Bonjour Hara,Dans ton message, tu poses bien le problème de comment aider. En fait tu l’as remarqué, dans cette maladie on se bat contre tous les fronts, celui des préjugés étant le pire…
On est effectivement bien seul et même lorsque l’entourage est très présent, la solitude demeure face à la crise.
Il y a un temps différent selon que l’on est en crise ou en période de rémission, Soleilnoir l’explique très bien.
En fait lors d’un délire, en dehors d’une solution médicamenteuse, je n’en connais pas. Il est évident que ton ami n’a pas la bonne dose et qu’il doit revoir d’urgence son psy. Il n’y aura pas forcément hospitalisation d’emblée, le psy va chercher à faire alliance et à amener la personne à prendre conscience de la rechute. Si ton ami est encore à un stade de déni, il est certain que l’hospitalisation va lui être très vite proposée, sinon le psy va essayer de temporiser le temps que la crise s’éloigne. C’est pour cela que nous avons tous des suivis différents, tout dépend de où nous nous trouvons sur notre parcours.
Le soutien est important mais en aucun cas tu ne peux te substituer à son suivi. J’ai envie de dire que ta présence n’est qu’un « appoint » même si elle est essentielle, sans te dévaloriser ou minimiser mais la prise en charge est au cœur de ce combat. Quand tout va mal la seule urgence c’est de calmer l’orage, inutile de faire des projets ou de penser à l’avenir. Malheureusement on est souvent parasité par ces préoccupations de la part de l’entourage et ça augmente inutilement l’angoisse, moins il y a de pression mieux c’est.
L’aide la plus efficace que tu peux lui apporter c’est lui faire comprendre qu’il délire et a besoin de se soigner. A faire tout en finesse et en diplomatie, les sentiments persécutifs sont très présents. Lui faire prendre conscience qu’il est tout seul à ressentir ça, que toi ce n’est pas ton cas. Inutile de lui dire qu’il délire ou que c’est faux, cela aggraverait la situation. Tu te situes par rapport à ton ressenti. Tu reconnais le sien en ne le niant pas, en retour il doit entendre le tien. Il sait que tu es dans la réalité, que lui a perdu pied. C’est là que le rapport de confiance est essentiel, c’est là-dessus que tu joues pour l’amener à se soigner.
Le but du suivi n’est pas de guérir, ceux qui le disent sont des menteurs… c’est de diminuer le nombre de rechutes tant dans leur nombre que dans leur durée. Les médicaments sont efficaces à condition de trouver le bon à la bonne dose. Cela demande de ta part une capacité d’adaptation très grande si tu veux rester à ses côtés pendant un long moment. Ce qui nous rend la vie difficile c’est la rigidité des comportements, bien souvent les gens ont le même qu’on aille bien ou mal, mais c’est un autre débat…
Pour répondre à ta question sur les moyens financiers, tu peux t’adresser au CMP de ton secteur (centre médico psychologique) si tu es en France. Les consultations sont gratuites. Tu trouveras l’adresse soit sur les pages jaunes de l’annuaire soit en téléphonant à l’hôpital psychiatrique de ta région.
Tiens nous au courant…
Amitiés
Isabelle