Je continue. J'ai un peu de mal à retrouver le fil de nos conversations, car elles sont dispersées.
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Excuses-moi j'ai encore envoyé mon message avant d'avoir fini (c'est une
erreur), aussi je m'arrête là pour aujourd'hui.
Merci de me suivre,
Au revoir,
Rémi.
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>BONJOUR REMI
JE TE SUIS NE T INQIUETE PAS
ALORS LES QUESTIONS DU JOUR SONT:
.COMMENT AS TU PRIS DE TA MALADIE?
.QUELLE A ETAIT TA REACTION A LA DECOUVERTE DE LA MALADIE?
.QUELLES ETAIENT TES CONNAISSANCES SUR LA MALADIE AU MOMENT DE LA DECOUVERTE?
.SUITE A LA DECOUVERTE DE TA MALADIE AS TU CONNU DES CHANGEMENTS? SI OUI, LESQUELS?
MERCI DE TA COOPERATION
JULIE
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Bonsoir : j'ai voulu répondre hier mais mon navigateur n'affichait pas la page "envoyé" !!
Donc voici ma réponse.
Bonne lecture, Rémi.
'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'"'
Bonsoir Julie,
Merci de ne pas crier (les majuscules).
Excuses-moi pour les messages inachevés d'hier.
Enfin, si tu les as reçus c'est le principal.
>>BONJOUR REMI
>JE TE SUIS NE T INQIUETE PAS
Je ne me poses pas trop de questions.
> ALORS LES QUESTIONS DU JOUR SONT:
>.COMMENT AS TU PRIS DE TA MALADIE?
J'ai compris que j'étais malade quand le psychiatre m'a demandé si j'avais une idée de ce qui pouvait bien m'arriver pour que je me retrouve à l'hôpital. En fait les infirmières des urgences qui m'ont rencontré (Je me suis blessé en frappant le carreau d'une voiture) m'ont posé des questions et m'ont fait craindre la folie.
>.QUELLE A ETAIT TA REACTION A LA DECOUVERTE DE LA MALADIE?
>
J'étais complètement perdu. Mon psychiatre dit "éparpillé", mais en fait au moment de la crise je ne voyais plus, n'entendais plus, ne pensais plus qu'à moi et au trou noir qui me broyait.
Lorsque j'ai prononcé le mot "schizophrénie" devant le psychiatre ce fut
un soulagement et le début d'une autre ère...
>.QUELLES ETAIENT TES CONNAISSANCES SUR LA MALADIE AU MOMENT DE LA
>DECOUVERTE?
Je savais que la schizophrénie était un dédoublement de la personnalité : un décalage entre la réalité et sa propre personne. Une troisième vue. C'est lié à un aspect de ma personne, un malaise déjà présent depuis un certain temps.
>.SUITE A LA DECOUVERTE DE TA MALADIE AS TU CONNU DES
>CHANGEMENTS? SI OUI, LESQUELS?
>
Pas rapidement. Je suis resté trois semaines à l'hôpital. Petit à petit les choses devenaient un peu plus claires. Je reprenais les cours un mois après. (c'était les grandes vacances). Mais le suivi psychologique que j'avais amorcé depuis deux ans faisait son effet : grâce aux visites régulières chez un psychologue, je fais le lien avec l'avant et l'après. Ce fut un tournant dans ma vie (je te l'accorde, elle vient de commencer), il y a donc l'avant et l'après. Depuis deux-trois ans je m'étais mis à fumer, à ne plus trop suivre les cours, et la tendance s'inversait. Juste avant ces grandes vacances, j'étais déjà malade, mais je ne fumais plus du tout et j'avais obtenu mon bac. (L) au rattrapage. Dans mon parcours, ce qui a changé c'est le fait de sécher les cours : en première puis en Terminale. C'est une période révolue. La maladie vient après, c'est quelque chose de secondaire mais qui explique quand même beaucoup de choses. Changements : Je ne suis plus paresseux, je suis malade. Donc changement de statut, de regard de mes parents et de mes proches. Un regard plus positif, une meilleure compréhension de ma personne. Je prend des médicaments tous les jours, donc je me prend plus en charge qu'avant (avant je fumais, c'était une thérapie ?Non.). Et puis petit à petit les changements apparaissent durablement : meilleure estime de soi, et puis prise de confiance, clarté des propos qui s'enchaînent de manière cohérente, enfin c'est je crois l'impression que je donne mais dans ma tête c'est nettement plus clair qu'avant : des systèmes de pensée que j'avais qui deviennent complètement erronés, style les autres sont tous fans de moi et je suis le centre du monde.
Sinon maintenant j'ai l'impression d'évoluer ; chaque jour qui passe.
