>Voici ma vie en boucle, solitude dont j'ai du mal à
>sortir... Bonjour Tyler,
Tu m'as tout l'air d'être prisonnier d'un système, c'est-à-dire d'un ensemble d'éléments qui tiennent les uns avec les autres. Du genre: la cloppe tient avec l'alcool, qui va avec la solitude, qui te conduit à internet qui, à son tour, ne peut faire que consolider la solitude, qui donne envie de boire un coup, là-dessus, on allume une cloppe, etc etc etc.
De temps en temps, tu sors du système pour t'observer toi-même dans ce système: c'est la description que tu écris dans ton post. Tu te regardes toi-même, et tu décris le système dans lequel tu es. Ces moments sont sans doute rares, pénibles et de courte durée. Tu te regardes mais tu ne vois pas comment en sortir. Tu te regardes et c'est sans doute très douloureux. Tu vas alors checker ton courrier électronique, boire une bière ou dowloader un film. De cette manière, tu ré-entres dans le système qui, d'une certaine manière, te permet de vivre. Il te protège. En même temps, il te nuit.
L'idée de "système" peut èventuellement être utile:
D'abord, le fait que tu décrives ce système, montre que tu es capable d'en sortir ne fut-ce que par la pensée, pendant quelques secondes. Les moments où tu en sors sont les seuls moments où tu peux éventuellement avoir une prise sur l'engrenage.
Ensuite, l'idée de système apporte une autre intuition. Nos actions ont des conséquences. Qui ont à leur tour des conséquences, qui elles-mêmes ont des conséquences, etc. On peut alors se dire qu'en changeant un ou deux éléments du système, cela peut, peu à peu, conduire à transformer l'ensemble du système. Il suffit parfois de changer quelques ingrédients: soit en en retirant l'un ou l'autre, soit en en ajoutant l'un ou l'autre. Pour cela, il faut une démarche volontariste qui doit venir de toi, mais qui n'est pas nécessairement insurmontable. Je te donne quelques idées à titre d'exemple: donner un coup de fil pour prendre rdv chez un médecin, acheter le vélo dont tu as toujours rêvé, dire bonjour à tes voisins et entamer une discussion avec eux, aller te promener 10 minutes chaque jour, trouver de l'aide chez un spécialiste (psy, alcoologue, médecin), aller dans un MAB,... A la limite, peu importe quoi pour autant que tu changes l'un ou l'autre élément du système dans lequel tu vis. Ces petits changements peuvent avoir des petites conséquences, etc. Il faut alors être attentif aux conséquences.
Voir les choses comme ça rend le problème moins insurmontable. Sans doute est-il important que certains de ces petits changements te permettent d'entrer en relation (non virtuelle) avec d'autres humains, ne fut-ce qu'en sortant de chez toi. La question est: quels sont les changements que tu te sens capable de faire? L'important n'est pas d'en définir beaucoup, ni d'en définir des "grands". L'important est de le(s) réaliser.
L'alcool est certainement un ingrédient particulièrement problématique parce qu'il se déploie facilement partout ailleurs.
Voila, je ne sais pas si cette manière de voir peut t'être utile. Elle l'a été pour moi.
Niceday