Modifié le 03-12-04 à 04:46 (GMT)Re bonjour
Vos réponses m’apportent beaucoup, merci à tous pour vos réflexions diverses et pleines d’idées ; je me reconnaît assez facilement dans certaines d’entre elles. Vos théories me donnent à réfléchir, et c’est vraiment bon pour ce que j’ai.
Hier, c’était bof ; aujourd’hui aussi d’ailleurs.
Dans l’interlignage de mon post, et même si je ne l’ai pas exprimé ainsi, je m’aperçois que ma «détresse» d’hier était plutôt d’ordre relationnelle : l’incapacité de m’exprimer, et, par recoupement, «l’associabilité» (Je ne suis pas sûr du mot) qu’à pu m’apporter l’alcool au fil des années. J’ai le sentiment d’avoir raté quelque chose dans ma vie.
Voici un exemple :
L’autre jour, dans mon hypermarché, nous avons fêté l’arrivée du Beaujolais nouveau.
Écueil bien sûr, de mon côté. L’ensemble de l’encadrement s’était fixé le RDV à 11h30, salle de pose.
Bien décider à ne pas me faire avoir, j’achète un sandwich, me retire dans mon bureau, et me plante devant l’ordi pour trier mes mails. Je prétexte ce jour là un boulot de dingue. C’était vrai d’ailleurs ; en plus, (même si c’est sympa) le pot n’est pas obligatoire.
Vers 11h45, l’un de mes collègue se pointe et me lance : tu viens pas boire un coup avec nous ? Je lui réponds, un peu gêné, que j’ai trop de boulot, peut-être un peu plus tard.
12H00 : Un autre collègue : t’as goûté le Beaujolais ? Cette fois ci, j’entends dans sa voie le ton suivant : tu viens le boire ce coup, oui ou merde ? (sans méchanceté, mais le «reproche» est là) Je lui bafouille la même réponse qu’au dessus.
12H30 : Mes mails triés, je me tire dans le magasin pour bosser sur un truc. Je tombe sur une troisième collègue qui me lance à nouveau sur le Beaujolais : Celui là est excellent, mais pas celui là. l’autre est vraiment fruité ! Pourquoi t’es pas venu ? Je lui jette mon excuse.
«Et ben t’as qu’à rester dans ton trou.»
La sentence me pulvérise. Ca lui à échappé. Ce n’était pas méchant de sa part, d’autant que j’ai d’excellents rapports avec elle. Elle mesure l’impact et, un peu génée, se replace verbalement par une pirouette assez fine. Nous nous séparons en toute cordialité.
Je me retrouve au milieu du magasin, mortifié. La vérité m’explose à la gueule : mon absence à été remarquée par tout le monde, on m’attendait au tournant ce jour là, et merde.
12H30 donc, rongé par la culpabilité, plus qu’une chose à faire : aller le boire, ce pot. Au moins pour me montrer, «chuchoter» à mes collègues l’idée que -une bonne fois pour toute- je ne suis pas «associal» comme ils semblent le penser ; que je les «aimes» moi aussi, mais que si je suis aussi distant, c’est que j’ai un problème avec l’alcool. (Mais ça bien sûr, ils ne peuvent le savoir)
Je me retrouve avec les retardataires, un peu chauds, qui s’empressent de me faire goûter tout ça. Très bon, c’est vrai. J’aime le vin. Je bois un petit verre, puis deux, et trois. J’arrête maintenant : pas question de boire au boulot. L'alcool excite mes cellules, je suis chaud à mon tour. J’avais prévu de rester en début d’après midi pour bosser sur mon «classement verticale» : bof. Je remets tout ça à demain. De toute façons, c’est grillé à cette heure çi : une goutte de vin et c’est fini.
L’après midi qui a suivi, je l’ai passée à me battre contre moi même pour ne pas aller acheter cette bonne bouteille de nouveau Beaujolais. (voir deux d’ailleurs, parce que quand on commence… …mais tout ça vous savez).
Voilà. Tout ça pour vous faire part de cette constatation : ma dernière collègue a raison, je suis effectivement «associal». On en reviens toujours à la même chose avec l’alcool : quand tu ne bois pas, tu es exclus, point-barre.
L’alcool est bel et bien un drame ; une entourloupe, une plaisanterie…
Le plus cruel, c’est cette fabuleuse injustice à laquelle tu dois faire face, au point de vu relationnel…
…même quand tu ne bois pas.
J’ai encore quelques kilomètres à faire avant une abstinence totale. Mais je crois que ce jour viendra. Une pierre à la fois n’est ce pas ?
Merci encore pour vos mots : j’ai trouvé une oreille chez vous.
Stratus