C'est un peu dans l'actualité en ce moment donc je vais lancer le sujet.Est-ce-qu'il y en a qui connu des hospitalisations en psychiatrie suite à des crises de manque ??
Avec ma première crise aigue de manque, on m'a emmené aux urgences. Injections de tranquilisant, perfusions de magnesium .... puis retour à la maison le lendemain.
Quelques mois plus tard, crise de delirium tremens. Une nouvelle fois les urgences et hospitalisation d'office en psychiatrie. Je me retrouve avec d'autres alcooliques, des toxicos ..... mais aussi des dépressifs suicidaires, des autistes, des schizophrénes ..... bref toutes sortes de pathologies mélangées ensemble avec certains cas très violent ou très effrayant. La journée on ne fait rien. On nous gave de médicaments, on fume, on dort, nouvelle prise de médicaments ..... Je rencontre des alcooliques en fin de parcours : cirrose du foie, polynévrites (véritablement effrayant), gros dégats au niveau du cerveau.
Au bout d'une semaine je me sens mieux mais surtout je ne veux plus rester dans cet environnement. C'est incroyablement sâle, il y a des gens qui hurlent, d'autres qui se trainent par terre, la bouffe est infecte et les médecins complétement absents. On est 6 par chambre. Ca pue et un des mecs dans la chambre est la après s'être exhibé devant des enfants .... Je n'en peux plus, je signe donc une décharge contre l'avis des psychiatres et je sors.
Plusieurs mois plus tard, je rechute. Mais cette fois, il est hors de question de retourner à l'hopital. Dans mes moments de lucidité, je me renseigne sur des cliniques spécialisées. Ca coute cher mais la mutuelle prend en charge la quasi-totalité. Je fonce.
Et la le miracle. Le médecin vient nous voir individuellement tous les jours pour une longue discussion. Le matin : sport. Après-midi : thérapies de groupes avec un psy où chacun raconte son histoire. Puis ateliers de détentes comme la poterie ou le dessin. Le soir : cours de Yoga. On a chacun une chambre individuelle avec salle de bains. La nourriture est excellente. C'est propre. Il y un grand jardin pour se promener la journée (même si ca reste un circuit fermé, interdiction formelle de sortir de la clinique). Au bout d'une semaine, je revis. je me suis déjà fais plein d'amis et je retrouve la forme physique. Il y a toujours les médicaments mais on ne sent pas abrutis.
Bref au bout d'un mois, je retrouve espoir et je recommence à faire des projets. Je sors heureux et revigoré. Aujourd'hui, SOBRE depuis 4 ans avec seulement deux petites rechutes.
Donc mon expérience personnel de l'hopital publique et de la psychiatrie a été un véritable cauchemar. Je dis bien cauchemar. A éviter de toute evidence. Je sais que parfois on a a le choix quand on a pas les moyens ou pas de mutuelle. Mais si vous le pouvez et si votre alcoolisme a atteint un certain niveau (crise de delirium quand vous arretez), la clinique spécialisée est la meilleure solution.