Bonjour,C'est un texte un peu jargono-scientifico-philosophique qui explique que les schizophrènes n'ont pas le sentiment en temps de crise de concevoir.
Je crois que le mot important c'est "le sentiment" car en fait rien n'emp^che les schizophrène d'être conscient : la conscience est tout de même altérée, tronquée. Je n'ai pas très bien compris quand le narrateur explique que l'on a plus la volonté d'agir à cause de l'impression de ne plus faire partie du monde (en gros je crois que c'est ça qu'il dit, je traduit ) En fait je crois avoir compris. Croire que ce sont les objets qui agissent sur nous et non l'inverse. Pour ma part je n'ai jamais perdu complètement la notion de faire bouger mon corps : Je me suis toujours senti acteur de ma propre vie. PLus ou moins facilement. Il est intéresant de voir que l'on peut agir déjà sur sa personne et ensuite seulement sur le monde, l'environnement.
Je déballe tout : je viens de comprendre (gloups !) que je désire commander le monde, je me considère comme un homme surpuissant et invincible. Maintenant je relativise grâce à mon psychiatre qui m'accompagne. Je saisis l'importance de ma pensée, de mes gestes et de ma capacité à les diriger, à me dominer. Il est possible de se maîtriser et je croyais l'avoir compris plus jeune. C'est comme si je l'avais oublié. Petit à petit, je réapprend à vivre : c'est long mais possible.
Acteur, auteur, le théatre de la vie on le joue et en m^me temps on l'écrit. On réalise mais on n'est pas spectateur. Spectateur oui, mais pour agir ensuite, ou pour être en relation avec le spectacle. Les spectateurs font vivre le spectacle;, mais les acteurs sont au centre du spectacle. Qui fait quoi ? Moi je monte mon spectacle : j'ai une scène, de l'argent. Des spectateurs. D'autres acteurs qui miment, parlent, agissent et évoluent sur scène. Rien n'empêche le spectacle de se dérouler. Tout est calme, les lumières de la salle sont éteintes, les projecteurs braqués sur moi, dans mon costume et derrière mon maquillage. J'aime jouer, je vis sur scène.
Le malade imaginaire ! Faites place au travesti,
Ce rigolo de la pilule, qui bave des confetis.
Il est porté par les brancardiers, entouré de médecins.
Ceux-ci s'examinent et lissent leur barbe de la main.
Il parle. "Ô, monde de sorcières noires qui passent sans me voir,
Je suis ton hôte et je veux me dévêtir, faire corps
Avec toi, mais ma tête est pleine de réconforts
Qui me hissent sur un piédestal. Je passe donc sans y croire"
"Et ma jambe me fait mal, satanée bois d'ébène,
Je suis rongé par la gangrène,
Un pas de plus et je m'endort et je suis mort.
Ma jambe pousse du dehors."
"Mes yeux sont irrités. La suie les maltraite,
Si je le frotte mon nez va disparaître,
Mon ventre bondis dans l'escalier,
Et je crois que mes pieds sont trempés."
"Ah ! Qu'il est inhumain de se voir en piteux état ;
Les médecins me disent que tout va.
Mais je sais bien que le martyre c'est moi !
Où aller pour planter ma croix ?"
Un médecin intervient : "Vous vous dîtes souffrant,
Je veux bien le croire mais dites-moi,
Quand je vous examine, c'est marrant :
Rien de physique ne se voit."
Un autre, professeur de sociologie :
"Monsieur, votre cas m'intrigue.
Dans la vie c'est l'amour qui fatigue,
Or vous n'avez pas d'amis !"
Le dernier réfléchit beaucoup et clame :
"Je sais ! C'est un homme qui lui a menti !
Il a cru un charlatan trop savant,
Qui lui a fait boire un philtre dégoûtant !"
Alors tous les médecins se mettent à crier,
Chacun hurle sa propre vérité.
Personne ne se soucie du malade imaginaire,
Qui, abandonné de tous, tombe par terre.
Il se cogne, roule et renverse une chaise,
Finit sa course dans un panier de fraises.
Personne ne remarque sa disparition ;
Seul un enfant le voit et vient dans sa direction.
"Monsieur, dit-il, vous vous êtes fait mal ?"
Le malade en chemise est couvert de sang.
Il se relêve et dit de sa voix toute pâle :
"Je crois que je viens d'avoir un véritable accident."
Alors le petit va chercher sa mère,
Qui arrive de suite avec un pansement.
Voyant l'homme, les fraises, comprend lentement,
Voyant les médecins elle se dit "Que faire ?"
Moi j'ai tout vu, rien ne m'a échappé.
Je vous dit tout ça pour vous expliquer
Qu'un malheur n'arrive pas sans y penser :
En terrain propice, cet homme l'a cherché.
Qui sème le vent récolte la tempête;
Il a cru bien faire en étant honnête,
Son histoire banale est une comptine
Il s'en sortira pas sans aspirine.
Rémi.