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"ma déception"

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Forum : Schizophrénie (Protected)
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hara (0 messages) Envoyer message email à: hara Envoyer message privé à: hara Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
26-02-03, 22:07  (GMT)
"ma déception"
Bonsoir à tous,
J'étais tracassée aujourd'hui. Comme vous le savez,j'essaie d'aider, modestement, une personne schizophrène...Donc, oui, aujourd'hui, j'étais tracassée. Cette semaine,il est poursuivi par Saddam Hussein qui veut le tuer et des extra-terrestres lui rendent visite.
Bêtement, j'en parle à des amis proches (que je pensais ouverts...)et j'ai eu droit à des réactions plus que désespérantes.L'un a éclaté de rire, j'ai arrêté de parler. L'autre instantanément :/ouais bon, un fou quoi/ J'ai arrêté de parler. Le troisième:/Putain mais fais gaffe à toi, c'est dangereux, 'fin moi, j'dis ça, c'est parce que je tiens à toi, j'veux pas qu'y t'arrive des trucs. T'embourbe pas là dedans/Et blablabla.J'arrête donc d'en parler autour de moi. A quoi bon? Ca c'est ma déception personelle...
Les gens sont terriblement réducteurs.
Y'a un truc qui me perturbe quand même, si moi déjà, ne souffrant pas de schizophrénie, je me sens isolée dans/avec ce problème...mais alors que vivent ceux qui en souffrent directement? Ca doit être un enfer de solitude....
Dites, j'ai lu dans plusieurs messages que prendre certains médicaments aidait à éviter les "délires" (j'aime pas beaucoup ce mot....)mais le mec que je connais prend des médicaments et est pourtant sujet,souvent, à des crises hallucinatoires. C'est dû à quoi? Les médicaments ne sont-ils pas adaptés?Il voit des psychiatres pourtant...j'imagine que ces docteurs savent bien ce qu'ils font.
Et aussi, quand on assiste à ce que vous appelez un "délire", quelle est la meilleure attitude à adopter? Faut-il simplement se taire, accepter le "délire" en question comme la réalité (car pour lui c'en est une)et demander des explications sur ce qu'il voit et entend ou être platement rationnel en espérant que ça aide l'autre à "redescendre sur terre"?
C'est difficile...Je ne sais pas toujours que faire. Et apparemment, d'après ce que j'ai lu, y'a moyen de faire beaucoup de tort à un schizophrène sans même le vouloir....J'ai vraiment pas du tout, du tout envie d'être le déclencheur d'une rechute de qui que ce soit...
J'me rendais pas compte à quel point le problème est complexe. Isabelle a raison , faut que j'aille poser mes questions à un psy. Je sais que c'est le mieux. Mais bon, j'suis étudiante, pas carrément pauvre mais pas fort fort riche non plus. Et une consultation chez le psy c'est assez cher. Donc, une psychothérapie, là c'est plus ou moins exclu, pour le moment....
Il va falloir que je me débrouille seule un petit temps. Avec vous. Sauf si ça vous dérange de répondre à mes questions.Parce que je pourrais comprendre ça...
J'espère que vous allez bien.
Hara.

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  Liste des réponses à ce message

  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
 Coucou hara soleilnoir 27-02-03 1
   RE: Coucou hara hara 27-02-03 2
 RE: ma déception charly 27-02-03 3
 RE: ma déception Isa 27-02-03 4

