Bonsoir Sophie,j'espère que ma réponse pourra t'aider, je te fais donc part de mes rapports à mon corps:
- mes premiers troubles à ce niveau consistaient à avoir peur qu'on me touche ou qu'on m'approche car je me sentais envahie dans mon espace intime, dans ma "bulle". Un jour, un homme s'est assis à côté de moi au cinéma et je me suis mise à pleurer car je ne supportais pas sa présence. J'ai toujours beaucoup de mal avec le contact physique, j'ai l'impression que les gens entrent à l'intérieur de moi. Me promener en ville est en général assez pénible car je me sens envahie par la foule. J'ai parfois l'impression de n'avoir aucune protection contre l'extérieur, il m'est arrivé de faire des crises de larmes seule dans mon lit car je n'avais plus de peau et me sentais encore envahie par les autres.
-je peux aussi avoir l'impression d'avoir des membres coupés, ou l'impression en regardant ma jambe par exemple qu'elle ne fait pas partie de mon corps.
-il arrive aussi que mon corps se "transforme": je sens certaines parties de mon corps gonfler, changer. Par exemple il m'est arrivé de sentir que j'avais quatre yeux, ou que mon crâne s'était ouvert et que mon cerveau sortait, etc...
-il m'est arrivé aussi de sortir de mon corps, de marcher à côté de moi-même, ou d'avoir l'impression que je m'élève dans les airs quand je suis couchée.
-je sens aussi mon corps se morceler, partir en petits morceaux, ou être toute cassée, en miettes à l'intérieur.
-dans les moments d'angoisse intense, mon corps me lâche: impression que je vais m'écrouler car mes jambes ne me portent plus, m'évanouir, mourir.
-enfin, je ne suis pas tendre avec mon corps puisque je m'automutile quand je vais mal, j'inscris ma souffrance psychique sur mon corps. Mais les blessures peuvent être elles aussi sources d'angoisses: j'ai peur que ma substance vitale s'écoule par cette brêche dans ma peau.
-et pour ne rien arranger à l'image corporelle, les neuroleptiques font grossir!
Concernant le sport, je ne peux pas répondre car je n'en fais pas. Mais je trouve ta question intéressante, la problématique du corps est importante dans la schizophrénie et on en parle peu en général.
Amicalement,
Laurence