Chère Sophie,Concernant Dithyrambes et Stéphane, ce n'est pas le lieu pour de tels discussions, ils peuvent faire ça en privé. Laver son linge sale sur la place publique c'est moche, et surtout dans un forum comme celui-çi.
J'ai ajouté une pointe d'humour à mon message, par ce que les jeunes femmes (où anciennement des filles) que j'ai pu fréquenter sont souvent portées à se moquer de la relation qu'on les hommes avec leur mère - avec raison parfois, alors que l'inverse est beaucoup moins répandu (la relation fille-père est nettement moins conotée).
De même qu'on parle beaucoup d'Oedipe pour les conflits familiaux, mais assez peu d'Electre. Pendant longtemps la psychanlyse n'a fait des conflits féminins une simple dépendance ou transposition des conflits masculins, peut-être par ce que Freud était lui-même un patriarche abusif (même si son génie a pu secouer les lustres de la société ou poser des problèmes intéressants).
La relation au père est même - physiquement, biologiquement - symbolique. Le bébé est porté par la mère, mais l'action du père est unique (insémination), et rien ne vient la prouver de fait ensuite. La filiation avec la mère est direct et "prouvée" (grossesse, accouchement, allaitement), celle au père est comme tu le dis beaucoup plus symbolique. Le père devra toujours se prouver, quand la mère a sa chair pour le faire.
Il faut comprendre que certains père peuvent se sentir effrayé par cette distance, ce gouffre, qui sépare la maternité de la paternité, surtout qu'ils arrivent fréquemment que des femmes n'aient aucun" instinct maternel", et soient elles aussi effrayées par cette absence. Et l'une dès premières définitions archaïques de la schizophrénie, c'était une carence de soin maternelle adequat à l'enfant.
De même les pères peuvent aussi se sentir exclus par l'amour immodéré, irrationnel parfois, et même cannibale, que voue certaines mères fusionelles avec leurs enfants. Certains enfants ou adolescents prennent parfois plus mal les preuves d'amour que l'agressivité de leurs parents.
Mais dans tout ça je voulais juste dire que je crois surtout à liberté. Nous ne sommes pas dépendant de référents familiaux qui nous poursuivrait toutes notre vie. En revanche, et c'est là que je suis d'accord avec toi et comprend ce qui t'angoisse, nous avons nous autres êtres humains une drôle de faculté : la mémoire consciente. Les animaux ou la matière (vivante ou inanimée) ont aussi une mémoire, mais pas consciente comme la notre.
Et comme être schizophrène signifie aussi "vivre physiquement sa pensée" et qu'elle peut invoquer notre mémoire, c'est toujours plus douloureux que pour une personne non-schizophrène de se souvenir.
Je ne saurais pas bien te dire ce que tu dois intérioriser puisque les fonctions maternelles et paternelles, et les gens qui l'incarnent (tes parents) sont deux choses différentes. Mais arriver déjà à nommer et isoler ce qui nous fait souffrir, c'est le premier pas indispensable pour les supporter, voir les faire disparaitre.
tendrement,
Julien