Bonjour à tous.
J'ai reçu une question de Darkame qui me demande si l'arrêt de mes études de médecine est dû à ma schizophrénie. La compatibilité études-schizophrénie est un thème récurrent sur le forum et c'est pour cela que j'ai voulu faire une réponse non seulement privée à Darkame mais aussi publique à tous les "forumeurs". Voilà ma réponse: Salut Darkame,
C'est vrai j'ai été étudiant de médecine durant 3ans et 1/2 en Espagne, près de Barcelone. C'est en étudiant en 4° année une branche qui s'appelle psychologie médicale que j'ai eu une bouffée délirante, suivi d'un séjour en milieu hospitalier. Suite à cela, j'ai commencé à avoir des ennuis de concentration, d'attention. J'ai décidé de prendre une année sabbatique pour remettre de l'ordre dans ma tête. C'est ainsi que j'ai fait de la musique, de la lecture de nombreux traités de psychiatrie etc...
Je vais te donner un conseil après maintes reflexions: si tu n'es pas dans ta forme optimum, ta concentration optimum, il est inutile de t' inscrire à la fac de médecine. Attends plutôt le moment oû tu auras équilibré ton esprit. Les études de médecine sont très exigentes sur le plan mental; c'est une montagne qu'on ne peut franchir qu'avec l'esprit droit.
Durant cette année de reflexions, je me suis rendu compte aussi que la médecine répondait à très peu de questions.La plupart du temps elle ne soigne pas, elle traite les symptômes, chose qui reste superficielle. Si ton intention est de faire médecine pour pouvoir te soigner toi-même, tu risques de déchanter et regretter. La psychiatrie en est à ses balbutiements et ce n'est pas dans l'approche qu'elle a des maladies mentales que cela pourra progresser. Certes elle a progressé, mais son approche actuelle liée systématiquement aux médicaments semble décidément mener à un cul-de-sac. Je vais te dire une chose: le salut de la schizophrénie est dans les sciences de l'ingénieur en neurosciences; cette science va intégrer les progrès de la physique, de la biologie, de l'informatique, de l'électronique, de la biochimie, des mathématiques etc... pour avoir une approche scientifique de la maladie. Je te dis une chose; si tu veux apporter une brique à l'édifice de l'éradication de la schizophrénie, ce ne sera pas dans la médecine traditionnelle mais dans les sciences. Déjà maintenant il y'a des groupes de recherche aux USA, notamment au CALTECH au MIT, à New Jersey (où enseignait Einstein) ou à l'université de pennsylvanie et bien d'autres encore. Ce sont des labos de recherche qui réunissent des scientifiques de tous les horizons pour intégrer ENFIN les sciences à la psychiatrie.
Pour ma part, mon choix est fait: des études d'ingénieur en neurosciences en premier (je suis inscrit et l'on m'a convalidé plusieurs branches de médecine), ensuite je finis médecine, et enfin je monte un labo de recherche qui fusionne les deux. Voilà, c'est ma petite histoire.
En conclusion, c'est vrai que ma bouffée délirante a foutu un sacré choc à mon esprit, mais mon année sabbatique a remis de l'ordre dans ma tête. Maintenant j'ai enrichi mes objectifs, j'ai retrouvé ma motivation. Et lorsque j'ouvre un livre de sciences et étudie justement les outils qui me permettront de lutter contre ma maladie, c'est une double motivation.
Ta question était la suivante: est-ce que la schizophrénie t'a empêche de poursuivre tes études?
Oui et non; oui dans un premier temps, et non parce que j'ai décidé de lutter contre la maladie, et vais reprendre mes études. Je pense qu'il faut savoir jouer un peu avec ses défauts, et les utiliser en notre faveur. Il ne faut pas se complaire dans sa maladie, voilà ce que je pense... A bientôt. Frédéric