faustine (0 messages)
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13-04-03, 16:33 (GMT)
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"besoin de partager" |
Bonjour à tous, J'ai 17 ans et mon frère en a 20. Il a été diagnostiqué schizophrène il y a quelques jours. Je le savais profondément, enfin je m'en doutais vraiment, dans ma tête c'est ce nom que je mettais sur sa maladie, mais vous pouvez comprendre qu'en avoir à présent la certitude médicale me bouleverse malgré tout. Lui ne sait pas encore qu'il a cette maladie. En réalité il ne veut pas croire que sa maladie est psychique, selon lui elle est physique, il aurait "un étau dans le front qui travaille". Ca le fait beaucoup souffrir. Son histoire est longue, enfin pas tant que ça peut-être mais je le ressens ainsi. Mon frère était pour moi l'être le plus important, celui que j'aimais le plus au monde, j'éprouvais une sorte d'amour dépendant pour lui, une dépendance intellectuelle aussi. Il était beau, brillant, drôle. Tout le monde l'aimait ou l'enviait, et l'avoir pour frère était une grande fierté, et le sentir m'aimer fort un grand appui, je n'avais peur de rien avec lui. Et il y a deux ans de cela je crois, la rencontre avec un professeur de lettres charismatique a bouleversé mon frère. Je ne dis pas que c'est cet homme qui l'a rendu malade, bien-sûr que non, mais la fascination qu'il avait pour lui a déclanché sa maladie. Il a commencé à délirer. Je me sens un peu coupable de ça, mais au début, lorsqu'il me racontait toutes ses idées délirantes, ses projets, je l'écoutais avec une grande admiration je le trouvais encore plus Grand et Beau qu'avant, il devenait une sorte de Génie, il écrivait et je trouvais que oui, vraiment il était l'incarnation vivante du jeune et et grand poète tourmenté. Alors je croyais à ses délires les plus fous, qu'il était la troisième branche de la trinité, qu'il succèderait à Jesus et Rimbaud, les deux prophètes. Tout ça, oui j'y croyais,je me disais seulement que pauvre âme du commun des mortels que je suis, si je trouvais cela insensé c'est que je n'étais pas en mesure de comprendre. Et puis son état s'est de plus en plus aggravé, je vous passe tous les syptômes de la maladie, finalement ce sont toujours un peu les mêmes. J'ai commencé à hair mon frère. Je voyais bien qu'il était fou (j'emploie sciemment le mot "fou", et c'est bien-entendu sans caractère péjoratif, c'est le mot que j'employais à l'époque quand je n'étais pas informée et surtout sous le choc de la situation), mais je ne pouvais pas me défaire de l'idée que tout ça était voulu, qu'il le faisait exprès, comme Rimbaud avait DECIDER de s'encrapuler l'âme en profondeur vous voyez. Il y avait aussi le fait que j'étais seule à constater ses folies, parce qu'il pouvait se contrôler face aux parents. J'étais seule conviée au spectacle de sa maladie, et je ne le supportais pas. Disons pour dire vrai, que ça me plaisait dans le sens où j'avais encore ce lien suprême de complicité avec lui grâce à cela, j'étais "l'être élu" un peu, mais je le détestais de changer, de ne plus être reconnaissable. Je ne détestais pas mon frère, je détestais celui qui, je croyais, avait pris sa place en lui. Aujourd'hui, mes parents sont là , je ne porte plus seule cette douleur. je m'en défais un peu. Enfin de la douleur non, parce que j'ai toujours le sentiment d'avoir perdu mon frère, je suis dans une sorte d'état de deuil qui ne peut pas se faire, et surtout qui ne doit pas se faire parce que mon frère est là, différent mais là. Il n'est plus un appui comme je le disais tout à l'heure, celui qui me guidait. je suis toute seule et j'ai peur. Mais passons. Mon frère est à l'hôpital depuis une semaine, sous l'ordre du psychiatre qui craignait pour sa vie car il était de plus en plus triste, méchamment triste. Et il vit très mal cette hospitalisation, il ne comprend pas ce qu'il fait là. Il ne se sent pas psychiquement malade comme je vous le disais. Et c'est vrai que s'il n'avait pas cette obsession de l'étau dans le front, il serait presque quelqu'un comme tout le monde. Comme tout le monde, mais pas comme avant. Je voudrais poser cete question oui: est-ce que c'est "normal" que je ne reconnaisse absolument pas mon frère aujourd'hui, mon frère tel qu'il était avant la maladie j'entends, dans son regard, sa façon de marcher, de parler? Je me demande si c'est l'effet des médicaments ou autre chose. Voilà, j'en ai dit un peu. Je vous ai raconté ça pour partager seulement oui. Je lis vos sentiments, vos histoires sur ce forum, et j'ai eu besoin en retour de vous raconter ce que moi je vis. Donnant-donnant? Merci d'avoir pris le temps de me lire.
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