Bonjour Agnesh,L'alcoolisme reste souvent un mystère y compris pour les alcooliques. Certains diront qu'il y a autant de formes d'alcoolisme que d'alcooliques. Mais il y a certains éléments que les non alcooliques doivent savoir. D'abord, il ne suffit pas d'avoir la volonté d'arrêter de boire pour y parvenir. Bien vite, les personnes qui deviennent alcooliques ne boivent pas parce qu'elles ont envie d'alcool mais bien parce qu'elle en ont besoin. C'est un besoin impératif, très violent, souvent irrépressible. Il devient vite impossible ou en tous cas inconcevable de vivre sans boire.
L'alcoolisme est sans doute souvent une réponse à certaines blessures. Personnellement, je n'ai pas connu de drame, et je n'ai trouvé aucun élément dans ma trajectoire pour expliquer mon alcoolisme. Je suis abstinent depuis 6 mois. L'alcool simplement m'aidait à "être": être à l'aise, être de la partie, être bien, être heureux... jusqu'à en être malade, mal à l'aise, hors du coup, malheureux. Mais chaque jour, le premier verre était guidé par cette envie d'être bien.
Il est sans doute utile de chercher les causes psychoaffectives de l'alcoolisme. Mais, en même temps, à partir d'un moment donné, la maladie se déploie et fait son chemin, sans plus nécessairement être causé par les causes initiales. Simplement, parce que, chez l'alcoolique, l'alcool appelle l'alcool, sans cesse. Et on boit, on boit, on boit, même malade, même en sentant tout le mal que l'alcool fait à notre corps. C'est très dur.
Les alcooliques sont, à mon avis, bien souvent des gens qui ont une irrépressible envie d'être heureux, d'être bien dans leur vie, d'être bien avec les autres, d'être proche des autres. Une envie inassouvie, qui nous fait boire sans soif. Oui, dans une certaine mesure, on boit parce qu'on a envie d'être heureux. On y cherche le plaisir, le bonheur, le partage, inconsciemment. L'alcoolisme, au départ, c'est une envie de vie, l'envie d'une ivresse de bonheur qui ne trouve pas les moyens de s'exprimer autrement. Puis, cela nous abime, cela nous détruit, les autres disparaissent, il n'y a plus que l'alcool qui peut nous servir.
Niceday