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En tous cas c'est rare que l'on parle des schizophrènes dans un journal d'actualités très populaire, et en disant que les malades peuvent guérir.
Un certain psychiatre ancien schizophrène se disait définitivement guéri, tandis que les "consommateurs" se considèrent comme en sursis et qu'il faut préserver la guérison.
Les malades savent eux-mêmes ce qu'ils ont mais pas ce qu'il leur faut pour guérir. Leur sort est donc entre les mains des psychiatres qui détiennent une partie du savoir (le savoir scientifique) tandis que les malades détiennent le savoir "vécu".
Trouver le juste milieu dans la relation patient-thérapeute grâce aux savoirs respectifs; échanger les regards en se mettant dans la peau de l'autre permet de se reconnaître dans les yeux des autres et de se sentir moins seul peut-être. Voir de ses propres yeux est un droit et peut-être un devoir, grâce à la médecine cela est une réalité : on peut se voir en face et voir les autres dans le même monde. Le décalage qui persiste dans ma vision du monde, dans mon être n'est que provisoire (?) il finira bien par péricliter. A mon avis les médicaments ne suffisent pas à réfréner complètement les symptômes de la schizophrénie, il en subsiste quelques-uns minimes mais réels !! Cela "brouille" les communications, les pensées et les raisonnements. Mais ça n'est pas la situation de crise que j'ai connu, loin de là.
Je pense que mon psychiatre me mènera avec ma volonté dans un terrain plus stable, plus tranquille et reposant ? Car il faut se stabiliser, trouver comment naviguer sur toutes les mers, dans tous les états ; se raccrocher à des certitudes et être content de soi. Mais la vie est (ma vie) n'est pas simple et toute tracée, ouverte et agréable, mais semée d'embûche et petit à petit ce sont des portes qui se referment et d'autres qui s'ouvrent. Pas les mêmes quand le temps avance. Et il avance, il ne s'arrête jamais : c'est lorsqu'on veut faire une pause que l'on est vraiment mal, c'est quand on veut tout arrêter qu'on a besoin d'aide, quand tout autour de nous semble statique, sans âme, sans réflexion. En fait le monde est mouvement, il bouge car il vit. Rien ne peut l'arrêter. Il faut le suivre, l'attraper et le dépasser même s'il résiste et cours plus vite que nous. Il ne faut pas s'arrêter et moi je ne fais que ça !!! Je m'arrête sans cesse. Je pars et je repars pour mieux freiner des quatre fers : je résiste du mieux que je peux. Il faut utiliser cette résistance à aller de l'avant, cette énergie permettra de faire de grandes choses, d'être reconnu et de reconnaître les autres tels qu'ils sont (tels que je les imagine)(tel que je m'imagine). Un jour mes actes seront clairs,je saurai pourquoi j'agis, le pourquoi de toutes choses et la destinée de l'Homme. Mon avenir est limpide ? Peut-être que je suis destiné à quelquechose, à reconnaître la beauté des autres pour le bien de tous. Je pense beaucoup à moi et on me reproche de ne pas penser aux autres (enfin ma mère le dit) mais en vérité je pense plus aux autres qu'à moi-même. Comment je vois ma mère ? Comme une femme seule et attachante, un être passionné et triste, une femme sans histoire qui en fait a une histoire chargée et mouvementée, elle ne fait pas de vague mais en même temps elle remue des montagnes, elle est belle et je la repousse.
Comme je vois les autres je me vois moi-même. La réponse est en moi, rien ne sert de parler de moi à la troisième personne, je suis donc je sais.
