Bonjour JesseLa honte m'a accompagnée depuis ma naissance, main dans la main avec la culpabilité, le jour où au lieu de me prendre dans ses bras lorsqu'on m'a présentée à elle, ma mère a détourné la tête parce que j'étais une fille et non un garçon comme elle l'aurait souhaité.
La honte et la culpabilité ont été mes compagnes, mes "amies" pendant des années et des années.
Ces deux harpies fonctionnaient à l'alcool; Qu'à celà ne tienne, je les ai alimentées à ce produit, et du coup, elles se portaient à merveille.
Je leur ai donné aussi un autre carburant qui leur plaisait beaucoup : La boulimie vomitive; En me goinfrant et en vomissant, le dégoût de moi même rajoutait à la bonne santé de mes deux compagnes de route.
Le jour où, à 36 ans, j'ai cessé de les alimenter avec leur produit favori l'alcool, elles ont commencé à battre de l'aile.
Au fur et à mesure des jours, j'ai partagé, parlé, écrit, écouté, lu, les témoignages de gens aux prises avec les mêmes sorcières, et petit à petit, la lumière s'est faite sur ma Vie; J'ai pris conscience de l'importance que tenaient la honte et la culpabilité en moi; Plus ma dignité grandissait avec mes jours d'abstinence d'alcool, plus leur force diminuait...
Vers l'âge de 44 ans, j'ai pu me libérer des derniers bastions qui les maintenaient en vie : Je n'ai plus éprouvé le besoin de me goinfrer.
Puis quelques temps aprés avoir nommé l'allien qui me donnait envie de vomir et qui s'appelait inceste, j'ai cessé de rejeter mes aliments.
Ma culpabilité a alors rendu l'âme, suivi de la honte quelques jours plus tard (c'est en écrivant un poème sur elle que je m'en suis définitivement libérée).
Je te souhaite une bonne route sur le chemin d'une Vie authentique et lucide, Jesse : Une Vie sans alcool ni drogue, un jour à la fois.
Poulou