Salut McJe crois que si tu veux que ta soeur 's'en sorte',il faut qu'elle commence par accepter sa maladie. Si elle refuse de reconaître qu'elle est malade, tu ne peux pas grand chose pour elle. C'est malheureux mais c'est comme ça, et puis il ne faut pas te culpabiliser non plus, ce n'est pas ta faute si elle est malade. Il faut que tu lui parles de sa maladie, qu'elle soulage au moins ses angoisses avec un traitement.
Nous sommes 5 enfants(4 filles, 1 garçon) dans ma famille et ma soeur ainée(44ans)est schizophrène. Elle touche une pension cotorep à 80%. Elle est aujourd'hui stabilisée, on lui fait une piqure de neuroleptique tous les mois, elle fait du bénévolat à UNICEF, des activités comme la marche,la couture,le théâtre. Je ne pense pas qu'elle puisse travailler un jour, mais elle vit seule, pas loin de chez mes parents et elle a une vie sociale relativement satisfaisante. Elle va voir son psy une fois par mois je crois.
Ma soeur est une personne timide à l'origine, elle a connu une succéssion d'évènements traumatisants durant son enfance et son adolescence (beaucoup de morts prématurées dans ma famille, cancer d'une de mes soeurs à 13 ans). Ma soeur a donc fait une dépression nerveuse grave à 15ans (j'en avais 5 alors) et n'a pas été suivi. A l'époque, c'était encore plus tabou qu'aujourd'hui. On m'a raconté qu'elle avait dû réapprendre à marcher et à reconnaître ses propres parents. Donc pas de suivi aprés sa dépression, elle a poursuivi une scolarité normale et à commencé une première année de Fac, la matière ne lui plaisait pas et l'année suivante elle s'est inscrite en psychologie. Elle a eu sa licence de psycho.
A partir de là et même avant sûrement, elle a commencé ses délires, les gens qu'elles cotoyaient ne lui ont fait que du mal, car elle été déjà vulnérable. Bref, à 25 ans, elle est revenue chez mes parents, s'est terrée dans sa chambre, refusait de voir toutes personnes extérieures à la maison(à l'époque il restait ma soeur de 2 ans plus âgée que moi et moi, nous avions 17 et 15 ans). Ses crises ont commencées, elle se tapait la tête contre les murs, hurlait enfin des crises de schyzophrénie comme ont dit. Mes parents étaient impuissant, et la situation a durée 5 ans!!! Dans ce temps là, elle a entrepris de passer le concours des PTT et sa chambre était tapissée de codes postaux...ensuite elle a tricoté une centaine de pull puis recopié des dizaine de livres de cuisine. La fréquence de ses crises était une par mois. Quand mon autre soeur est partie faire ses études, je me suis retrouvée toute seule avec mes parents et ma grande soeur qui souffrait de plus en plus. J'ai cru que j'allais péter les plombs mais finalement j'ai convaincu mes parents de la faire hospitaliser. Ce jour était terrible mais à sa sortie ma soeur nous a demandé pourquoi nous ne l'avions pas fait plus tôt!
Elle a pris son traitement mais comme elle n'avait plus ses règles,elle l'a arrété, 5 ans après, et est retombée dans un grave délire. Rehospitalisation et maintenant elle a une piqure tous les mois, elle a ses règles aussi et elle est autonome et stabilisée. Elle reconnait sa maladie et en parle, parfois elle en abuse aussi..mais bon c'est une autre histoire.
Il m'a fallu beaucoup de temps pour pouvoir parler de ma grande soeur sans avoir les larmes aux yeux et pleurer. Je culpabilisais énormément les psy m'ont toujours dit que je ne pouvais rien y faire. J'ai eu du mal aussi à accepter que ma soeur soit malade...et mes parents encore plus!
Aujourd'hui je guête la tête des gens quand je dis que ma soeur est schizophrène. C'est un mot qui fait peur et pourtant, je leur dis qu'on vit très bien avec sa schizophrénie et quand on rencontre ma soeur, c'est pas écrit sur son visage...
Bref, je vais arréter mon récit car je pourrais en écrire un roman (si seulement j'avais quelques talents pour l'écriture, je crois que j'aurais écris un long témoignage de plusieurs pages!! Son histoire est terrible
mais enfin aujourd'hui, grâce à la médication, elle souffre moins et peut essayer d'être heureuse comme tout le monde.
Donc pour finir et en revenir à ton histoire, il faut que ta soeur prenne conscience qu'elle ne va pas bien et qu'il lui faut de l'aide.
bon courage