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"petite question d'une nouvelle"

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Forum : Schizophrénie (Protected)
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rose_noire (254 messages) Envoyer message email à: rose_noire Envoyer message privé à: rose_noire Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
22-09-03, 23:23  (GMT)
"petite question d'une nouvelle"
Bonjour à tous,

Je lis depuis un certain temps votre forum assidument, je le trouve d'une grande qualité et j'ai finalement réussi à oser poster un message !
Je vais vous résumer un peu mon parcours, j'ai 24 ans et j'ai découvert en mai dernier que j'étais schizophrène. Je souffrais d'un repli sur moi même et d'une perte d'élan vital assez importants depuis un an environ, ce qui m'avait conduit à aller voir une psy. A la suite d'un stress important j'ai décompensé et j'ai eu une brève hallucination auditive. C'est ce qui m'a fait prendre conscience que je souffrais d'une psychose. J'ai alors changé de psy (2 fois avant de tomber sur le bon) et je suis maintenant traitée par solian 100 mg. J'ai vu une nette amelioration. J'ai repris mes études il y a une semaine, je me sens motivée et je m'intègre facilement parmi les autres étudiants.
Une question me turlupine cependant. La psy que je voyais avant ma crise et celle chez qui elle m'a envoyée par la suite ont toutes les 2 bloquées sur le fait que je n'arrive pas à leur raconter mon monde interieur. En effet, depuis l'enfance je m'invente une vie parallèle fait de petits épisodes disparates, et comme j'ai toujours été très solitaire cela compte beaucoup pour moi, fifty fifty avec ma vraie vie qui est assez terne. Or je n'arrive pas a en parler, pour moi c le tabou suprême, meme si ce que j'imagine n'est pas particulièrement gênant en soi. Ma première psy faisait expres de laisser des gros blancs dans la conversation pour essayer de me pousser à parler, et tout ce que je pouvais faire c'est partir sur des fous rires nerveux.
A cause de ça j'ai du abandonner les séances avec ces 2 psys avant d'en trouver un (très compétent par ailleurs) qui comprend que je ne peux pas en parler et qui n'insiste pas. Il me dit tout de même que pour envisager une psychothérapie sérieusement, je vais devoir me jeter à l'eau.
Je voulais savoir si j'étais la seule à ressentir cette gêne, est-ce que vous arriver à en parler facilement, est-ce que vous le faites avec soulagement ou est-ce que vous devez vous forcer ?
J'attends vos témoignages.
Merci d'avance

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  Liste des réponses à ce message

  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
 Salut petite rose de couleur noire soleilnoir 23-09-03 1
   RE: Salut petite rose de couleur noire Laurence2 23-09-03 4
       Boujour Laurence soleilnoir 24-09-03 6
           RE: Boujour Laurence Laurence2 24-09-03 7
 RE: petite question d'une nouvelle rougeV 23-09-03 2
   RE: petite question d'une nouvelle rose_noire 23-09-03 3
       RE: petite question d'une nouvelle leovie 24-09-03 5
 RE: petite question d'une nouvelle silaty 25-09-03 8
   RE: petite question d'une nouvelle rose_noire 25-09-03 9

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Texte des réponses

soleilnoir (222 messages) Envoyer message email à: soleilnoir Envoyer message privé à: soleilnoir Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
23-09-03, 10:02  (GMT)
1. "Salut petite rose de couleur noire"
Personnellement je ne prépare jamais mes discussions avec ma psychiatre. Ca vient tout seul. Je parle aisément et longuement. Parce que quand on voit un docteur que toutes les 2 ou 3 semaines il s'en ai passé des choses.
L'enfance n'a normalement rien à voir avec la schizophrénie. Je campe sur mes positions...
Je découvre que lorsque l'on à une maladie on pense beaucoup au passé, on se dit: je pensais comment? etc... C'est du à la schizophrénie qui cherche à détruire même ton enfance "normale". C'est ce que je pense pour le moment. Par exemple: je faisait de la moyenne et longue randonnée, des kilomètres à la pelle. Hors la schizophrénie agit egalement sur les muscles. C'est pas un bon exemple.
En fait j'étais très sportif à l'époque, et ce n'est qu'après l'adolescence qu'il y a eu "dégradation" si on peu dire très lente puis fulgurante du corps et de l'esprit par la schizophrénie.
Moi je ne fais pas de psychothérapie. Je fais des activités pour améliorer mon petit cerveau!!!
Amicalement. David
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Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
23-09-03, 08:17  (GMT)
4. "RE: Salut petite rose de couleur noire"
Bonsoir David,