>MERCI DE TA COOPERATION
>JULIE
Je t'en prie, cela me fait plaisir.
Au revoir,Rémi.
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>>bonjour remi
>merci de tes reponses
>en voici d autre si çà ne te derange pas
>.AS bénéficié d'une procédure de soins? si oui,laquelle et a quelle
>fréquence?
J'ai rencontré des infirmières psy au service des urgences de l'hôpital. Là elle m'ont fait enfermer de force dans une salle nue et injecter un produit qui m'a endormi.
L'après-midi j'ai profité qu'on m'avait mis dans une aile de l'hôpital alors que je sortai des vapes pour m'enfuir par une fenêtre. C'est mon père qui a appelé l'hôpital, on m'a raccompagné cette-fois ci de mon plein gré et dans l'hôpital j'ai vu d'urgence un médecin car je souffrais des effets secondaires de l'injection : paralysie (je ne pouvais plus contrôler mes mouvements et seule ma tête fonctionnait).
Ce fut ma première rencontre avec le psychiatre qui a dit que c’était les effets secondaires et il est parti après qu’on m’ait fait une piqûre qui m’a fait reprendre pied.
Le lendemain, je l’ai vu dans ma chambre, on a parlé de mon geste de la veille. Il est doux et s’intéresse à mon cas. Je comprend ( ?) que je suis malade sans qu’il me le dise.
Les jours suivants je le vois régulièrement et je parle de schizophrénie : il est d’accord avec moi et confirme.
Après deux fois par semaine pendant deux semaines. Je sors de l’hôpital. Normalement une infirmière doit passer me faire prendre les médicaments, mais elle n’est pas disponible et je sors quand même. Je prend mes médicaments : c’est le mois de Septembre je suis en vacances et je vais tous les jours au service d’ergothérapie, et une fois par semaine chez le psychiatre.
Ensuite à partir de la rentrée je vais une fois par semaine, une fois toutes les deux semaines et maintenant une fois par mois chez le psychiatre. On parle et il me fait mon ordonnance.
>.Quels professionnels as tu renconté dans le cadre de ta maladie?
>
Tout d’abord une psychologue qui ne m’a jamais parlé de maladie alors qu’elle devait ( ?)s’en rendre compte ( ?). Je lui fais confiance, ça n’est pas pour ma maladie que je consulte. Mais peut-être la psychothérapie a-t-elle joué un rôle dans l’émergence de la schizophrénie.
Ensuite une assistante sociale, au lycée s’est entretenu avec moi pendant 20 minutes. A l’époque je fumais (beaucoup) de cannabis et elle m’a demandé : « Moi je ne sais pas, alors dis-moi ce que cela te procure, te fait ? » Je ne savais pas quoi lui répondre. J’étais gêné et étonné qu’une adulte ne sache pas ce que c’était que la fumette.
Je continue dans l’ordre, avec mes patrons de la Poste. Tu as dis professionnels, ceux-là en sont : ils ont parlé avec moi un jour de crise ; j’avais jeté le courrier par-dessus le portail d’une maison. En rentrant chez moi je grognais après le chien du voisin. Je me sentais tout petit par rapport à lui, et il aboyait.
Le lendemain, je cassais la vitre d’une voiture et me blessait au poignet. Des riverains appelèrent les pompiers et ce sont eux qui m’emmenèrent à l’hôpital. Dans la rue il y avait foule, des policiers, mes patrons, un factrice qui m’avait vu la veille et ne comprenait rien à mon comportement, des badauds…
A l’hôpital je voyais des infirmières, des pompiers, finalement les infirmières psy, des aides-soignants qui me portèrent et me déshabillèrent, puis un gros trou blanc et enfin mon père et puis le psychiatre.
Après je racontais tout ça à la psychologue, que je vois toujours.
>.Pour toi, qu'est ce que la schizophrènie?
La schizophrénie est une altération des capacités intellectuelles. C’est une maladie qu’on peut soigner et qui pollue le cerveau (une substance chimique vient interférer dans les connexions neuronales). Le sujet peut subir des hallucinations, en fait on ne comprend plus très bien les perceptions, ni les pensées. On pense rentrer dans une autre dimension (décalage) différente de la réalité : c’est pourquoi parfois on peut se sentir surhumain ou sous-humain, comme une chose ou bien comme un dieu. Personnellement j’ai cru être quelqu’un de très fort, le centre du monde qui attirait les pensées des autres. Paradoxalement les autres semblaient comprendre mes pensées, donc je ne parlais que peu. Il n’y a que pendant les séances d’Atelier que cela ne se produisait pas.