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Texte des réponses

soleilnoir (222 messages) Envoyer message email à: soleilnoir Envoyer message privé à: soleilnoir Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-02-03, 08:32  (GMT)
1. "Coucou hara"
Salut. Tu devras lui parler comme à n'importe quel etre de normal. Il faut pas l'infantiliser.
Tu devras faire preuve de beaucoup d'écoute et de patience.
Par contre, quand il est délirant il n'y a rien à faire. Sauf à attendre que les médicaments lui enleve son délire. Apparemment ton pote est très malade. C'est à dire qu'il à besoin d'un traitement de guérison et non de maintien et de stabilisation de la "maladie".
S'il connait à l'heure actuelle des crises, il devra se faire hospitaliser. C'est triste à écrire mais c'est le mieux pour lui. A l'hopital on lui donnera des anti-délirants. Quand on délire c'est horrible!
Est-il aller à l'hopital?
Sinon il sera "normal" dans 6 mois. ou quelques semaines avec le traitement adéquat.
Quand il sera "stabilisé" tu pourras avoir de bonnes relations avec lui et parler de tout.
Mais tant qu'il souffre de délires meme avec des médicaments, il sera dans son monde et ne te percevras qu'avec difficulté.
Il faut que tu soit patiente. Attendre qu'il aille mieux. C'est à dire qu'il n'ai plus de délires.
Après bien sur, il sera tout le temps fatigué, le moral à zero, mais tu pourras entamer une relation d'individu normal à personne normale.
S'il délire il n y a rien à faire. Seul les médicaments peuvent agir...
Si t'as d'autres questions, ecris au forum.
Bisous. Un schizophréne "stabilisé" ( à grands coups d'antidépresseurs et de SOLIAN ) David
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hara (0 messages) Envoyer message email à: hara Envoyer message privé à: hara Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-02-03, 12:27  (GMT)
2. "RE: Coucou hara"
Mon pote comme tu dis n'a pas arrêté de faire des aller-retours hosto-maison depuis quatre ans.Il est suivi par des psychiatres et prend des médicaments. Mais ça n'a pas l'air de fonctionner parfaitement bien. Ce qui est bizarre c'est que pour le moment, les psys, même en consatant qu'il délire encore, ne veulent plus l'interner.En fait, il vit chez lui avec ses parents et quand ça ne va vraiment plus, alors, les médecins le prennent dans le service psychiatrique de l'hôpital de ma région mais juste un petit temps, de brefs séjours.Après,ils le renvoient chez lui. Jusqu'à la prochaine crise ou tentative de suicide. Ca me dégoute. Je sais pas trop si il s'en sortira comme ça.
Le problème aussi c'est qu'apparemment, tous ces traîtements coûtent hyper cher et ça devient difficile à ce niveau là pour ses parents.
Bref. Je vais voir comment la situation évolue pour lui...Je vous donnerai des nouvelles.
Bisou à toi David, que tout aille bien.
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charly (394 messages) Envoyer message email à: charly Envoyer message privé à: charly Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-02-03, 12:27  (GMT)
3. "RE: ma déception"
bonour hara,
je voulais te dire que les personnes à qui tu en a parlé on eu une réaction normale, moi même en te lisait est rigoler, mais ce n'est pas méchant, je suis pourtant schizophrène mais cela m'empêche pas d'avoir de l'humour, c'est un peu réducteur, ton ami à des problèmes d'hallucinations, il faut savoir que le neuroleptiques ne fait pas tout, car c'est aussi des problèmes psychologiques (conflits avec la vie en général et dans tous les sens du terme)il doit faire un chemin qui est long pour certain et court pour d'autre pour mûrir de cette maladie, car elle est évolutive vers le positif, mais combien de temps ça prends personne ne peut te le dire, tout dépend du caractère de ton ami. le mieux est de faire une psychothérapie pour apprendre à gérer ses conflits intérieur et les comprendre et ensuite de faire le ménage autour de soie, laisser de côter ceux qui nous causent problème et de bien s'entourer et d'avoir une vie sans heurte (stable, saine). en fait il doit comprendre pourquoi il rechute à chaque fois et repérer les indices de la rechute pour prendre dès l'apparition des symptômes une dose supérieure de neuroleptique pendant toute la crise et rediminuer quand la crise est passée au fir et à mesure (pour ça s'il ne peut pas joindre son psy cela lui évite l'hospitalisation), et personne ne peut faire le chemin à sa place, s'il ne veut pas réagir tu ne pourra rien faire.c'est à lui et lui seul de s'en sortir et tu ne peux que l'aider quand il va mal et quand il va bien avec un soutien mais c'est lourd, c'est tellement lourd que mes parents un jour en avait tellement marre de mes hallucinations (genre sortir le soir et attendre devant la porte d'entrée dehors en chemise de nuit avec ma fille dans les bras en pleine hivers, ils avaient peur que je parte je ne sais où pour faire des actes non contrôlés, qu'ils voulaient m'enfermer dans un hopital, car en plus mon oncle leur avait dit qu'il m'aurait sur les bras toute leur vie (on ne connaissait pas le diagnostique à l'époque. Mais il faut comprendre que c'est plus lourd qu'on ne l'imagine et je ne dit pas ça pour te décourager.