Et puis Moi j'aime aller à l'école, demain j'y retourne mais je n'ai pas assez travaillé, je vais avoir de mauvaises notes et rater mon examen à la fin de l'année, aussi, que vais-je faire l'année prochaine ? Je pense à mon avenir et je me ferme des portes, celle du BTS et celle des grandes écoles. Je pense à moi et je me trouve bien peu de choix dans ma vie ; je passe ma vie à subir. Rien de ce que je fais n'est choisi : tout est dû aux hasard ? Tout est reglé par quelqu'un d'autre ? Non, c''est moi qui réfléchi tout cela, c'est moi seul qui me fait agir, c'est encore moi qui décide de mon avenir, c'est toujours moi qui sait qui je suis. Et mes textes, je les écrit mais ils sont creux, comme moi, Qui manque de consistance je sais, mais je fais des efforts pour me faire plus gros, plus consistant, moins plat et creux.
Désolé d'écrire, désolé d'exister, je fais peut-être pas de mal aussi j'existe et je prend plaisir à me foutre de la vie, des études et du travail, du sexe, de la bouffe, tout ça je m'en fout je veux changer de pays, mais rien ne sera pareil si je change de pays, alors tout sera pareil. Quoi ? Qui sera pareil ? Moi ? Mais j'ai changé mon gars, rien n'est le même en moi, depuis quelques temps déjà je change et je me dis que je suis le même. Grand garçon deviendra adulte, faut pas s'inquiéter pour l'avenir mais pour le passé : qu'est-ce que j'ai pu faire de malheureux et de raté ? Rien de spécial ? Et la déclaration d'amour à Aurore, je lui ai fait du mal c'est clair, elle ne peut pas en parler et moi non plus : alors pourquoi avoir fait ça ??? Je peux en parler, c'est un moyen de régler le problème. Ne pas faire de tort c'est le principal : elle a un copain et moi pas de copine, elle est maquée et je viens lui dire que je l'aime c'est fou ça .
Alors ? Que faire pour réparer ça, lui en parler en disant 'je ne voulais pas te blesser en écrivant des poèmes, mais je voudrais savoir pourquoi tu ne veux pas que je t'en écrive ? Je ne lui dirais peut-être pas que depuis ce jour je ne veux plus rien faire et que la clé est peut-être dans ce refus de m'écouter ????
Elle ne veut pas de moi et me rend malheureux c'est peut-être pour cela que l'on me dit que je deviens plus consistant, plus enrichi ? Je me frotte à la réalité, à l'amour ? Je ne connaissait rien à la vie, je suis un puceau et maintenant ? Quoi de neuf dans ma vie ? J'aime quelqu'un, je le sais et ça change quoi ? Qu'elle va me dire oui ? Rêve, mon gars !
Pas de panique, je trouverai bien le moyen de ne plus penser à elle, grâce à ma psychologue je vais me mettre à réfléchir, je vais utiliser les autres à me rendre plus grand et plus fort, je suis le plus fort d'ailleurs !
Et une fois que je serai tombé de mon altitude, que se passera-t-il ? Je serai plus humble, je serai mieux qu'avant et plus attentif au malheur des autres et peut-être à mon propre malheur, je réfléchirai et serai intelligent, et je ferai l'amour comme un adulte. Pas à Aurore, mais à une autre femme que j'aimerai pas. Ca sera super, Aurore je la verrai, on sera amis je l'inviterai chez moi dans un appartement et on discuterai, elle serait mariée à un psychologue et la nuit je penserai à elle./
Sans compter que j'aurai trouvé un boulot dans une entreprise de déménagement et que je serai informaticien en logistique. Je m'occuperai des meubles des familles de la France entière, il faudrait les entreposer, les ranger et faire attention en les déménageant. Je serai pas très bien payé, mais comme je n'ai pas eu de diplôme importants, bah voilà mon avenir tout tracé.
Aurore aura quelqu'un sur qui compter, puisque je ne serai pas son mari ! Moi au moins je saurai être aimable avec elle (car si j'étais marié avec elle les choses seraient différentes, on serai malheureux et on finirait par se séparer, je ne verrai plus ses parents et on ne se parlerai plus). Bref, je suis obnubilé par la réalité de ma petite vie, celle de mes géniteurs qui se sont séparés et qui ne se voient plus.
Tout ça pour en arriver là. C'est triste la vie, connaître l'amour.
Rémi.