Bonjour,
Je ne vous parlerai pas non plus de ma vie, pas tout de suite, car ce n'est pas un mouchoir qu'il vous faudrait mais un drap de lit; enfin j'exsagère surement car il y en a des plus malheureux que moi.
Il y a quelques années, le poids de mon existence que j'avais porté seul ou presque m'est apparu si lourd que j'ai cru bon de trouver refuge dans l'alcool. Il est vrai qu'une personne (sans vraiement j'espère l'intention de me nuire) m'a largement montrer le chemin. Longtemps j'ai trainé ce passé comme un boulet que j'utilisais comme alibi à ma consommation.
J'ai alors plongé dans un alcoolisme extrèmement aigu et bien que je me rendais parfaitement compte de mon état, je voulais obstinément m'en sortir tout seul, comme toujours.Aujourd'hui je sais que j'avais tort. L'alcool est toutjours le plus fort et il faut être plusieurs pour le combattre. Ce n'est que quand des gens m'ont aidé que j'ai enfin réussi à sortir la tête de l'eau (enfin de l'alcool). Ces gens, ce sont d'anciens buveurs de Vie Libre. De par leurs témoiganges, leur vécu et celui de leur entourage, j'ai compris qu'il fallait demander de l'aide et surtout ne pas rester seul. Il n'y a pas de honte à avouer (s'avouer soi-même surtout) son alcoolo-dépendance, même pour une femme. C'est une maladie complexe certes mais non un vice.
On dit que c'est une maladie bio-psycho-sociale. Bio car la dépendance physique, le besoin intense du corps tout entier de boire de l'alcool. Psycho car l'esprit aussi réclame de l'alcool pour soulager un mal être, un mal vivre. Et enfin sociale car souvent nous avons du mal à trouver notre vrai place dans notre contexte de vie, familial, professionnel etc .. ou que celui-ci ne soit pas adapté à notre moi.
Aujourd'hui cela fait 6 ans que j'ai décroché et bien résolu à perséverer. De malade je suis devenu "soignant" en aidant dans plusieurs groupes des gens et des familles touchés par ce problème. Ce mécanisme est à double tranchant, car non seulement il aide d'autres à ce sortir du trou mais en même temps il renforce notre propre conviction à l'abstinence.
Ainsi, je ne saurais trop vous encourager à d'une part voir ou revoir un alcoologue et d'autre part et en même temps de prendre contact avec un mouvement d'anciens buveurs et de fréquenter assiduement leur réunion. Il n'y a pas que Vie Libre mais bien d'autres mais je ne les connais pas et ne pourrais donc pas en parler.
Courage et ne rester pas seule face à votre poison, la volonté il en faut mais ce n'est pas suffisant. Le Docteur Dupagne, responsable de ce forum, disait préférer la détermination à la volonté, car et si vous me permettez cette analogie, cette dernière sous-entant "combat de type résistance" alors que détermination signifie plus "combat d'attaque". Je partage pleinement son opinion. Partagez la donc avec nous ...
Jean http://users.skynet.be/alcoolisme