jespère avoir répondue à tes attentes.

amicalement, charly!

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Isa (741 messages) Envoyer message email à: Isa Envoyer message privé à: Isa Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
27-02-03, 12:27  (GMT)
4. "RE: ma déception"
Bonjour Hara,

Dans ton message, tu poses bien le problème de comment aider. En fait tu l’as remarqué, dans cette maladie on se bat contre tous les fronts, celui des préjugés étant le pire…

On est effectivement bien seul et même lorsque l’entourage est très présent, la solitude demeure face à la crise.

Il y a un temps différent selon que l’on est en crise ou en période de rémission, Soleilnoir l’explique très bien.

En fait lors d’un délire, en dehors d’une solution médicamenteuse, je n’en connais pas. Il est évident que ton ami n’a pas la bonne dose et qu’il doit revoir d’urgence son psy. Il n’y aura pas forcément hospitalisation d’emblée, le psy va chercher à faire alliance et à amener la personne à prendre conscience de la rechute. Si ton ami est encore à un stade de déni, il est certain que l’hospitalisation va lui être très vite proposée, sinon le psy va essayer de temporiser le temps que la crise s’éloigne. C’est pour cela que nous avons tous des suivis différents, tout dépend de où nous nous trouvons sur notre parcours.

Le soutien est important mais en aucun cas tu ne peux te substituer à son suivi. J’ai envie de dire que ta présence n’est qu’un « appoint » même si elle est essentielle, sans te dévaloriser ou minimiser mais la prise en charge est au cœur de ce combat. Quand tout va mal la seule urgence c’est de calmer l’orage, inutile de faire des projets ou de penser à l’avenir. Malheureusement on est souvent parasité par ces préoccupations de la part de l’entourage et ça augmente inutilement l’angoisse, moins il y a de pression mieux c’est.

L’aide la plus efficace que tu peux lui apporter c’est lui faire comprendre qu’il délire et a besoin de se soigner. A faire tout en finesse et en diplomatie, les sentiments persécutifs sont très présents. Lui faire prendre conscience qu’il est tout seul à ressentir ça, que toi ce n’est pas ton cas. Inutile de lui dire qu’il délire ou que c’est faux, cela aggraverait la situation. Tu te situes par rapport à ton ressenti. Tu reconnais le sien en ne le niant pas, en retour il doit entendre le tien. Il sait que tu es dans la réalité, que lui a perdu pied. C’est là que le rapport de confiance est essentiel, c’est là-dessus que tu joues pour l’amener à se soigner.

Le but du suivi n’est pas de guérir, ceux qui le disent sont des menteurs… c’est de diminuer le nombre de rechutes tant dans leur nombre que dans leur durée. Les médicaments sont efficaces à condition de trouver le bon à la bonne dose. Cela demande de ta part une capacité d’adaptation très grande si tu veux rester à ses côtés pendant un long moment. Ce qui nous rend la vie difficile c’est la rigidité des comportements, bien souvent les gens ont le même qu’on aille bien ou mal, mais c’est un autre débat…

Pour répondre à ta question sur les moyens financiers, tu peux t’adresser au CMP de ton secteur (centre médico psychologique) si tu es en France. Les consultations sont gratuites. Tu trouveras l’adresse soit sur les pages jaunes de l’annuaire soit en téléphonant à l’hôpital psychiatrique de ta région.

Tiens nous au courant…

Amitiés

Isabelle

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