Modifié le 21-10-03 à 18:24 (GMT)Bonjour, je m'appelle Olivier. Mon fils adolescent est hospitalisé depuis deux semaines en service fermé suite à une bouffée délirante. Son délire avait commencé quelques jours avant, mais de façon "intermittente". Cela m'avait alerté, j'avais pris contact avec un psychiatre de ville pour un rendez-vous puis tout s'est accéléré et aggravé, nécessitant l'hospitalisation.
Cela fait donc environ trois semaines que les bouffées ont commencé. En remontant plus avant ces derniers mois, un net repli sur lui-même, une situation d'échec scolaire patent, une agressivité dans les mots et les attitudes et une consommation effrénée de cannabis me laissent à penser qu'il manifestait des signes qui annonçaient son état présent, mais que je mettais sur le compte d'une adolescence difficile à vivre. C'était d'ailleurs peut-être le cas, mais comment savoir ? Comment faire la part des choses, ne pas lire son histoire récente à la lumière de ce qui lui est arrivé ?
Aujourd'hui, si les hallucinations dont il a été victime ont cessé, il reste peu cohérent dans le discours, développe des pensées de persécution, dit avoir "l'ouïe beaucoup plus fine" depuis son hospitalisation, affirme par exemple entendre les autres patients du service l'insulter, dit "avoir tout compris" sans qu'on sache vraiment quoi.
Je n'irai pas plus loin dans la description d'autres difficultés d'interprétation qu'il rencontre, mais bref, l'épisode psychotique qui l'a amené à l'hospitalisation se prolonge. Un traitement associant Risperdal, Tercian et Temesta lui est prodigué depuis vendredi, nous en attendons pour l'instant vainement les effets.
En tant que papa (mon fils a toujours vécu avec moi depuis que sa maman et moi nous sommes séparés il y a bien longtemps), je m'interroge sur l'attitude à adopter lors de mes visites quotidiennes à l'hôpital.
J'ai eu au début tellement "hâte" de le voir sortir de cet état que j'ai voulu lui prouver par A+B qu'il délirait, que son interprétation de la réalité n'est pas la bonne...puis j'ai dû me rendre compte qu'il n'était pas en état de le comprendre, que mon discours le ferait plus souffrir qu'autre chose tant qu'il souffrirait de ces symptômes. Je me dis aujourd'hui qu'il faut juste que je sois là, qu'il ne faut surtout pas que je me prenne pour le psychiatre, que je n'essaie pas de le ramener "de force" vers cette réalité dont il semble absent aujourd'hui.
Je ne sais, et nul ne sait s'il sera diagnostiqué schizophrène, j'ai bien compris qu'il était trop tôt pour émettre un tel diagnostic. J'ai tout de même déjà compris qu'il nous faudrait tous, famille, amis, faire preuve de patience face au temps qui passe, aux jours qui pour l'instant n'apportent aucune nouvelle d'amélioration de son état.
A votre avis à toutes et tous, quelle est la meilleure aide qu'un parent puisse apporter à son enfant quand celui-ci est dans une phase telle que celle que j'ai décrite ?
Merci d'avance, et chapeau car je suis très impressionné par la qualité et la profondeur des échanges sur ce forum, d'une grande utilité pour tous ceux comme moi qui sont désespérément à la recherche d'informations et de mots compréhensibles sur la schyzophrénie. Amitiés et courage. Olivier