Des feuilles jaunes,
de rouges méditations,
un moment serein.Dans les rues d'Anamori-Inari, j'ai marché plus souple qu'un chat noir d'orage. J'ai pu voir le sourire d'un enfant sur le vélo de sa mère légère et océane. J'ai pris le temps d'être une goutte d'eau qui tombe de l'extrêmité d'un toit. J'ai pu goûter à chaque instant de la vie abandonée dans un regard triste. J'ai pu me définir comme l'ombre entre deux murs, comme la mousse sur une pierre un soir de pluie. Dans les rues d'Anamori-Inari, j'ai pu jouir du moment imparfait, j'ai admiré la tôle sur le bois.
J'ai pu voir l'étincelle du soleil dans le matin. J'ai suivi d'un regard curieux un chat se cachant derrière un renard de pierre. J'ai vu le flot fuyant des hommes et des femmes.
Dans les rues d'Anamori-Inari, j'ai vêcu et j'ai voulu rester.
Et puis quand la nuit se fait présente, un éblouissement de silence jaillit de toutes parts. Des mots de lumière à chaque fenêtre de maisons, des mystères joyeux et secrets derrière chaque porte racontent l'histoire des gens simples.
Sur le futon, le corps allongé, les yeux fermés, les rêves naissants, j'ai repensé aux rues d'Anamori-Inari.
Je ne pouvais pas rester.