Bonsoir Nora,"combien de temps faudra-t-il pour que cette souffrance s'atténue?"
Je ne peux pas répondre à cette question car ça fera bientôt huit ans que je suis schizo, et cette souffrance est toujours là. Comme celui de votre fils, mon moral peut varier considérablement en très peu de temps et je me demande aussi souvent à quoi bon vivre, pourquoi supporter cette souffrance, pourquoi s'engager dans un combat perdu d'avance (car malgré tous les progrès qu'on peut faire, la maladie est toujours là), pourquoi supporter ça encore et encore?
Je pense que les schizos devront composer avec la souffrance toute leur vie, et je comprends votre déception face à ces baisses de moral venant après un mieux-être, mais j'ai bien peur que vous deviez y faire fasse encore de nombreuses fois, malheureusement.
Pour nous aussi c'est difficile de se dire qu'on va mieux, de croire qu'on en a peut-être enfin fini avec cette souffrance et puis de retomber dedans.
Quant à se remettre des crises, je ne sais pas non plus si on y arrive un jour. Ma dernière grosse crise date d'il y a quatre ans et c'est une blessure qui saigne toujours.
Mais ce n'est pas parce qu'on souffre qu'on ne peut rien construire. On peut arriver à vivre plus ou moins normalement, même si la souffrance est toujours là. Et c'est vrai que c'est épuisant d'être constamment entre espoir, mieux-être et la souffrance qui nous tombe dessus brutalement, pour un petit rien parfois, il faut toujours veiller à ne pas craquer complètement, essayer de gérer tout ça en plus des difficultés normales de la vie. C'est difficile, donc il est normal que parfois on n'en puisse plus, et que se demande quel est le sens de ce combat permanent et pourquoi on ne se suicide pas.
Mon message n'est pas très joyeux, mais j'avais envie de vous donner mon vécu, car la question que vous posez, je me la suis posée des centaines de fois, et maintenant j'ai cessé de croire que la souffrance s'arrêtera un jour, ça évite des déceptions trop cruelles.
Bon courage tout de même, à vous et à votre fils,
amitiés,
Laurence