hello svaincra
c'est vrai que t'es matinale dis donc...6h du mat'...
Ton mot me fait extremement plaisir....Surtout de voir qu'on a le même age !
Je pensais pas qu'il y avait des personnes de notre age à se poser ce genre de questions...
J'ai plein de trucs en tête à te dire, ca va sans doute sortir un peu dans le désordre...
Je ne sais pas si je vais arrêter complètement (je pense qu'il faut que j'essaye, je n'ai rien à perdre, tout à gagner).
D'ailleurs, le fait que j'hésite est révélateur de ma dépendance psychologique.
Coté physique, y'a pas de problème, je ne suis pas un gros consommateur.
Je pensais que la dépendance physique était le seul critère pour savoir si l'on est dépendant. Je réalise que non.
Depuis que je pense sérieusemenr à arrêter (c'est tout frais dans les faits, depuis vendredi soir, un peu plus dans ma tête), je repense à tout ce qui a attrait à l'alcool dans ma vie. Toutes ces réflexions que je me fais et que je refoulais. Je réalise que j'ai déja pensé beaucoup de fois au fait que l'alcool allait de pair avec toute sortie, mais je le refoulais.
On trouve plein de bonnes raisons pour le faire, les amis qui boivent autant que toi, l'ami qui boit encore plus que toi et qui du coup te donne bonne conscience...
Je crois que l'idée qui me marquait le plus, c'était que je n'envisagais pas une soirée sans alcool.
Comme je n'ai pas de gros revenus, je rentrais dans des organisations du type : comment boire mes trois, 4 coups de début de soirée sans que ca me coute trop cher.
C'est aller chez des amis avec une bouteille (à la longue, ces amis te font remarquer en rigolant que t'es un pochtron, ce qui te vexe, étrange....)
Ou bien c'est de commencer seul chez soi en se disant "c'est normal, on va faire la fête, si je bois seul, c'est parce que je suis célibataire, je ne serai pas seul, ce ne serait pas de la boisson solitaire, donc tout va bien...)
Je réalise (décidemment, qu'est ce que j'aime ce mot : REALISE) que ce doit être vraiment d'enfer de pouvoir sortir sans se poser la question de l'alcool.
Ca me fait penser à une chose. J'ai fait une fois une soirée techno sans prendrer d'xtc (en fait plusieurs mais la première était une surprise), et j'ai réalisé qu'à force de danser, j'étais rentré dans une espèce de transe. C'était juste les endorphines produites par mon cerveau à cause de l'effort qui me donnaient cet effet, comme quand tu fais un footing.
Et bien avec l'absence d'alcool, ca doit être pareil : le faire sans rien.
C'est comme mes poches. Dans la gauche, y'a le tel portable. Dans la droite, y'a le tabac à rouler, les feuilles et le briquet.
C'est devenu un rituel avant de sortir de chez moi que de vérifier que mes poches sont pleines. J'ai besoin que mes poches soient pleines.
Et bein j'aimerai bien n'avoir plus que mon portable...Ne pas être toujours obligé d'avoir du tabac pour être serein "facon de parler, petite, très petite sérennité en fait....)
J'ai envie d'essayer de continuer à me priver d'alcool, pour être LIBRE.
Plusieurs choses me font peur à ce sujet.
Vais je toujours avoir des trucs à dire à mes amis (qui d'ailleurs sont tous, hasard ou coïncidence) des bon buveurs (bon buveur, c'est une expression....)
Vais je toujours être sur la même longueur d'onde ?
Bref, c'est ce que tu racontais sur tes premières soirées sans alcool...
Je crains aussi de dire "j'arrête l'alcool ".
Je vois déja la question arriver "pourquoi ? ou bien : pour toujours ?".
Je crois que je dirais que je veux casser l'automatisme "sortie=alcool" et pour la durée, je dirais que je ne sais pas. Ca permettra de contenter tout le mmonde. Ceux qui boivent peu se diront "il n'a pas tort". Et ceux qui boivent beaucoup se diront "ah d'accord, ce n'est pas définitif, j'ai eu peur..."
J'ai le souvenir d'une soirée à laquelle j'étais allé en voiture, dans le but entre autre, je pense, d'avoir une raison supplémentaire pour ne pas boire.
Et bien je n'ai pas prononcé un mot de la soirée, j'étais trop inhibé pour cela. Une copine m'a même dit (elle avait du flair) : "Et bien, qu'est ce qui t'arrive ? On dirait que t'es en thérapie..."
C'est vrai, je suis en thérapie avec un psy...
Je sais que ce genre de remarque se reproduira surement, ca ne me réjouis pas des masses. Il faudra que je le dise clairement, ca évitera peut être qu'on me blesse sans le vouloir.
Quand je te disais que j'aimerai pouvoir sortir sans alcool, je pense surtout à une chose.
Je suis, à jeun, timide avec les peronnes que je ne connais pas. Je ne parle pas beaucoup au début, j'observe beaucoup...C'est comme si je me méfiais. Et puis quand je vois, par une réflexion de cette nouvelle personne qui se trouve en face de moi, qu'elle aussi peut des fois dire des choses banales, sans grand intérêt, alors je me relache, me détend et me dis que j'ai bien en face de moi un humain avec ses failles, ses faiblesses, ses défauts.
En fait, j'ai peur, quand je n'ai pas bu, d'exprimer mon désaccord.
Alors que quand j'ai bu, ca ne me pose pas de problème.
En plus, je vois bien que les gens semblent plus m'apprécier quand je suis désinhibé que inhibé. En gros, je gagne à ouvrir ma gueule...
Le problème , c'est de l'ouvrir.
Voila une question qui m'intéresse.
Tu dis que maintenant, ca fait 7 mois que tu as arrêté, et que tu commences juste à "être toi, à te senir bien".
Es tu maintenant sans alcool comme tu étais avant avec de l'alcool ?
As tu remarqué, toi ou bien tes proches, un changement dans ton comportement maintenant que ces 7 mois sont passés ? (Je ne parle pas des 7 premiers mois, c'est une période de transition...)
Je pourrai encore continuer un bout de temps...Je préfère en garder pour les prochains mots/ maux. Je sens que je vais peut être passer plus de temps sur ce forum qur prévu, ce qui est bon signe.
Bises à toi, content pour toi.
Vive la bretagne (Breizh cola...)
Plouf (je ne pensais même pas à boul et bil, c'est un surnom auquel j'ai pensé pour m'inscrire sur un site de surfeurs...)
A très bientot j'espère.