BonjourDepuis toute petite, j'ai entendu des cris et des disputes dans la maison de mes parents.
Je me souviens avoir été trés souvent tirée de mon sommeil, la nuit, par les hurlements de mon père et de ma mère qui se battaient comme chien et chat.
J'ai assisté à des actes de violence de la part de mon père alcoolisé sur mes grands parents, sur les animaux domestiques, sur ma mère, sur moi (je faisais la morte dans ces cas là pour me protéger je me souviens).
Je vivais dans la terreur face à mon père.
Mais il y avait une autre forme de terreur dont j'ai souffert, qui était beaucoup plus sournoise et autrement destructrice parce que je ne l'identifiais pas, celle là (avec l'alcoolisme de mon père je savais où j'en étais), c'était celle provoquée par la maladie de co-dépendance de ma mère :
J'assistais impuissante à l'état de passivité maladive de ma mère face à mon père, à ses jérémiades incessantes à son encontre sans jamais la voir agir ou changer quoi que ce soit dans notre vie,
Je l'écoutais pleurer dans mon giron sur ses souffrances provoquées par mon père,
Je la voyais me prendre comme alliée pour m'associer à sa peur lorsqu'il rentrait à la maison et semblait ivre,
Je l'entendais proférer des menaces de mettre fin à ses jours sans jamais parvenir à lui donner le goût de vivre malgré mes efforts incessants (bonnes notes à l'école, tenue impeccable, pas de bruit, pas de désordre....),
J'entendais constemment ma mère se plaindre sans jamais agir concrètement alors qu'elle en avait les moyens.
Et je ne comprenais rien.
Parce que n'importe qui un tant soit peu censé, lorsqu'une situation ne lui va pas, il ne reste pas dans cette situation...
Mais ma mère si.
J'avais la sensation de vivre dans un monde de fous dont les paroles ne correspondaient jamais aux actes.
Je n'avais rien à quoi me raccrocher de tangible pour sentir que quelque chose se tenait dans cette vie, dans ma vie d'enfant de ce type de parents...
La seule personne qui me semblait lucide parce qu'elle ne se saoulait pas était ma mère, et même ses agissements à elle ne se tenaient pas plus que ceux de mon père imbibé d'alcool...
Je me sentais comme une barque à la dérive qui tanguait tantôt sur une mer déchaînée, tantôt dans un magma qui se solidifiait affreusement sous ma barque l'empêchant d'avancer.
Une fois adolescente, j'ai imité mon père en plongeant dans l'alcoolisme et plus tard ma mère en plongeant dans un mariage qui ne me rendait pas heureuse, dans lequel je me disputais constemment moi aussi avec mon conjoint, et où comme elle, j'oubliais de protéger mes enfants.
Heureusement un jour, à 36 ans, j'en ai eu marre d'en avoir marre d'essayer de comprendre l'incompréhensible, j'ai touché mon fond dans la folie de ce monde qui ne m'allait vraiment pas et dans lequel j'ai choisi de ne pas rester.
J'ai arrêté d'imiter mon père en lachant l'alcool, et ma mère un peu plus tard en divorçant d'une relation irrespectueuse.
En devenant la personne la plus importante pour moi même, j'ai pu faire passer ma responsabilité de mère avant tout et m'occuper enfin de manière décente de mes enfants.
J'ai rencontré l'Homme de ma nouvelle Vie, un Homme qui me respecte, que je respecte, avec qui je n'ai pas besoin de me disputer pour me sentir Vivante et qui m'aide à élever mes enfants dans la descence d'un foyer stable.
Poulou
La maladie de l'alcoolisme est un mal familial, qui s'imbrique avec la maladie de la co-dépendance; Se soigner de l'une de ces maladies revient à commencer à scier la chaîne de reproduction de ces deux maladies.
Les groupes comme les Alcooliques Anonymes pour les malades alcooliques, et les Al-Anon pour les malades co-dépendants de l'alcoolisme, Vie Libre et autres, aident à celà.
Pour vos enfants, pour la Vie, pour vous, commencez à vous soigner...Limitez les dégâts...
Merci