Cette maladie peut conduire à la violence : suicide, atteinte à la pudeur, accidents, mais souvent aussi propos incohérents liés à des pensées irraisonnables sans fondement et facilement contrées par des personnes qui savent se protéger eux-mêmes (professionnels psychiatriques). Au plus fort de la crise, au mois d’août peu avant mon hospitalisation je ne voyais presque plus rien, n’entendais rien, ne retrouvait que difficilement mon corps physique et mes pensées étaient évaporées. C’est très angoissant quand on se demande qui on est vraiment…
Donc la schizophrénie est une maladie non génétique et pas héréditaire, qui touche 1% de la population dans toutes les classes sociales et dans tous les pays, soignée par divers neuroleptiques dont un récent est le Solian® et qui nécessite un suivi psychiatrique ou psychologique.
>Merci
>cordialement
>julie
>
>
Au revoir,
Rémi.
------------------------------------Message de Julie :
>bonjour rémi
>j'espere que tu vas bien
>voici d'autres questions/
>.Comment as tu assumé ta maladie à l'égard de ta famille
>et de tes proches?
>.QUELS SOnt les moments marquants de ta vie?
>.AS tu des activités, si oui lesquelles et si non pourquoi?
>
>.COMMEnt qualifierais tu tes relations avec l'exterieur?
>.Y a t il eu une évolution de ta situation depuis
>la découverte de ta maladie? Si, oui, de quelle façon
>s'est elle manifestée?
>
>CORDIALEMENT JULIE
>
--------------------------------------Réponse de Rémi :
>bonjour rémi
>j'espere que tu vas bien
>voici d'autres questions/
>.Comment as tu assumé ta maladie à l'égard de ta famille
>et de tes proches?
Mon père me trouvait bizarre ; il me l’a dit la veille de mon hospitalisation. Je ne lui ai jamais parlé de mes troubles mais lui me demande parfois si je prend mes médicaments. Il ne me pose pas de questions sur ma santé et je ne lui en parle pas. Pourtant il m’a vu à l’hôpital et était content que j’aille mieux. En fait pour lui c’est aussi un prétexte pour mon manque de réussite scolaire ; il me dit un jour « avant c’était la drogue, maintenant la maladie » quand je lui disait que je ne travaillais guère à l’école, l’année dernière.
Ma mère elle a parlé avec moi et vice-versa. Elle a un regard réaliste sur la maladie et m’aide pour l’achat des médicaments (remboursés mais il faut parfois avancer l’argent). Elle ne me prend pas pour un fou, bien au contraire. Elle m’a toujours dit de me prendre en charge, mais moins systématiquement que mon père puisqu’elle m’aide. Je n’ai pas besoin de me justifier auprès de ma famille : ce qui arrive est naturel, il n’y a pas de honte à avoir. Et puis elle m’explique que ma sœur, qui a six ans de moins que moi s’inquiète beaucoup pour moi, et pense que je suis malade et ai des propos incohérents. C’est vrai que quand je lui parle elle dit que je suis débile et que ce que je dis ne veut rien dire. En cela je crois qu’elle s’appuie sur ce que pense son père quand je délir(ais). C’est vrai que parfois j’ai tenu des raisonnements incohérents, que j’essayai d’exprimer à voix haute et que mon père a tout de suite réprimé, devant ma sœur, et ce faisant il me discréditait. Le droit à la dignité c’est aussi le respect !
Chez la psychologue je parle de ma famille et des liens qui m’y rattachent. Je m’intéresse à ma grand mère (maternelle) et mon grand père est mort quand j’avais six ans. Du coté de mon père on ne connaît pas la famille sauf sa mère qu’on ne voit plus et sa sœur qui ne lui parle pas.
Mon psychiatre me dit que la maladie n’est pas marquée sur mon front et que donc on peut s’étonner en découvrant que je prend des médicaments. De ce fait je n’en parle pas à n’importe qui. Mais en fait je n’ai pas à assumer la maladie étant donné que je l’ai déjà fait en me protégeant du mieux que j’ai pu lorsque j’étais malade, et pourtant je n’y comprenais rien. Le passé est du passé, je pense à mon présent et aussi à l’avenir, sans maladie, sans médecins, sans médicaments. Ce que j’ai à assumer en fait c’est la prise de médicaments et de quelconques idées sans importance qui parasitent ( ?) mes journées et mes nuits.
Mes proches sont compréhensifs. Quand je parle de proche c’est ma famille car j’y viendrai je n’ai pas d’amis en dehors de ceux que je vois à l’Atelier. Deux filles seulement, que je connais de l’Atelier sont venus me voir à l’hôpital (Je n’ai pas de petite copine pour venir me surveiller) mais elle m’ont ratée, j’étais en promenade.
>.QUELS SOnt les moments marquants de ta vie?
