Bonjour à tous (D’avance mille excuses pour le pavé.)
Ca ne fait pas longtemps que je survole ce site. Il y a beaucoup d’émotion parfois.
C’est curieux de voir à quel point les gens se rapprochent dans certaines circonstances : force est de constater que les accolades et les franches poignées de mains n’apparaissent que lorsqu’il y a des problèmes.
J’ai rarement posté chez vous mais je vous ai beaucoup lu. Je me suis beaucoup reconnu aussi dans certains de vos messages : parce-que dans le fond, l’alcool démonte toujours les gens de la même manière.
Je me présente donc : J’ai 26 ans. 10 ans d’alcoolisme derrière moi. Ma plus grande période d’abstinence s’élève à 10 jours, complets et révolus. C’était il y a 2 ans et demi. Je ne bois que le soir, principalement de la bière forte et du vin. (J’adore le vin). Mais j’adore les alcool forts aussi bien sûr. Bref, j’adore tous les alcools. Grosso-modo, je bois tous les jours. Sauf certaines fois ou j’ai cuité un peu violemment la veille, alors le lendemain est une journée sans alcool. Mais je remet ça le surlendemain bien sûr. Etc. Je passe de temps en temps 2-3 jours sans alcool, dés fois 4. Mais c’est de plus en plus rare. Bref, je passe mes journées à combattre. En tous cas, dans 95% des cas, lorsque je commence à boire, c’est une cuite au bout.Ca fait très longtemps que je me sais alcoolique, et un peu moins que je sais qu’en réalité, je suis incapable de m’arrêter. Mais je viens de découvrir tout récemment, une 3ème chose encore plus effroyable.
Prenons les choses dans l’ordre.
Il y a 1 an, j’ai décidé de me faire violence et de commencer une nouvelle vie. Le 28 décembre 2003, (suite à un incendie déclaré par mes soins dans mon appartement, à cause d’une clope mal éteinte ; ça faisait 25 heures que je n’avais pas dormi et je m’étais couché ivre mort) j’ai décrété que je me laissais un an pour reprendre ma vie en main. Depuis, j’ai déménagé, j’ai arrêté de fumer, je repris tous mes projets, je me suis remis à faire du sport (j’en fait beaucoup désormais). En 9 mois j’ai réellement progressé et je suis plutôt content, vu que j’étais bien bas quand même. Je suis bien dans mon boulot et je le maîtrise, malgré certains matins un peu vaseux. Ma dernière étape pour être au «Top» avant la fin de mon ultimatum est, bien-sûr, d’arrêter de boire de l’alcool. Et le problème est là ; Quand je démarre une nouvelle journée, depuis que j’ai décidé de changer, je m’efforce de bien travailler ; bien faire mes «devoirs» : être dispo un maximum au travail, faire correctement les choses, comme par exemple me faire une bonne bouffe, un bon repas, (je suis célibataire), des petites choses qui font que je me respecte un peu plus qu’avant. Bref. Et, une fois toutes ces petites choses misent à bouts, une fois terminée une journée correctement menée, une fois enfin que j’ai bien tout fait ce que je devais faire (la vaisselle, mes projets perso etc), je me retrouve seul avec moi même à écouter de la musique, ou faire autre chose, et je me sens précisément en harmonie avec moi-même, dans un univers qui est le miens, et ou tous va bien dans le meilleur des mondes. A cet instant précis j’ai besoin de boire. Et j’en arrive à cette chose «effroyable» dont je vous parlais plus haut : je n’ai en réalité AUCUNE ENVIE DE M’ABSTENIR de boire. Je suis quelqu’un qui vis seul et je n’ai plus que ça. J’aime boire. Voilà exactement où j’en suis avec l’alcool. Je suis coincé, acculé, je ne sais pas comment faire.
Je jette donc cette bouteille à la mer, (sans mauvais jeu de mot), pour vous demander conseil. En fait, j’aimerais vraiment arrêter mais… je ne sais pas, je n’en sais rien. Je souhaiterais quand même faire une vrai tentative.
Aussi, et pour finir, j’ai quelques questions :
-Quand je parviens à ne pas boire pendant 3-5 jours, je transpire beaucoup, suis très fatigué, j’ai tendance à déprimer, et ne parviens pas à dormir la nuit. Je n’ai pas de tremblote particulière par contre. Est ce que ces signes sont des réels signes de dépendances, ou est ce que c’est psychologique ?
-Comment savoir où je me situe physiquement par rapport à l’alcool ? (Suis-je loin de la dépendance physique ??)
-Quels «trucs» pourriez-vous me donner pour éviter de rechuter quand j’aurais décidé de m’arrêter ?
Voilà, rien de plus pour l’instant. Encore pardon pour le roman.
Dans tous les cas : Merci beaucoup pour votre présence à tous, et bonne chance à tous les autres.
BBen.