Bonsoir Wilhem,je n'ai rien fais de spécial, au début c'était plutôt le hasard qui me trimbalait d'un psy à l'autre: en résumé rapide:
-1er psy: à part me raconter sa vie et me juger, il n'a rien fait, j'arrivais à peine à aligner deux mots, c'était un effort immense pour moi d'être là. J'en suis sortie dégoûtée et je ne voulais plus jamais voir de psy.
-2ème: je le vois parce que si je ne le fais pas, mon meilleur ami refuse de me revoir. Tout était normal pour lui même avoir envie de se suicider.
Je ne le revois pas.
-3ème: je retombe malade pour la troisième fois, je ne peux tout simplement pas surmonter ça toute seule. On me conseille la psychologue de la fac, ça se passe très bien mais après trois séances je pars étudier en Espagne.
-4ème: après pas mal de démarches pénibles, je vois une psychiatre que j'adore, qui me facsine complètement mais qui est assez rejetante avec moi et ne me crois pas quand j'énonce des symptômes psychotiques, pour elle je suis dépressive et c'est tout.
-5ème: à force d'être mal soignée, je pète un cable devant les bureaux des psy, on me conduit aux urgences et on me change de psy. Il m'est indifférent.
Les 6ème et 7ème, je les vois à l'hôpital en Espagne et aux urgences en Belgique. La psy des urgences est très gentille mais j'ai déjà RV chez un autre psy et comme les démarches me sont pénibles, je ne change rien. Ce 8ème psy m'est indifférent mais je suis surtout suivie par le 9ème (psychologue) que j'ai vu une autre fois encore aux urgences et qui m'a proposé des RV.
-10ème: je voulais trouver un psy dans la ville où j'étudiais mais ça s'est très mal passé, je ne disais pas un mot et ça ne s'arrangeait pas au fil des séances. Je retourne chez le 9ème même si ça ne se passait pas très bien mais j'ai peur de changer et de tomber sur pire.
J'y reste deux ans et demi, ça a été totalement infructueux et les séances me faisaient du mal. Quand je trouve un travail, il ne peut plus me recevoir, je reste quasi sans soin pendant six mois jusqu'au moment où je décide de trouver une autre psy. J'ai trouvé ma psy actuelle avec qui ça se passe vraiment bien, elle a les qualités que je recherche chez un psy: compréhensive, douce, franche, elle me répond, il y a un vrai échange (je ne suis plus obligée de faire des monologues!). Et de toute façon, j'avais décidé qui si ça n'allait pas, je changeais directement, je ne m'engluais plus dans un truc qui ne m'apportait rien.
J'ai oublié trois psy dans l'histoire, mais en retraçant mon parcours, je voulais surtout te montrer que je n'ai pas fait grand-chose, je me suis plutôt laissée porter par les évènements et c'est un tort car je n'ai une relation satisfaisante avec une psy qu'après quasi sept ans de maladie.
Je sais à quel point les démarches, le changement, l'inconnu peuvent être angoissants quand on est schizo, mais je t'encourage à les faire, et surtout d'abord à te poser les questions essentielles: est-ce que tu crois que ta réaction face aux psy est due à tes troubles, que ce sera comme ça avec n'importe quel médecin ou crois-tu que ceux que tu as vu t'intimidaient parce qu'ils leur manquait telle ou telle attitude pour te mettre en confiance et qui si tu rencontrais quelqu'un de différent, tu arriverais à t'exprimer?
Je sais qu'il n'est pas facile de le savoir. Avec ma 3ème psy, ça passait bien, donc je savais que je pouvais arriver à me confier quand je me sentais à l'aise, mais le 9ème était arrivé à me convaincre que c'était normal que je n'arrive pas à m'exprimer avec lui. Aujourd'hui je sais que c'est parce que la thérapie d'inspiration analytique ne me convenait pas du tout, et que maintenant j'avance, je comprends des choses, j'arrive à parler sans gêne et je me sens soutenue.
Qu'attends-tu d'un psy, quelles attitudes, quel type de thérapie? Ta psy actuelle y correspond-t-elle? Je crois que ce sont vraiment des questions importantes, à traiter avec ta psy aussi. J'ai perdu beaucoup de temps à force de ne pas prendre les choses en main. Si tu peux améliorer ton suivi et en être actrice, je t'invite à le faire, à t'interroger, à faire bouger les choses car quand on a une bonne relation avec un psy, c'est vraiment un soulagement.
J'espère que tu y arriveras,
amitiés,
Laurence