Salut à vous,Les amants de la folie,
Perdus dans vos pensées,
Au fil du rasoir,
Vous vous y coupez.
Sans vous mentir,
Je vais expliquer
Ce pourquoi j'aspire
A ne pas tomber.
Ma naissance accidentelle,
Remplaça bien vite
L'acte mortel
D'un frère (de ma mère) en fuite.
Celui-ci, peiné,
Eu pour consolation
La fin triste fin
Des âmes damnées.
Moi je suis apparu
Dans ce cauchemar
Comme un espoir, on m'a vu
Renaître de mes cendres.
Je ne suis que moi : Rémi.
Un être à part, pas un autre.
Juste moi pas le frère de ma mère.
Rien ne remplacera son frère.
Alors on m'a élevé
Comme un chêtif enfant de la nuit.
Couvé, choyé,
J'ai grandit et fait ma vie.
Dès mes six ans une fille
Fut à mes côtés.
Une fille les yeux dorés
Céline, aux grandes pupilles.
Je l'ai souvent embêtée
Mais je l'adore, c'est sûr.
Ma soeur vaut toute ma vie,
Si je la perds je meurt.
J'ai choisi son nom !
Mais on me l'a raconté
Je ne m'en souviens point
J'étais trop occupé.
Maintenant j'ai vingt ans,
Ma soeur en a quatorze
Mes parents séparés,
Ma vie peut commencer.
Mais un beau jour voilà
Je me suis réveillé
Un peu embrumé
D'avoir fumé.
J'ai perdu la notion
De tous ce qui va, ne va pas.
Pour moi rien n'allait.
Doucement la folie me gagna.
Après une fugue
Après une période de laisser-aller
J'ai repris pied, travaillé au lycée.
J'ai tout gagné.
Malade je le fus, pendant deux longues années.
J'ai éclaté quand tous le monde avait le dos tourné.
Ma mère en vacance, mon père absent, tout seul.
Une voiture a éclatée sous mon poing.
J'ai levé le poing sur un monstre d'acier
Qui ne ma pas fait mal du tout,
Lui non, moi oui.
J'avais mal dans l'intérieur, vous voyez ?
Là, dans la tête.
Un peu comme quand on se prend une bonne raclée.
Mais mon père n'était pas là.
Alors qui me punissait ?
Rien. Personne. Rien que moi.
Je me suis dit : il faut être fort, et lutter.
Je luttait contre rien, le vide absolu.
Je ne comprenais rien et ne voyais rien.
D'ailleurs il n'y avait rien à voir et tout à comprendre.
Schizophrène : le mot est lâché.
Dans ce bureau d'hôpital je suis hébété.
Toute la vérité vient d'éclater.
Pas d'autre solution que les médicaments ;
Rien de plus simple à tous mes questionnements.
Une gélule avalée, et tout rentre dans l'ordre !
Ma chambre transformée en atelier de peintre,
Je dessine, j'écris, rien n'est comme avant.
Cet été, j'ai grandi dans mes pensées.
Alors que je n'étais pas très fort,
Me voici rempli d'efforts.
La lutte n'est plus la même,
La bataille est éternelle.
Mes actes sont tournés vers une vie meilleure,
Pas vers la survie.
Grâce à moi et mes psys,
Je revendique une meilleure éthique.
C'est pas drôle si la vie est noire.
Elle est bien mieux en rose bonbon.
Attention : pas prendre au pied de la lettre,
Ce qui est rose n'est pas forcément bon.
Ne prenez pas d'extas dans des fêtes,
Vous ne sortirez pas aussi rond.
La Terre est ronde, sachez-le?
Ma tête a une forme de bonhomme.
Mon cerveau est une machine,
Elle fonctionne au plaisir.
Plaisir d'offrir mes vers du nez,
Plaisir de peindre toute la journée,
Plaisir de voir mon coeur saigner,
Plaisir d'aller sur Internet.
Pas net, le mec ?
On ne regarde pas dans l'assiette des autres.
Rémi, aujourd'hui mercredi.