Bonsoir Ilo,votre fille est peut-être un peu shottée aux médicaments pour l'instant, ça arrive quand on est hospitalisé. Mais quand elle ira mieux, on lui diminuera certainement les doses, le but des psy étant de trouver la dose minimale efficace pour que le patient puisse vivre normalement sans trop d'effets secondaires.
Si elle est schizophrène, elle ne pourra pas vivre sans médicaments ou alors son état empirera.
Je n'ai pas été soignée les trois premières années de mes troubles, et si j'avais des périodes de rémissions, mes crises étaient de plus en plus graves au fil du temps. Je ne sais pas quel âge à votre fille ni si elle se sentait mal depuis longtemps, mais sachez que plus le patient est soigné tôt plus les chances de s'en sortir (être stabilisé) sont grandes.
Je crois qu'on ne redevient jamais comme avant, la schizophrénie est une expérience trop extrême pour qu'on s'en sorte comme si rien ne s'était passé. Même si on est stabilisé, on a vécu cette espérience et ça laisse des traces.
Vous pouvez lire de nombreux témoignages sur les médicaments sur ce forum. Je comprends que ça fasse peur quand on ne les connaît pas, mais je crois qu'il vous faudra apprendre à accepter que votre fille soit sous traitement. Beaucoup de clichés cicrculent sur les psychotropes: pillules du bonheur, qui font être quelqu'un d'autre, drogue légale, ils ramolissent le cerveau,... Si c'est vrai qu'il y a un abus de ces médicaments dans notre société, il y a aussi des gens pour qui ils sont indispensables et les schizophrènes en font partie: les psychotropes permettent à la personne malade de redevenir elle-même, ça ne change pas sa personnalité, on n'est pas non plus sur son nuage, on retrouve simplement un état d'esprit normal. Et lisez les témoignages sur le forum, vous verrez que nous savons encore utiliser notre cerveau.
Concernant les schizophrènes qui travaillent, il me semble avoir lu que 15% travaillaient en milieu normal et encore un autre pourcentage (je ne me souviens plus du chiffre exact) avait un empoi protégé ou travaillaient en atelier protégé. Tout n'est pas perdu pour votre fille, et comme je vous l'ai dit mieux elle sera soignée maintenant, plus elle aura de chances de reprendre une vie normale.
Cordialement,
Laurence