"J'ouvre ce nouveau post, pour toutes ces personnes qu'il ne faut pas oublier et qui ont autant trinquer que le malade alcoolique ....si ce n'est plus ...Je pense que beaucoup de ces personnes ont des témoignages, d'inquiétudes , d'interrogations , ou beaucoup de choses a partager , je pense aussi que cela peut ouvrir les yeux a beaucoup de malades, et leurs faire prendre conscience de beaucoup de choses.......
Combien de mères, de pères , de frères , de soeurs , de petites amies , de familles souffrent ? autant que de malade je crois! si ce n'est plus car pour un malade c'est toute une famille qui souffre."
Je rajouterai... combien d'enfants, de médecins, de potes, de voisins, d'amis,de compagnons ou compagnes (officialisé par le mariage ou non) , de collègues,..., combien de gens investis qui ont tout ou beaucoup donné...
Bonsoir à tous...
Cela fait déjà un moment que je voulais témoigner ici... sur mon vécu de "encore jeune femme" (j'ai 36 ans, pas d'enfants), avec une personne alcoolique (qui a la quarantaine et des enfants)...
J'ai commencé à écrire... et tout se passe en terme de reproches, de colères... un sentiment d'un somptueux gachis d'un moment de ma vie... à un moment très important de ma vie... (sourire...oui je sais tous les moment de vie sont importants).
En écrivant, à votre attention, ( mon cahier est près de moi), je me rends également compte qu'il est difficile de parler de vie avec un alcoolique, sans parler d'amour, de rêves, de déceptions, de vie de couple, de faits du quotidien...
Et centrer uniquement la relation due à l'alcool... (d'ailleurs, je n'arrive pas à tout cerner : alcool, cause ou conséquences dans certains comportements narcissiques ou égoïstes, pervers et manipulateurs,... oups, ca y est... je vais me faire engueuler... ) et bien c'est extrèmement difficile, et très délicat... Je n'y arrive pas encore ici...
Là encore, il faut en prendre le temps...
Je ne suis pas très sûre non plus que vous vouliez regarder en face, concrètement, le quotidien, les souffrances morales et la peur que l'on peut ressentir en permanence... Peurs pour soi mais aussi pour la personne que l'on aime et que l'on voit se et nous détruire...
En parrallèle à ces émotions permanentes centrées sur l'autre, vous esperez, vous croyez, vous donnez toujours et plus, et vous vous oubliez... Et puis, vous prenez à chaque fois des baffes, pour moi non "physiques", mais des violences psychologiques de plus en plus fortes et devastatrices, à toutes les heures du jour et de la nuit... Et ces "baffes" en continue, étiollent les sentiments, même si l'on veut y résister...
Vous ne savez plus vous protéger parce que vous aimez l'autre.
Vous ne supportez plus tout cela... mais vous le supportez en silence et avec honte vis à vis de votre entourage... vous voulez l'aider...et par là même vous aider... Il m'a fallu du temps pour comprendre que seul lui pouvait s'aider... Que je n'avais pas à culpabiliser pour cela... Et que je n'avais pas à supporter l'inacceptable... Et que ... merde... (oups.. désolée du gros mot), j'avais aussi le droit de m'aimer et d'aimer la vie...
Si vous souhaitez que je vous parle de cet "inacceptable"... je le ferai... par petites touches... mais, sans que je le veuille, ce doit être extrèmement culpabilisant... et ne peut être exprimé inconsciement sans violence...
A force de destructions, de rabaissements, de violences... mais surtout d'investissements vains, à force d'avoir trop espéré, d'y avoir trop cru... à force de s'être épuisé, de s'être vidé de sa substance de vie, (de ne plus vivre d'ailleurs...) à force d'impuissance..., à force de vouloir ensuite se protéger, et tout simplement vivre... on perd confiance dans l'autre...
Peut-être pourriez vous essayer de verbaliser concrètement, par des faits précis, dans les souvenirs que vous avez et que vous acceptez de regarder vraiment sans les banaliser, ce que vous avez fait "subir", sous alcool à vos proches.
Dire "j'ai beaucoup fait de mal", d'accord...
Exprimer explicitement le quoi, le comment, le auprès de qui... (et pourquoi ce "qui" et non pas un autre), décrire des faits, des actes, des paroles qui mis au bout les uns des autres, sauraient donner beaucoup de respect et de reconnaissance à l'autre... (ainsi qu'à vous même).
Ce serait peut-être également une réelle prise de consience qui vient de vous...
Et sans doute que tout n'est pas à mettre "sur le dos" de l'alcool....
Quelque part, c'est aussi ce que j'attends de personnes abstinentes qui, comme elles l'expriment, retrouve la lucidité... ainsi sans doute que beaucoup d'autres personnes, car vous donnerez vraiment de vos trippes avec une pensées profonde pour l'autre à qui vous avez tant fait vivre la solitude près de vous...
Et, de votre part à tous, je ressentirai cela comme un somptueux cadeau...
Je vous demanderai maintenant... de quoi souhaitez vous prendre conscience... ? Sur quoi voulez vous ouvrir les yeux...?
Si vous le souhaitez... je répondrai.. avec ma simple expérience, mais tout mon coeur, tout mon respect aussi, mais également toutes mes douleurs...
Donnant donnant.. cela pourrait être un bel échange...
très respectueusement,
Carensac