Bonjour à tous.1 mois 1/2 est passé depuis mon arrivée sur Atoute.
Vis-à-vis de l’alcool, j’en suis toujours au même point. ( pardon : j’allais dire « évidemment » )
Je continue à prendre en moyenne 2 cuites par 4 jours : on ne change pas un cocktail qui gagne.
Psychologiquement par contre, j’ai beaucoup évolué. Et ce directement grâce au forum et à tout ce que j’ai pu y lire : de bon, de pas bon, de bizarre, de complètement inattendu, de poignant… …d’effroyable. Il faut dire que votre banque d’idées est un puits sans fond.
Merci à tous.
Aujourd’hui, et pour la première fois de ma vie, j’en suis arrivé à deux conclusions concernant mon état. Ces conclusions sont sans appel pour ma personne :
1 : Il faut que je cesse définitivement l’alcool.
2 : Je suis incapable d’y arriver seul.
L’idée d’aller voir (enfin) un alcoologue, fais sont chemin petit à petit ; (Dieu seul sait où les détours l’emmènerons), mais j’espère bien qu’un de ces jours, je vais prendre une décision qui me changera sans doute la vie.
Mais pour l’instant je ne suis pas prêt. J’évolue dans une sorte de «no man’s land» psychologique, ou ma tête est partagée entre deux désirs contradictoires : celui de trinquer chaleureusement entre amis par une belle soirée d’été (par exemple) et celui de me remettre un peu à me respecter, de recommencer un peu à vivre, et, à nouveau, monter de vrais projets de vie, de vrais morceaux d’avenirs, et pas de ces invariables révolutions d’ivrognes qui mènent nul part.
Fort de ces deux conclusions, je souhaiterais vous parler d’un problème de taille, une conjoncture particulière à laquelle il va falloir que je prête une grande attention dans le futur lorsque j’aurai décidé de tout arrêter : mon cercle familial.
Un mercredi, je me réveillais encore d’une de ces cuites abominables, et pour la 1000ème fois de ma vie, je me demandais comment est-ce qu’on pouvais se mettre dans des états pareils. J’ai encore décidé ce jour là de ne plus boire une goutte pendant tout-pleins-de-jours-de-suite, histoire de récupérer un peu tête et dignité.
Bien sûr, j’ai tenu le mercredi, le jeudi, puis, enfin, le vendredi, après être redescendu sur Lyon pour chercher ma grand mère, (je regagnais le foyer parental pour passer le week-end avec toute la famille) je me retrouvais une nouvelle fois confronté à mon problème, d’autant que ça faisait deux jours que je n’avais pas bu.
Et voilà que ma grand mère nous sort de son sac une grande bouteille de champagne (pour fêter le futur mariage du frérot); je chasse du regard et tombe directement en face de l’excellente bouteille que mon susdit frangin nous avait ramené pour la même occasion. Bref, mon père me sert un verre de blanc en attendant de goûter à tous ça.
Avant même que j’y trempe mes lèvres, l’échec était cuisant : j’ai pris une cuite ce jour là, le lendemain aussi.
Bref. Tout ça pour vous dire que le terrain est vraiment glissant part chez moi.
Ma famille en effet, (et pour vous parler un peu d’elle) est une famille qui est ouverte et qui possède de vraies qualités relationnelles ; mon père par exemple exerce un métier qui nécessite « un suivi » au niveau de ses relations, (autant amicales que professionnelles) et reste toujours le premier à payer l’apéro aux gens qui franchirons sa porte. Mes parents aiment recevoir. Il y a toujours du monde à dîner, toujours du monde pour boire un coup, et quand ce n’est pas le cas, et bien on boit l’apéro quand même parce que c’est sympa.
« L’apéro »
Rendez-vous incontournable ; drapeau relationnel absolu du foyer. L’aspect « clanique » qui en ressort, aussi bien dans le cercle familial qu’amical, semble véritablement indémontable.
De cause à effet, nous sommes tous intimement liés à l’alcool.
A la maison, c’est un peu le jeu du « camouflage » d’ailleurs : on sait tous qu’on bois trop, mais personne ne veux savoir. Parce que finalement, l’habitude n’est pas bien méchante, et que de toutes façons, la famille n’est pas en péril à cause de ça. (Du moins en façade)
Mais je reviendrais là-dessus un autre jour.
Pour en revenir à ce que je vous disais plus haut, avec du recul, c’est vrai, c’est difficile de refuser un bon Bourgogne sur du fromage.
Les habitudes alcooliques du Français de base sont tellement ancrées dans les mœurs !
Comment refuser le verre de champagne qui trinquera à l’avenir de son frère ?
Comment refuser cette bouteille millésimé qu’on sort à minuit un 24 décembre ?
Comment refuser une bonne bière entre potes, une sortie entre amis, une soirée autour d’un feu ?
Ce n’est pas « humain ». Et pourtant : la fée-conasse restera toujours présente, toujours à l’affût du moindre écart, de la plus petite tentation dont elle pourra s’emparer pour nous faire tomber.
Ce n’est pas du jeu : l’alcool est plus fort que moi, le combat est trop inégal !!
Je m’enflamme un peu, pardon, mais la vérité est en train de me péter à la gueule à l’instant même où je vous écris : il ne s’agit pas seulement d’arrêter de boire, mais bel et bien de faire prendre à sa vie un véritable angle droit. Tout recommencer à zéro. Trier ses amis, ses relations ; et même faire de la place parmi ses proches !
Il est 100 fois plus simple d’arrêter de fumer, 9 mois après, je m’en rends compte.
(Et pourtant, j’étais un gros fumeur.)
Bref, je vais arrêter là.
Il y a beaucoup d’idées dans ce que je vous ai écrit, j’ai peut-être tendance à me disperser un peu.
En tous cas, merci de m’avoir lu, ça fait du bien de parler un peu.
Voilà. Rien d’autre à dire pour l’instant.
Amitié à tous
Stratus