au présent. Je ne te demanderai pas de faire un trait sur ton histoire avec cette personne, mais de grâce, cesse de culpabiliser, car ainsi, tu ne fais du mal qu'à toi même.

Ta compagne était une personne fragile comme nous tous sur ce site. Avec elle, tu as atteint tes limites. Mais elle aussi avait les siennes.

Dans la vie, la majorité des gens font ce qu'ils peuvent. S'ils sont en mauvaise santé, ils essaient de se soigner. Ceux qui sont au chomâge vont à l'ANPE ou envoie des centaines de CV, consulte les petites annonces. Ceux qui cherchent un logement, s'adressent à une agence immobilières, consultent eux aussi les petites annonces. Celles qui veulent un enfant essaient d'abord de trouver un mari etc...etc...

Pour conclure, je te dirai, Sylvain, de relire la réponse que j'ai faite à ton message. Volontairement, je n'ai pas voulu tombé dans le pathos, ce n'est pas du tout mon état d'esprit actuel. J'ai tenté d'être la plus objective possible.

Et surtout, n'oublie pas : ta compagne devait souffrir terriblement.
Cela ne veut pas dire que tu sois coupable de quelque chose.
Mais essaie de comprendre, elle souffrait de trop.

A plus tard.
Claudineh

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Sylv (0 messages) Envoyer message email à: Sylv Envoyer message privé à: Sylv Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
19-01-03, 00:06  (GMT)
6. "RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide"
Bonsoir Claudine,

Merci beaucoup de m'avoir répondu et crois bien que j'essaye chaque jour de me reconstruire mais ces questions reviennent périodiquement à mon esprit.

Ma compagne n’était pas croyante et je ne pense pas qu’il faille voir une connotation religieuse dans l’enfer qu’elle vivait.
Voici l’extrait où elle en parle :
« Il n’y a pas de liberté possible sur cette terre.
« Je souhaite seulement qu’il y ait un ailleurs,
« ce que les croyants appellent un paradis.
« Je me le suis construit dans la tête
« mais ce que je vis sur cette terre est un enfer. »

J’ai beaucoup de mal avec ce texte car je vivais avec elle sur cette terre et je me demande toujours si mon aide et mon soutient, ma contribution à
la faire revenir à la réalité, n’ont pas provoqué cet enfer.

Une autre question que je souhaiterais aborder c’est l’ambivalence dans les rapports amoureux chez les schizophrènes dépressifs.
Ma compagne était une personne merveilleuse, dotée d’une très grande
sensibilité et d’une infinie tendresse, quand ça allait bien. Mais j’ai été parfois très décontenancé et blessé par ses bizarreries, ses changements brusques de comportement. Ainsi je me demande si elle m’aimait véritablement ou plutôt si elle pouvait m’aimer avec sa maladie.

D’avance Merci pour ton témoignage.

Bien amicalement,

Sylvain

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miina (0 messages) Envoyer message email à: miina Envoyer message privé à: miina Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
20-02-03, 17:32  (GMT)
7. "RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide"
hello

je viens juste de lire ton témoignage et tu te poses les mêmes questions que moi, et j'aimerai avoir une réponse aussi à ces questions.
Moi aussi je vis avec mon compagnon qui est schizo et c'est la même chose aussi pour moi. Un jour il m'aime il ne veut pas me perdre et le lendemain il est distant froid méchant et me dit qu'il va partir. 1 heure après quand je lui ai dit que je l'aimais que je ne voulais pas le perdre il change d'avis et s'accroche à moi comme à un rempart, il est tendre affectueux et amoureux. C'est très déstabilisant, parfois je ne comprends plus rien. Je me demande aussi s'il m'aime s'il peut m'aimer même s'il est malade ? Je me demande s'il est comme cela à cause de sa maladie ou si c'est son caractère comme cela ? Quelqu'un peut il me renseigner ?
Merci

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charly (394 messages) Envoyer message email à: charly Envoyer message privé à: charly Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
20-02-03, 23:01  (GMT)
8. "RE: Schizophrénie-Dépression-Suicide"
bonsoir miina,
personnellement je ne connais pas ton compagnons mais les sentiments quand on est schizophrènes sont très difficile et ambigue. je t'explique car on à du mal à ressentir quelque chose mais ça nous arrive de ressentir de temps en temps des sentiments. si cela réponds à ta question je pense que cela vient de la maladie car j'ai l'impression que les garçons schizophrènes sont plus agressif que les schizophrène fille, je l'ais constaté sur ce siteet par certains témoignages.

amicalement, charly!

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