Bonjour à vous tous,Depuis quelques jours, je parcours ce forum et il y beaucoup de témoignages dont je me sens proche comme par exemple cette phrase "je voudrais que ce soit aujourd'hui". J'aurais pu l'écrire celle-la et j'avais presque les larmes aux yeux en lisant. J'ai l'impression que cela fait tellement longtemps que je me dis et me répète que je dois arrêter. Oui, je voudrais tant que ce soit aujourd'hui.
Où j'en suis? JH, 29 ans, des amis, une amie privilégiée mais je vis seul, un boulot chouette mais qui prend la tête en dehors de heures, et une consommation quotidienne de bières entre minimum 7 doses de 33 cl et ... bien souvent beaucoup plus, uniquement après le boulot. Du vin aussi assez souvent. Mais j'évite les alcools forts. Je viens d'une famille sans problème, des parents qui s'aiment très fort, et qui aiment leurs enfants; des frères et soeurs épanouis qui n'ont pas de prob d'alcool. Tous les jours, dès la fin de l'après-midi, je sens l'envie de boire qui arrive. Et tous les soirs, je bois : soit avec des amis, soit seul (le plus souvent) en ne résistant pas à l'achat de quelques canettes de 50 cl. chez l'épicier du coin de la rue. Et même lorsque je résiste, que je monte dans mon appart avec la ferme intention de ne rien boire, la plupart du temps, une heure ou deux plus tard, je redescends me fournir en cannettes au nightshop. J'essaie de ne pas avoir de "réserve" de boissons chez moi... mais je me fournis tous les jours. Je ne sais plus exactement depuis combien d'années ça dure. Au moins 10. Les stigmates (couperose) commencent à être légèrement apparants quand je m'examine de près dans une glace. Cela me tracasse beaucoup bien sûr même si là n'est pas le fond du problème.
Lorsque je suis au plus mal (tard le soir ou le lendemain matin), j'ai l'impression que l'alcool sort par tous les pores de ma peau. Je déteste ça. Je me sens sale, sali par l'alcool.
Je voudrais me mettre en route, enfin! Car je me rends compte qu'il y a des années que je me le dis sans y parvenir. J'ai bien essayé quelques petites choses. (1) Un jour, il y a au moins 5 ans, j'en ai parlé à mon médecin, je lui ai dit ma consommation en mentant un peu à la baisse (5 à 6 bières par jour tous les jours - en réalité plutot 10). Sa réponse a été la suivante: "mais non, écoute, tu n'es pas vraiment alcoolique, sans doute que tu te sers de l'alcool comme anxiolitique", et il m'a prescrit des anxiolitiques légers (que je n'ai jamais pris), et je ne suis jamais retourné chez lui depuis. Il avait bien constaté que mon niveau de GammaGT était anormalement élevé. Je pense que j'avais besoin qu'il me dise autre chose, qu'il me dise "oui, effectivement, tu as raison de penser que tu as un problème avec l'alcool, et je vais prendre ça au sérieux avec toi". En y repensant a posteriori, c'est un peu ralant que cette démarche difficile consistant à s'avouer alcoolique ait été avortée. (2)Autre démarche: il y a deux ans, un coup de fil aux AA, pour connaitre des heures et lieux de réunions; j'en ai pris note mais je n'y suis jamais allé; la note est toujours dans mon porte-feuille. Que de temps perdu ... entre mon 1er contact avec AA et le jour où j'irai peut-être à une de ces réunions, au moins deux années se seront écoulées, voire plus.
J'ai bien essayé d'arrêter à plusieurs reprises. En 10 ans, j'ai tenu le coup une première fois durant deux mois, et à la seconde tentative durant une semaine. Dans les deux cas, en fumant du cannabis tous les soirs, ce qui en général m'arrive rarement. Mais remplacer l'alcool par le cannabis risque de ne me conduire nulle part.
Aujourd'hui, je voudrais m'en sortir. Hier déjà, je voulais m'en sortir. Et j'ai peur de ne pas y arriver. J'ai peur de gacher ma vie.
J'aimerais aussi que l'on m'informe sur un point plus précis. Sur un site traitant aussi de l'alcoolisme, j'ai lu un texte que mentionnait laconiquement des étapes de sevrage. Il semblait dire que lorsque l'on arrête, il arrive que les premiers moments (premiers jours, premières semaines, premiers mois?) soient parfois assez faciles: on est content de soi, on retrouve du gout à la vie, de l'énergie, de la sensibilité, des projets, etc. Mais il semblait dire aussi que c'était là "un petit nuage rose passager" et que les réelles difficultés étaient souvent encore à venir. Je me souviens en effet que lors de mes deux tentatives, je me sentais plutôt bien (pendant la journée uniquement puisque le soir, je marchais au cannabis). Pouvez-vous m'en dire un peu plus à ce propos?
Ecrire ce message, c'était aussi pour moi l'occasion de dire mon alcoolisme à "quelqu'un". Merci pour ce site, à ceux qui l'ont conçu et à ceux qui y naviguent! Désolé d'avoir été si long, je serai plus bref à l'avenir. A bientôt.
nb: Je connais les consignes: consulter un médecin, aller aux AA
Courage à tous
niceday