Bonjour Poulou, bonjour à tous. J'ai 48 ans et je suis bien sûr interpellé par ce texte.
Je vous en livre un autre que j'ai écrit il y a quelques années.
Derrière ses vagues prétentions poétiques
je l'ai relu et n'en changerais pas une ligne aujourd'hui. C'est un peu long, mais .. c'est RVCat."Ma vie
Je m’emplirai les yeux et l’âme
Du bleu du ciel, du vert des arbres en été, du rouge des toits
Je chargerai les mémoires biologiques de mon corps
Avec tout ce que j’aurai vu, entendu, senti sur ma peau
Tout ce qui aura su faire vibrer mon diapason intime
Ces minuscules parcelles d’information que mes sens auront su capter dans le bruit de fond du néant
Le peu que j’aurai su comprendre et interpréter, transformer et communiquer.
Ce que j’aurai donné
Et bien plus ce que j’aurai reçu de mes semblables, de mes différents….
Face au vide glacé de l’oubli
Même la douleur est poésie,
Les larmes sont chaudes le long des joues
Le cœur bat et se déchire
Mais le cœur bat encore
Des souvenirs d’adolescence
Souvenirs de violence
Délicieuse torture des sens
De l’attente à l’assouvissement, et encore à l’attente tyrannique
Cette impression de tout prendre de plein fouet comme à travers un amplificateur
Des alternances de guerres et de paix, avec soi, avec l’univers entier
Les petites piqûres au vif, les grands vertiges face à l’infini
Les filles, ces inconnues, plus tard des femmes qu’on croit parfois percer à jour
Jusqu’à ce qu’on réalise qu’elles vivent autrement notre histoire d’amour
Peut être même était ce une autre histoire.
Plus loin encore, comme on se souvient de sa vie en désordre
Des images d’enfance qu’on croyait disparues, mais qui restent là
Le cordon étiré qui nous relie encore à la femme initiale
Les premiers pas, les premiers mots, les premiers gestes
Les premières frustrations, les collisions avec les autres
Se faire de la place, trouver sa place
Exister en tant que soi, comme individu parmi d’autre, comme élément d’un tout ..
Ces parents qu’on adorera, puis qu’on brûlera, vers qui on reviendra
Mais plus tard, quand on aura compris qu’ils sont des êtres humain,
Comme soi, parmi les autres, éléments d’un tout
Imparfaits, vivants
Alors, une dernière fois, avant de me fermer au monde des sensations
Je m’emplirai les yeux et l’âme du bleu du ciel, du vert des arbres en été, du rouge des tuiles sur les toits
J’essaierai de ne rien oublier, j’essaierai de tout emporter
Et au moment de basculer, j’essaierai, Oh oui j’essaierai
De revivre chaque instant, de les revivre autant de fois qu’il me sera donné
D’étirer cette seconde à une éternité
Parce qu’au final, quoi qu’elle ait été
Au moment d’affronter les déserts glacés du vide
Si elle était à refaire, ma vie
Avec ses joies, ses peines, mais tellement riche après tout, tellement riche de tout
Alors je la referai oui et à l’identique et dans ses moindres détails
Autant de fois que je le pourrai
Car je serai sûr à chaque instant
Que c’est ma vie"
RVCat