>Bonjour Poulou,
>
>Je ne suis pas spécialiste de l'aspect légal, mais voici ce
>que je sais.
>
>- Il est possible et indispensable de diligenter rapidement une enquête
>sociale en s'adressant au juge des enfants et en exposant
>ses craintes, même en l'absence de voies de fait (qui
>donneraient lieu à un certificat médical pemettant de lancer directement
>une procédure).
>
>- En cas de risque, le juge peut décider que les
>visites légales se feront en terrain neutre et protégé, voire
>seront suspendues.
>
>- La femme surestime souvent les risques lors du contact entre
>l'alcoolique et ses enfants, car de même que des enfants
>difficiles à la maison sont inexplicablement sages chez leurs grands-parents,
>le mari alcoolique violent peut devenir un célibataire assez calme.
Dominique Dupagne
Bonjour et merci Docteur Dupagne, pour ces lignes qui répondent parfaitement à ce que j'espérais sans savoir si c'était possible.
*Merci aussi Arcenciel pour ton soutien 
En tant qu'enfant de père alcoolique violent lorsqu'il avait bu, je me suis toujours sentie déchirée entre l'espoir que la folie de mes parents cesse un jour avec leur séparation, et l'angoisse que cette séparation ait lieu car je me serais retrouvée seule avec mon petit frère en compagnie de mon père sans la protection de ma mère.
Ce ressenti d'enfant, ce n'est pas une projection dans le futur, ce n'est pas une hypothèse, c'est la réalité de mon vécu.
J'avais complètement oblitéré la violence dont mon père avait fait preuve à mon égard; Je ne parlais que de ma mère, de sa maltraitance psychologique envers moi...Mais en ce qui concerne mon vécu avec mon père, des souvenirs sont remontés peu à peu au fur et à mesure que j'ai parlé dans des réunions, sur des forums...
Je me suis souvenue de mon père me poursuivant avec un couteau pour me tuer (ma mère s'était interposée), je me suis souvenue de ses incursions soudaines dans mes jeux ou autre, et comment, sans raison, il me tirait violemment par les cheveux, me traitant de "pu**" de "salo**", de tous les noms dégradants en me trainant dans la rue jusqu'à sa maison; Je me suis souvenue du nombre de fois où il avait conduit d'une façon "énervée par l'alcool" et de cette fois où il avait freiné trop brusquement, où j'avais été projetée à l'arrière de son véhicule, la tête ouverte, et où il s'était mis à hurler et à seccouer ma grand mère parce qu'elle ne m'avait pas retenue, au lieu de se préoccuper de mon état de santé; J'avais été pétrifiée de peur pour ma grand mère ce jour là, alors que je pissais le sang !!(Je devais avoir 6 ans)
Je me suis souvenue de l'angoisse que j'avais lorsque je le voyais conduire comme un fou alors que j'étais à ses côtés, et comment il semait la terreur dans ces moments là; Mon père a failli m'écraser plusieurs fois en reculant avec son véhicule lorsque j'étais petite; C'était à moi de faire attention à lui; Lui ne faisait pas attention à moi.
Il jetait les animaux domestiques par la fenêtre ou leur lançait des couteaux ou fourchettes dessus en ma présence; Il violentait mes grands parents en ma présence aussi. J'étais pétrifiée de peur à chaque fois.
Toute mon enfance et jusqu'à longtemps dans mon âge adulte j'ai ressenti mon père comme un terroriste.
Ce n'est qu'à plus de 40 ans, et parce que je savais mon mari non loin de moi pour me protéger et intervenir si besoin était, que j'ai pu dire à mon père, en tremblant comme une enfant à l'intérieur de moi, que s'il ne voulait pas me respecter, je préférais qu'il ne viennent pas chez nous.
Mon père m'a alors répondu qu'il était comme ça avec sa mère, avec mon frère, avec tout le monde.
Je lui ai dit calmement que je n'étais pas "tout le monde", et que moi, je ne voulais pas qu'il me parle grossièrement et me manque de respect.
Tout a changé entre nous depuis ce jour là. Je ne l'ai pas revu souvent, mais lorsque je le voyais, il "faisait attention" à son comportement.
Mais j'avais plus de 40 ans ! : Je n'aurais jamais eu ce courage avec lui étant petite, qui plus est si j'avais été seule avec lui !
J'ai lu et entendu des témoignages d'hommes alcooliques pratiquants qui recevaient leur enfant lors des visites légales, et qui, alcoolisés, terrorisaient leur enfant eux aussi.(et pourtant leur femme n'étais plus là)
J'ai assisté à ce genre de maltraitance psychologique sur ses enfants de la part de mon propre frère alcoolique divorcé.
A chaque fois que j'ai été la témoin directe ou indirecte de ce genre de chose, je me suis reconnue en ces enfants parce que je savais ce par quoi il passaient pour y être passée moi aussi, je me doutais de l'angoisse qu'ils pouvaient ressentir face à leur parent imbibé d'alcool et c'est vrai que j'ai tremblé pour eux.
Pour Oursonnet : Je ne m'investis pas trop, je ne me mets pas mal dans ma vie parce que dès que je me sens trop émue par quelque chose, ou que je me pose des questions, j'en parle, et je suis vivante, et être vivante, pour moi, c'est être comme je suis aujourd'hui sans l'alcool...C'est à dire pas parfaite du tout, mais VIVANTE, pas anesthésiée...
Poulou