Pourquoi il veut encore me confier à un psychiatre qui m'a fait tant de mal ?Comment confier quelqu'un que l'on aime à des gens que l'on ne connaît pas ?
J'ai rêvé que j'étais chez lui (le médecin), dans le jardin d'une grande maison bourgeoise, que j'étais jardinier et que je m'occupais du jardin pendant qu'il n'était pas là.
Ca me hante.
Je me sens faible, je ne comprends pas du tout pourquoi je n'assume plus. Avant ma dépression, je faisais tout à la maison, le ménage, le repassage, tout ça. J'y arrivais bien, pourquoi maintenant je ne peux plus. Je ne pense qu'à la piscine, aux loisirs.
Je n'y arrive plus mais je le vis super mal. Pas par fierté ou par orgueil, ou par honte de ne plus y arriver. Mais par peur : les gens m'ont fait tellement de mal dans ma vie, que j'ai peur de me livrer aux autres comme ça, et de livrer mon père.
On n'arrête pas (et le médecin n'arrête pas) de me parler avec des mots pleins de fleurs et guirlandes : "on va vous aider" "il y aura de gentilles dames pour s'occuper de votre père" "si vous refusez, c'est que vous avez un problème psychique".
Et notre expérience avec ma mère ? Les médecins qui étaient censés la soigner ? Les pleurs, les larmes, pas à cause de la maladie, mais à cause de la façon dont elle a été traitée. Ca a recommencé avec mon père l'an dernier. J'y étais, je ne suis pas folle, j'ai vu, j'ai entendu, j'ai pleuré aussi, parce que les infirmières, les aides-soignantes ne se gènent pas pour vous en balancer plein la gueule. Si elles ont leurs règles, si leur gosse a eu une punition, elles ont les nerfs et qui est-ce qui trinque ? Les malades.
On le sait quand même, par expérience, c'est pas du délire. Qui aime être hospitalisé ? Il n'y a qu'à lire le post d'Hélène "vous reprendrez bien..."
Je voudrais pouvoir en parler et il m'a considérée psychopathe pour ça. Il m'a dit qu'une autre personne, à ma place, ferait venir une assistante sociale sans se poser de question.
Faut que j'aille voir un psy. Il me dit ça en rigolant ou quoi ?
Qu'est-ce qui se passe, pourquoi je perds le contrôle comme ça ?
Il fait froid, il faut que j'aille bosser. Mais heureusement. Parce qu'ici, avec toutes mes questions, sans interlocuteur, c'est trop difficile.
J'ai si peur.
C'est de la terreur.
J'ai toute la maladie de ma mère qui me revient à l'esprit. J'ai l'image de ces gens "forts, durs, solides" qui eux n'ont pas besoin de psy, qui savent prendre des décisions énergiquement - pas comme moi - pour leurs vieux parents.
Je hais le système médical, je hais les blouses blanches, je hais les soignants, je hais la société qui nous condamne si on ne se livre pas à eux, je hais les médecins qui nient la peur.
Mon Dieu, fermer les yeux, ne pas comprendre ce que l'on fait et obéïr à un médecin parce qu'il a un beau sourire. Je suis complètement folle ! Peut-être qu'un jour je regretterai d'avoir fait cette démarche, que j'en aurai des remords à m'en tuer.
Mais mon père m'a dit que devenir adulte, c'était prendre le risque de se tromper.
Papa !

Cécile