Bonjour François,
Ton alcoologue à certainement raison sur un point c'est que la dépendance physique dure environ 7 jours, enfin c'est le temps d'une cure de sevrage classique en hôpital, c'est scientifique et prouvé, au bout de ce laps de temps, le corps ne réclame plus d'alcool, et le risque médical (de manque) est totalement écarté.
Par contre, se lancer dans des prédictions de durée de dépendance psychologique, je ne trouve pas cela trés rationnel. Encore t'aurait il dit, cela dure un long moment, le temps d'un long travail fastidieux et quotidien sur vous même, d'accord. Mais s'avancer sur une durée différente pour chacun, en fonction de son travail sur lui et de ses résultats, de ses capacités propres à s'accepter et accepter la vie, en fonction aussi de son environement, du soutien, des projets etc,etc,etc...Cela me parait vouloir faire preuve de dons extralucides dont la nature ne l'a certainement pas doté.
D'aprés moi, oui il faut du temps, personellement cela fait plus d'un an que je suis abstinent et depuis un mois, les deux seules rares fois ou je me suis dis, <<et si tu buvais un coup!>> ,j'ai eu plaisir à me dire <<Qu'est ce que t'es marrant aujourd'hui!!!>>,et je n'y ai plus repenser. Il me reste maintenant à construire ma vie, c'est certain qu'en pensant moins à l'alcool cela me fait découvrir en moi, beaucoup de choses qui étaient là mais que je ne voyais pas, et il faudra du temps pour que j'avance et que j'accepte ces choses la, c'est une construction.
Mais la dépendance psychologique avec ses combats intérieurs, la violence de se résister, la volonté de se raisonner, les allers retours perpétuels entre un avis et son contraire, cette maniére de se dire <<Je m'en fou! Allez,je bois!>> et qu'au dernier moment c'est le recul. Cette dépendance la ne dure pas dix ans. Aprés les luttes, c'est plutôt un rappel, c'est le fait de se dire <<c'est normal d'avoir envie, mais moi mon choix c'est non>> et que ça n'aille pas plus loin que ça, que cela ne te gave pas et t'amène à l'obsession de boire.
Je ne pense pas que mettre une durée sur un hypotétique rétablissement, pour vivre le bonnheur et la complétude, soit rationnel. Par contre dire que cela prendra un certain temps et que ce sera long,oui. C'est un peu en correlation avec la longueur et l'aboutissement de l'acceptation de soi.
Enfin c'est mon avis, et avec mes un an d'abstinence, je me chauffe peut être un peu trop.C'est possible.
ERIC