je ne suis pas sûre que l'enfance n'ait jamais rien à voir avec la schizophrènie. Les enfants aussi peuvent être psychotiques. Personnellement, j'ai eu mes hallucinations auditives et visuelles les plus fortes étant enfant.
Dans l'état actuel des connaissances en psychiatrie, je crois qu'on ne peut rien affirmer d'aussi catégorique concernant le passé des schizophrènes.

Amitiés,

Laurence

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soleilnoir (222 messages) Envoyer message email à: soleilnoir Envoyer message privé à: soleilnoir Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
24-09-03, 09:55  (GMT)
6. "Boujour Laurence"
Ce que tu écris est très triste. Je compatis pour toi, vraiment. Je ne cherchais pas à t'embeter... Mais moi je tiens énormement à mon passé. Par exemple il y a ma soeur qui me reproche un comportement bizarre à 18 ans. Hors à 18 ans j'étais tous le temps avec les Terminales ( redoublement ). Ma petite soeur à un caractère que je qualifirai de " n'écoute qu'elle même ". Elle est extremement vexante et prétentientieuse mais c'est ma soeur.
Pour en revenir à l'enfance, j'y mets l'adolescence un peu. Je suis bien content que tu ai ta maîtrise. Comme tu l'as écris toi même tu fais un boulot qui te plaît. Je suis désolé pour ton enfance... je ne sais plus quoi écrire car nous sommes différents dans notre vécu.
A bientôt. David
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Laurence2 (702 messages) Envoyer message email à: Laurence2 Envoyer message privé à: Laurence2 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
24-09-03, 21:49  (GMT)
7. "RE: Boujour Laurence"
Bonjour David,

ne soit pas désolé pour mon enfance, je ne le suis pas moi-même! J'ai eu des hallucinations mais je ne savais même pas ce que c'était, ça me faisait peur sur le coup (car je ne m'expliquais pas ces phénomènes, je ne savais pas si c'était des fantômes ou autres) mais pour le reste mon enfance s'est bien passée, rien de dramatique là-dedans!

Amitiés,

Laurence

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rougeV (6 messages) Envoyer message email à: rougeV Envoyer message privé à: rougeV Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
23-09-03, 10:02  (GMT)
2. "RE: petite question d'une nouvelle"
c'est un calvaire à chaque fois... devoir se livrer ainsi, se mettre à nu. j'ai enfin trouvé un psy qui arrive à me faire parler, les autres séances étant un long blanc continu... mais c'est pénible tout de même. très.
paradoxalement, ça me soulage d'avoir réussi à en parler, un poid en moins, mais surtout aussi, je me sens salie et violée et trahie par mes propres aveux; je vois en ça, et ce 2 x par semaine, un ultime acte de fellonie de ma part, et j'ai vraiment du mal à l'accepter.

bon courage rose_noir, c'est pas évident du tout...

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rose_noire (254 messages) Envoyer message email à: rose_noire Envoyer message privé à: rose_noire Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
23-09-03, 21:27  (GMT)
3. "RE: petite question d'une nouvelle"
Merci pour vos réponses !
@ David : Tu as de la chance de pouvoir parler, moi je parle avec mon psy, mais pour lui raconter ma vie, ce que je fais dans la réalité, pas mon imaginaire.
Personnellement, je ne dissocie pas mon enfance de mes troubles, mais je ne sais pas si j'étais deja malade ou pas. J'ai toujours été très solitaire et je me suis toujours inventé une vie imaginaire, ça ne faisait pas de moi quelqu'un de délirant ou ayant des hallucinations, mais c'est un profil sur lequel une schizophrénie peut se greffer assez facilement. Ca a été une sorte de prolongement je crois.

