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"un simple constat. Une généralité???"

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Forum : Arrêter l'alcool (Protected)
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pascal (VNI) (51 messages) Voir addresse IP de cet auteur
20-10-03, 19:55  (GMT)
"un simple constat. Une généralité???"
ca fait 9 ans que j'ai arrété l'alcool! et j'ai 39 ans.

Pendant 12 ans j'ai été amoureux d'une bouteille et de petites gélules qui enlèvent toutes angoisses. Pendant 12 ans j'ai été accroc à ces saloperies et je les ai aimé jusqu'aux limites de la mort!! Ca fait 9 ans que j'ai abandonné ces maitresses maladives. Ca fait 9 ans que j'essaie de renouer avec la joie de vivre.
Pendant près de 12 ans, mon petit déjeuner consistait en 1 pack de bière, arrosé de rhum, de quelques gélules apaisantes et d'une dizaine de gitanes. Devenu complètement agoraphobe, je ne pouvais affronter autrui sans ces remèdes miracles. Mon petit déjeuner passé, l'esprit (à peine) calmé, je pouvais me risquer en ville, non sans m'arrêter à tous les bistrots rencontrés pour faire perdurer mon état second. J'allais ainsi jusqu'au soir, sans dégriser, mais sans délirer.

Depuis j'ai retrouvé ma liberté, liberté de n'avoir pas à se soucier de son stock de picole, mis de coté et tellement tentant, pour pouvoir affronter un autre jour, liberté de ne plus avoir à boire pour sortir, liberté de plus avoir cette peur du tremblement en public, liberté de pouvoir être, simplement!

Cependant un constat, le revers de la medaille :
Aujourd'hui mes seules drogues sont les cigarettes et le café. Et ca fait 9 ans que j'essaie de réapprendre à vivre ! Et que j'essaie de rattraper mes 12 années perdues. J'ai retrouvé un semblant de liberté, mais je regarde l'avenir avec pessimisme. Les alcoolos qui se sont arrêtés sont un peu comme les ex taulards, ils traînent avec eux un passé lourd, qu'on ne leurs pardonne pas. A une différence près, c'est qu'il existe une réinsertion pour les ex-taulards, ce n'est pas le cas pour les défoncés.
Suite à l'arrêt de ma dépendance, j'ai bizarrement perdu quasiment tous mes amis (surtout ceux qui me reprochaient ma défonce continuelle).
Suite à l'arrêt de ma défonce, je me suis retrouvé dans une solitude forcenée.

aujourd'hui il ne se passe pas encore un jour où je repense à un bon petit verre....... mais bon dans ce cas, suffit quand même de penser à ces terrifiantes gueules de bois, celles qui vous paralysent sur votre matelas, pendant que votre foie, déconnant plein pot, vous donne des suées et vous trouble la vision, pour tenir bon!!

la liberté retrouvée peut être mais pas la vie, ou peut être pas la vie que j'aurai voulu

peut être est ce moi qui ne me pardonne pas

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  Liste des réponses à ce message

  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
 RE: un simple constat. Une généralité??? Francis3 20-10-03 1
 RE: un simple constat. Une généralité??? Poulou 20-10-03 2

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Texte des réponses

Francis3 (148 messages) Envoyer message email à: Francis3 Envoyer message privé à: Francis3 Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
20-10-03, 20:45  (GMT)
1. "RE: un simple constat. Une généralité???"
Pascal,
J'ai lu ta lettre avec attention d'autant plus que je suis abstinent que depuis 3 semaines.

Je pense que si l'on se drogue à l'alcool c'est pour des raisons valables.
Seulement qu'elles sont elles?
Donc arreter de boire ne suprime pas ces raisons. Je pense qu'il faut trouver pourquoi l'on buvait. Car sinon on compense par autre chose, mal-vivre, cigarettes, etc...
C'est un gage de vie libre et nouvelle.
Alors je comprends bien la futilité de mes paroles surtout au bout de 3 semaines, mais je pense que c'est un passage obligé.
Je n'ai pas envie d'arreter de boire pour vivre mal, je veux arreter de boire pour vivre.
J'ai deja fait certaines demarches personnelles pour comprendre, mais je n'hesiterai pas à aller voir un docteur, un psy, des associations pour aller plus profond.

Tu as ete capable d'arreter de boire depuis 9 ans, la je te tire mon chapeau bien bas, maintenant, il te reste à savoir pourquoi tu le vis mal, ou plus simplement pourqupi tu vis mal.
Amicalement


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Poulou (958 messages) Envoyer message email à: Poulou Envoyer message privé à: Poulou Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
20-10-03, 20:49  (GMT)
2. "RE: un simple constat. Une généralité???"
>>
>peut être est ce moi qui ne me pardonne pas

Bonsoir Pascal.

J'ai quitté mon amant l'alcool depuis un peu plus de onze années à présent.
J'ai longtemps fréquenté des êtres humains avec lesquels je me sentais autant démolie qu'avec lui; Je m'en suis éloignée aussi.
Et je ne me le pardonnais pas :

Je ne me pardonnais pas de vouloir vivre loin des gens que j'aimais mais que ne m'aimaient pas telle que j'étais sans l'alcool.

Ces personnes, (ma mère, mon conjoint de l'époque, ma grand mère paternelle, certains malades alcooliques comme moi) ne supportaient pas que je fasse des choix dans ma vie qui ne coincidaient pas à ce qu'ils attendaient de moi, et ils me le reprochaient.

Et j'ai culpabilisé, longtemps...
Et je me suis sentie honteuse de ne pouvoir répondre à leurs demande, à me faire passer en premier, de les faire passer aprés moi...
En choisissant de ne plus boire d'alcool je me suis choisie, et ça m'a beaucoup côuté :
Ca m'a coûté de devoir m'éloigner de ces gens qui comptaient beaucoup pour moi.

Un jour j'en ai eu marre d'en avoir marre de m'auto flageller, de me sentir coupable de choses que je ne pouvais pas changer, de ma honte de ne pouvoir contenter les inconsolables, et j'ai décider d'aller de l'avant, sans me retourner !

Ce jour là, je me suis pardonnée; J'ai laissé derrière moi mes peaux mortes de honte, de culpabilité, de peur et d'impuissance, et j'ai regardé droit devant, mes pieds dans mon instant présent, entourée de personnes (trés peu nombreuses) qui m'allaient et à qui j'allais telle que j'étais dans mon abstinence.

A partir de cet instant, j'ai commencé à goûter du bout du coeur à ce qu'on appelle la joie de vivre, un jour à la fois.

Je dois avouer que le programme de rétablissement en 12 étapes suggéré par les Alcooliques Anonymes, m'a beaucoup aidée pour en arriver là.

Cordialement,

Poulou


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