ca fait 9 ans que j'ai arrété l'alcool! et j'ai 39 ans.Pendant 12 ans j'ai été amoureux d'une bouteille et de petites gélules qui enlèvent toutes angoisses. Pendant 12 ans j'ai été accroc à ces saloperies et je les ai aimé jusqu'aux limites de la mort!! Ca fait 9 ans que j'ai abandonné ces maitresses maladives. Ca fait 9 ans que j'essaie de renouer avec la joie de vivre.
Pendant près de 12 ans, mon petit déjeuner consistait en 1 pack de bière, arrosé de rhum, de quelques gélules apaisantes et d'une dizaine de gitanes. Devenu complètement agoraphobe, je ne pouvais affronter autrui sans ces remèdes miracles. Mon petit déjeuner passé, l'esprit (à peine) calmé, je pouvais me risquer en ville, non sans m'arrêter à tous les bistrots rencontrés pour faire perdurer mon état second. J'allais ainsi jusqu'au soir, sans dégriser, mais sans délirer.
Depuis j'ai retrouvé ma liberté, liberté de n'avoir pas à se soucier de son stock de picole, mis de coté et tellement tentant, pour pouvoir affronter un autre jour, liberté de ne plus avoir à boire pour sortir, liberté de plus avoir cette peur du tremblement en public, liberté de pouvoir être, simplement!
Cependant un constat, le revers de la medaille :
Aujourd'hui mes seules drogues sont les cigarettes et le café. Et ca fait 9 ans que j'essaie de réapprendre à vivre ! Et que j'essaie de rattraper mes 12 années perdues. J'ai retrouvé un semblant de liberté, mais je regarde l'avenir avec pessimisme. Les alcoolos qui se sont arrêtés sont un peu comme les ex taulards, ils traînent avec eux un passé lourd, qu'on ne leurs pardonne pas. A une différence près, c'est qu'il existe une réinsertion pour les ex-taulards, ce n'est pas le cas pour les défoncés.
Suite à l'arrêt de ma dépendance, j'ai bizarrement perdu quasiment tous mes amis (surtout ceux qui me reprochaient ma défonce continuelle).
Suite à l'arrêt de ma défonce, je me suis retrouvé dans une solitude forcenée.
aujourd'hui il ne se passe pas encore un jour où je repense à un bon petit verre....... mais bon dans ce cas, suffit quand même de penser à ces terrifiantes gueules de bois, celles qui vous paralysent sur votre matelas, pendant que votre foie, déconnant plein pot, vous donne des suées et vous trouble la vision, pour tenir bon!!
la liberté retrouvée peut être mais pas la vie, ou peut être pas la vie que j'aurai voulu
peut être est ce moi qui ne me pardonne pas