Bonjour Yan_Tan,
J'ai lu tes post et je vois que tu n'es resté qu'une semaine hospitalisé. La durée importe peu, le tout est de te sentir capable de sortir et d'affronter l'extérieur.
J'ai été hospitalisée trois fois, d'une durée de 4 à 5 mois à chaque fois.
J'étais dans des cliniques psy, deux différentes et en gros, je n'ai pas eu à me plaindre. Ils m'ont gavée de médicaments, car j'avais de grosses tendances sucidaires quand je suis rentrée. J'ai rencontré des gens merveilleux parmi les patients et je crois que c'est un lieu où on se livre facilement, mais en même temps, il faut être très prudent.
Mes psy passaient environ 20 minutes tous les matins et les infirmières étaient très à l'écoute (peut-être un peu trop portées sur la médication mais bon...)
Dans la clinique où je suis allée à Toulouse, il y avait différents services, dont un pour les cas "lourds". Je me suis lié (amicalement je précise) avec un ancien légionnaire qui était très "spécial", je ne sais pas trop ce qu'il avait, mais il faisait peur à tout le monde. Pourtant, malgré le fait qu'on ne pouvait pas trop communiquer (car la discussion avec lui était impossible), on se comprenait, on partageait nos cigarettes etc. J'étais devenue sa petite soeur. C'est des moments que je n'oublierai jamais.
Un jour il est venu me trouver dans ma chambre et il paraissait très mal. Je lui demandais alors ce qu'il se passait et j'ai compris qu'il avait volé des médicaments et absorbé une quantité monstrueuse de valium entre autres. Je me suis précipité le dire aux infirmières qui m'ont écarté et on fait venir une ambulance. Je ne l'ai plus jamais revu, je sais juste qu'il a été interné dans un hopital psy connu sur Toulouse.
Je ne sais pas pourquoi je raconte cette histoire, mais c'est une relation que je n'oublierai pas et qui me fait penser que les personnes ayant vécu des drames tels que ce légionnaire qui a vu la mort et l'horreur en face, sont détruits à vie, que les problèmes de vécu sont aussi important que les problèmes qui sont dus à des dérèglements de substance chimique.
Tout ça pour dire aussi, que mes hospitalisations m'ont fait beaucoup de bien et que je n'ai pas peur d'en subir encore s'il le faut.
J'espère que ce vécu d'hospitalisations rassurera ceux qui ne l'ont jamais été et ceux qui doivent l'être pour la première fois.
Merci de m'avoir lu,
A bientôt,
Elora