@ RougeV : merci pour ton empathie, ça me fait plaisir de voir que je ne suis pas la seule à avoir ce genre de difficultés. Tu as raison, c'est presque comme un viol de parler de certaines choses qui nous touchent de trop près. Je ressens la même chose que toi. En fait je crois que si j'avais une vie imaginaire construite autour d'un seul axe, ça serait plus facile d'en parler, mais comme j'invente des choses très disparates, j'ai l'impression de ne pas pouvoir le raconter après. Je ne sais pas si je préfère ma situation ou la tienne : moi mes rendez vous avec le psy se passent très bien parce qu'il ne me pousse jamais à parler de choses difficiles, je sors des consultations euphorique, mais toi au moins tu ne recules pas devant les obstacles pour te soigner. Tant que mon psy ne me pousse pas, je ne vais rien changer, ce que je fais avec lui est constructif de toute façon. Mes troubles ne sont pas encore très important, je crois qu'il me faudrait une vraie crise, une situation d'urgence pour parler. Je n'en suis pas là.

Merci de votre soutien en tout cas
amitiés

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leovie (8 messages) Envoyer message email à: leovie Envoyer message privé à: leovie Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
24-09-03, 08:17  (GMT)
5. "RE: petite question d'une nouvelle"

bonjour rose noir,
j'ai l'impression pour ma part que ma vie tourne autour d'un axe,
celui de ma souffrance!
mais je ne veux pas la voir. Pourtant, chaque fois, j'y suis ramené
dans un regard qui cherche en moi.
mais mon monde intérieur manque de lumière et si je cret différentes histoires, c'est peut-être pour éclairer doucement
cette souffrance et éviter de la voir trop directement.
je suis ravi ou euphorique quand je voudrai parler directement de moi comme si l'énergie contenue par ce noeud de douleur m'envahissait un peu, parfois, tels des bulles de champagne.
aussi pour éviter de renonçer, je pense à ma psy, non plus comme
une idole, celle qui vaut la peine, mais plutôt rester centrée sur ce qu'il y a de vraiment sensible en moi, en parler, à mon rythme( je ne la jugerai pas si je me sens agréssé) afin de m'emanciper, ne serait-ce que le temps d'un moment, à un certain enthousiasme.

bien à toi
léovie


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silaty (0 messages) Envoyer message email à: silaty Envoyer message privé à: silaty Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
25-09-03, 22:33  (GMT)
8. "RE: petite question d'une nouvelle"
bonjour rose.
tu n'es pas la seule . moi non plus , je n'arrive pas à parler de ma vie intérieure.
je ne sais pas si je suis vraiment atteinte de cette maladie.mais d ' après les témoignages que j'ai lus ;je suis malade.
mais j' ai qu'on me déclare malade.en plus ,à chaque fois que je me retrouve devant le docteur,je peur mes mots.je n'arrive pas à expliquer .
j'ai honte de parler de ma vie extérieure.
je n'ai peut etre pas repondis à ta question,je suis désolée.
c' est juste que ton ressemble au mien.
merci
silaty
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rose_noire (254 messages) Envoyer message email à: rose_noire Envoyer message privé à: rose_noire Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
25-09-03, 09:43  (GMT)
9. "RE: petite question d'une nouvelle"
Bonsoir Silaty,

Je comprends ce que tu ressens. Je pense qu'une partie de toi a envie de connaître le diagnostic, et une autre a encore très peur. Moi, j'avais des doutes assez diffus sur le fait que je puisse être malade, ma psy était très ambigüe et refusait catégoriquement de me donner un diagnostic, et à la suite de stress et de contrariétés, j'ai décompensé, j'ai eu une hallucination et du coup j'ai été certaine d'être psychotique. Ca a été un anéantissement, mais d'un autre côté un soulagement parce que plus je me suis documentée sur la question, plus j'ai pu mettre de mots sur mes comportements bizarres depuis des années. J'ai assez rapidement repris le dessus, j'ai demandée à être mise sous neuroleptique et ça a été un soulagement.
Il se peut que tu aies du mal à parler de tes troubles parce que tu as peur du diagnostic. Moi, j'ai avoué directement à mon psy que j'avais une vie intérieure, même si ce n'était pas facile, mais en ajoutant que je n'étais pas capable de lui en dire plus pour l'instant. Je crois que même quand on n'arrive pas à parler en détail de nos trouble, il est bon de les mentionner même brièvement, parce que cela donne des indications précieuses à notre psy.

Bon courage,

rose noire

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