Ma naissance fut l’événement le plus marquant de ma vie. ? (je plaisante) Mon enfance est non pas lourde mais j’en ai dans l’ensemble de mauvais souvenirs. Des rencontres, beaucoup avec des adultes qui me captivaient et surtout des séparations. L’école va trop vite, d’une année à l’autre on ne voit plus les mêmes personnes. Une amoureuse en maternelle que j’aimais beaucoup, que je n’ai plus vu du jour au lendemain car on a déménagé (ou elle a déménagé je ne sais plus) et d’autres en primaire (des copains et des copines). Des moments marquants j’en ai tous les jours qui me marquent, je ne sais où donner de la tête. Pourtant il ne se passe pas grand-chose dans ma vie ! Mais je dois être sensible et être attentif à mon environnement. L’obtention de mon bac. Ce fut un soulagement car je me voyais mal le rater après deux terminales interminables. Ma première cigarette (et ma dernière je m’en rappelle plus). Ma crise dans mon lit alors que je croyais fondre (en gros, ma maladie quoi, et ma fugue pendant ce mois de février qui fut le début des symptômes de ma maladie) : la découverte de cette maladie par la réflexion : j’ai demandé à mon psychiatre ce qu’était la schizophrénie, j’avais une illumination. Maintenant que j’y pense j’ai beaucoup de souvenirs et les uns valent autant que les autres, ils forment un tout. Ma Vie, formée de mille et uns éléments, des bribes de conversations, des images. Des sensations.
Un événement marquant fut l’amour presque incestueux pour ma petite sœur.
N’en parlons pas ici.
>.AS tu des activités, si oui lesquelles et si non pourquoi?
>
L’ai-je déjà dit ? Je pratique la peinture dans un Atelier (www.arnostern.com, pas celui-là mais il en existe partout en France) depuis l’âge de sept ans. C’est ma mère qui m’a inscrit.
J’ai fait du Judo, de la flûte, du théâtre, de la photographie et j’ai écrit des journaux avec ma cousine quand nous étions au collège. J’ai voyagé, fait du ski et de la voile, du tennis, de la plongée, voilà en gros les principales activités que j’ai effectué. Parfois une seule fois. L’activité régulière se résume donc à la Peinture. C’est ce que j’aime plus que tout au monde.
>.COMMEnt qualifierais tu tes relations avec l'exterieur?
Difficiles et ouvertes. Il y a un paradoxe : je me considère comme ouvert au monde, et en même temps je n’aborde pas les gens facilement : je trouve les rapports humains extrêmement difficiles. C’est un peu mon pari, d’être quelqu’un de sociable ce qui me paraît mon opposé. En fait je ne m’exprime que peu, je ne trouve jamais de sujet de conversation, je suis un peu « décalé » et solitaire. Mais j’aime écrire et en fait parler de moi. Je ne suis pas très psychologue, donc attentif et réfléchi. J’ai tendance à parler de moi et pas d’autre chose. Elles sont épisodiques ces relations : je ne vais jamais en société, ni dans les concerts, je préfère la relation à deux. La vie en couple je ne connais pas, mais je l’imagine me convenir comme un gant. Je veux travailler, avoir une femme idéale et des enfants intelligents, et laisser mon temps libre aux loisirs et à l’introspection. Je veux aussi aider les autres, par l’écriture et l’activité créatrice.
>.Y a t il eu une évolution de ta situation depuis
>la découverte de ta maladie? Si, oui, de quelle façon
>s'est elle manifestée?
>Je suis un peu long, aussi, je vais être concis :
Il y a un avant et un après, avant j’étais sot, maintenant je suis savant. Je me connais mieux et je réalise que mes pensées étaient maladives pour certaines. Mon « décalage » trouve une explication, une réponse au « pourquoi » qu’on me pose souvent. Aussi je vis plus sainement étant donné que je me soigne, suis guéri et que je ne fume ni ne bois plus. Je travaille plus régulièrement maintenant, ai des relations stables avec mon entourage, j’ai envie de rencontrer des gens, de trouver un travail. De vivre ma vie, quoi, sans me poser trop de questions qui ne font que me retarder. Je vais mieux et cela ne fait que s’améliorer. C’est long mais je vais mieux.
Au niveau des études, la découverte de ma maladie coïncide environ à l’obtention de mon bac. C’est un tournant dans ma vie, cela fait deux événements marquants en un été.
Et puis c’est les rencontres avec le psychiatre qui font aussi évoluer les choses, en parallèle avec ceux chez la psychologue.
Bonsoir,
>CORDIALEMENT JULIE
>
Et je voudrais que ces entretiens écrits soient publiés sur le forum, qu’en penses-tu ?
Cordialement, Rémi.