Bonjour Isabelle,>Où vont-ils donc...
Turold aussi a disparu. Et beaucoup d'aures encore. Et cello, où qu'il est? Lorsque je suis arrivé sur ce forum, il y a 7 mois, j'ai commencé à arrêter l'alcool. J'ai tenu 2 ou 3 semaines, durant lesquelles j'intervenais assez souvent sur le forum. Puis, j'ai replongé plusieurs mois, je suis resté très présent mais j'ai cessé d'intervenir: je lisais tout mais je ne disais rien. Pourquoi? Je ne sais pas exactement, je me sentais sans doute moins légitime pour intervenir. Cela ne signifie pas nécessairement que le forum exclue les non-abstinents ou ceux qui ont rechuté mais cela pose quand même question. On se sent moins à sa place dans le forum quand on est encore dans l'alcool.
>Où en sont-ils... ceux qui ne s’en vont pas ? Poulou,
>Yanou, Jojo et d’autres, qui ont arrêté de boire depuis
>des années. Ce n’est pas une polémique, mais une vraie
>question : est-il impossible de tourner la page ? L’absence
>de l’alcool continue-t-elle d’occuper l’esprit autant que sa présence, au
>point qu’il est nécessaire d’en parler sans cesse des années
>après l’arrêt de la consommation ?
Excellente question. Difficile de donner une réponse à leur place. Certains ont déjà répondu. Juste un avis:
Le fait d'avoir arrêté a constitué pour eux une épreuve (ou une expérience) tout à fait centrale dans leur vie; parfois l'épreuve la plus importante de leur vie; c'est un point de rupture majeure dans leur vie; un moment où tout à changé (tout a commencé à changer); une rennaissance; c'est le moment de la constitution d'une nouvelle identité.
Cette nouvelle identité est fortement structurée autour de l'arrêt de l'alcool: l'arrêt de l'alcool est un élément central constitutif de leur nouvelle identité. L'arrêt de l'alcool est l'élément fondateur, la base de la renaissance, du nouveau "moi". L'arrêt est ce qui permet au nouveau "moi" d'exister. Le fait de signer les posts en indiquant à côté du pseudo "malade alcoolique abstinent" indique bien combien cela est constitutif de leur identité.
Et il faut absolument pour eux que cette nouvelle identité continue à exister. Or, cette identité ne peut pas exister sans référence à l'alcool: elle se définit et se construit en référence à l'alcool. Les lieux où l'on parle d'alcool et d'abstinence sont des lieux où cette identité peut continuer à exister, se maintenir, se consolider, se réfléchir, se dire, s'affirmer, et surtout se re-constituer sans cesse. Hors de ces lieux, après des années d'abstinence, il n'y a plus beaucoup d'endroits de ré-affirmation de cette identité. La famille et les proches connaissent l'histoire et on ne peut pas continuer à leur en parler pendant des années et des années. Et les médecins considèrent que le problème est réglé. Restent donc les forums et les groupes de parole, qui permettnet ainsi aux malades alcooliques abstinents d'exister en tant que malades alcooliques abstinents.
Juste un petite théorie un peu longue.
Niceday