Bonjour Lady,"Alors pas!" J'ai sans doute mis pas mal d'années à assimiler cette petite phrase. Tu parles de l'enfant que nous étions, mais il y a également celui qui est encore en chaque adulte, à des degrés divers. Celui qui, comme le fils d'une amie, répète sans cesse: "Mais je veux vraiment!" Lorsque nous voulons absolument quelque chose de l'autre qu'il n'est tout simplement pas en mesure de nous donner, nous nous cognons la tête contre un mur jusqu'au jour où nous acceptons de nous asseoir, de réfléchir et de constater: "Alors pas!"
Si le partenaire que nous avons choisi et avec lequel nous avons décidé de rester, pour quelques raisons que ce soit, n'a pas la capacité de nous apporter ce sentiment de sécurité, de chaleur, de confiance ou de réconfort que nous attendions, c'est probablement que sur ce plan, notre représentation consciente et inconsciente du couple idéal n'est pas en adéquation avec la personne qui est en face de nous. Lorsque nous l'avons enfin compris, l'étape suivante consiste à l'admettre et, surtout, à "disculper" l'autre d'une certaine manière: il n'est pas plus "responsable" que nous de cette inadéquation. Un couple est formé de deux êtres humains libres et autonomes dont les attentes, souvent contradictoires, se rencontrent de manière plus ou moins fortuite à un moment particulier de leur existence.
Je pense que si certains ont la chance de trouver dans ce couple la réalisation de leurs rêves d'enfant, l'immense majorité compose avec une alternance souvent hétéroclite de moments de grand bonheur, de rancune, de reconnaissance, de rébellion et de mille autres sentiments qu'il faut apprivoiser successivement et dont il est également possible d'essayer de ne retenir que le meilleur. Il me semble même que l'on peut "grandir" dans un couple, peut-être encore davantage si celui-ci n'est décidément que peu conforme à notre idéal, notamment si nous parvenons à analyser l'origine de nos attentes inconscientes face au conjoint et les raisons qui font que celui-ci n'est pas en mesure d'y répondre. Subjective et immatérielle par définition, la solitude n'est pas un état de faits, mais un état d'esprit. Nous pouvons nous sentir seuls au milieu de tous nos amis, mais nous pouvons aussi considérer que la solitude fait partie de la condition humaine et, à ce titre, l'accepter.
Je ne sais pas si ces réflexions t'aideront. Amitiés,
Isabelle