Bonsoir,Tout d'abord, veuillez m'excuser pour ce (trop) long message. La plupart d'entres vous n'iront probablement pas jusqu'au bout...
Je suis tombé sur ce forum par pseudo-hasard. Pour être honnête, là, pendant que j'écris, j'en suis à une demie bouteille de vin. Ca fait un peu plus d'un an que ca dure. Bières, Martini (alcool de femmes dit-on), et vin. Là c'est juste une bouteille de vin en une soirée. C'est beaucoup, je trouve...
Bref, tout ca pour me dire que je me sens à la frontière de l'alcoolisme, mais peut-être que je manque d'objectivité, et que je SUIS alcoolique. J'ai 27 ans, une bonne situation, pas de problèmes d'argent. Je suis juste seul. Globalement seul. Disons plutôt que ce que je vois des autres ne me convient pas. Même ce forum : ces jérémiades en casquade, ces plaintes anonymes...
Quand je bois, j'ai le sentiment d'être sensible, alors que sans un gramme d'alcool dans le sang, j'ai au contraire le sentiment d'être totalement insensible. Récemment, mon père est mort, et agun, j'étais totalement incapable de le pleurer.
Le soir, quand je rentre chez moi, je suis tout seul dans un studio, et je sais que ca ne me convient pas. En même temps, j'ai l'impression que vivre avec quelqu'un ne me conviendrait pas non plus. Je crois que j'ai envie d'absolu, pas d'amour, mais d'Amour, pas de vie, mais de Vie. Et je crois que ce que peuvent m'apporter les autres ne sera jamais à la hauteur de mes espérances : trop de banalité, pas assez de véhémence commune, comme si la vie était trop plate par rapport à l'imagination. J'aimerais avoir l'ivresse des gens comme certains l'ont naïvement, mais...je ne suis pas naïf. Personne ne m'a jamais fait tourner la tête, et si j'étais vulgaire, j'ajouterais : "tourner la bite, oui, mais pas la tête".
Avec le temps et l'alcool, j'en suis arrivé à mes propres certitudes : les autres sont cons, sauf moi. Les autres sont aveugles, pas moi. Et même : les femmes sont inférieures. Et le pire, c'est que je suis capable d'argumenter, je me suis construit tout ca de façon raisonnée, parce que je suis comme ca.
Mais bien sûr, dans le fond, je ne demande qu'à être "impressionné" par quelqu'un.
Suis-je alcoolique ? Malade mentalement ?
Rien ne m'émeut, rien ne me fait tourner la tête, sauf quand j'ai bu et que j'ai la larme à l'oeil en regardant la moindre série américaine mélodramatique. Sauf quand j'ai bu, où là j'ai l'impression d'être un peu plus "normal", moins insensible, moins cynique, ironique, etc.
Vous me verriez, avec mon visage de type "gentil" (voire d'"ange" m'ont dit certain(e)s), vous ne m'imagineriez pas cynique...
Bref, j'ai beaucoup de mal à savoir ce qui se cache derrière moi même. Là j'ai bu, et je suis donc capable de sembler sensible. Agun, je n'aurais jamais fait ca. Alcoolique, je me montre doux, altruiste, avenant peut-être, avec une certaine envie de faire du "bien", de prendre soin, de jouer à l'homme qui serre les bras de sa femme en lui disant "t'inquietes pas, tout se passera bien", en me disant que ce n'est qu'une femme et que c'est mon rôle que de la protéger. Agun, je deviens mysogine, cynique, aigri, et je me dis qu'elles n'en valent pas la peine ces pouffes qui ne font que séduire qu'avec leurs seins et leurs fesses.
Bref, j'ai l'impression d'être beaucoup plus humain en ayant bu... Et c'est douloureux, parce que j'aimerais bien être dans ce même état d'esprit sans boire.
Mais non, je ne suis pas comme ca, agun.
Bon courage à tous, de la part d'un type qui boit dans la paix et l'amour, ce qui fermente sa douleur.
ps : "agun", ca s'écrit comme ca ?