Bonsoir
Je suis désolée de vous répondre que maintenant, mais bon avec les devoirs, pas facile de s'asseoir sur le Net et de faire des trucs perso (d'ailleurs je n'ai toujours pas fait ma rédac d'italien, pas bien Giulia !) !
Je suis lycéenne en Terminale Littéraire Langues (Italien-Anglais-Grec Moderne).Mon interet pour cette affaire vient de plusieurs raisons :
1)Je suis actuellement en train d'écrire un livre (enfin sur mon temps libre) qui a pour theme "De la dialyse à la transplantation : accompagner un malade", dont vous trouverez un passage ici :
>Kiriaki (Κυριακή)
Je suis un rat de bibliothèque.
Je peux passer des heures à la bibliothèque municipale : c’est ici, dans le silence troublé seulement par les lecteurs de cartes à code-barre, que j’ai pu lire la biographie de Primo Levi, des livres de Sciences Economiques et Sociales de lycée, des essais de politique…
Quand je suis arrivée en France j’ai pu lire Antigone d’Anouilh.
On dit souvent que les réécritures sont inférieures à l’œuvre originale, pourtant je trouve la réécriture du texte d’Antigoneplus belle encore. Antigone, présentée comme une jeune fille d’environ dix-huit ans, petite, noiraude et maigre, qui va pourtant relever la tête, et se battre pour résister à son oncle Créon, le roi, en enterrant son frère Pollinice.
Au lycée, en proti likeiou (πρώτη λυκειού, l’équivalent de la Seconde), nous avions étudié Antigone, l’œuvre de Sophocle. Ma prof’
de grec m’avait humilié et du coup, j’ai détesté Antigone, qui est pourtant une œuvre majeure dans ma langue
maternelle.
Aujourd’hui pourtant, Antigone (Αντιγόνη) et moi sommes en parfaite symbiose.
Tout d’abord physiquement : comme elle, je suis petite et maigre.
« Noiraude »… Peut-être qu’elle est blonde, comme moi… Peut-être qu’elle
est brune, comme Eirini (Ειρήνη).
De l’extérieur j’ai l’air fragile, prète à me casser en mille morceaux, en sucre.
« Un squelette », disait ma mère.
« Ce n’est pas beau pour une jeune fille d’être un tas d’os comme toi », renchérissait Zoi (Ζωή), la maman de mon amie Eirini (Ειρήνη).
Meme si je suis physiquement comme un bambou qui ne tient pas, j’ai toujours de l’énergie à revendre, comme Antigone.
Comme elle, je me sens forte et résistante. Comme « la maigre jeune fille noiraude et renfermée », qui « se dresse face au monde ». Le « monde » face auquel je me « dresse », c’est l’hôpital et ses médecins qui infantilisent les patients, le manque de respect des infirmières, les parents qui pleurent face à la maladie de leur enfant.
En lisant des revues scientifiques et médicales sur le sujet, en m’informant, j’arrive à résister. J’arrive à résister face à ces médecins qui infantilisent parents et enfants, considérant tout le monde comme des imbéciles. Quand tu es parfaitement informée au sujet de ta pathologie ou de celle de ton enfant, ou meme si ce n’est pas ton enfant, de l’enfant dont tu t’occupes, tu te fais davantage respecter de la part des médecins et du personnel soignant en général. Et peut-être meme des autres qui se permettent de te manquer de respect.
Ainsi j’ai pu aider les parents de Nacera à choisir en toute connaissance de cause ce qu’il y a de mieux pour leur fille, ce qui ne veut pas dire qu’ils ont systématiquement suivi mon avis. Par exemple, je leur avais expliqué un jour que la DP serait meilleure pour leur enfant que l’hémodialyse vu que au niveau des greffes, il y a priorité pédiatrique. Mais les parents de Nacera ne maitrisent pas assez bien le français pour suivre l’indispensable formation afin d’être opérationnels.
Et on retombe dans le meme cercle vicieux de l’absence ou de la mauvaise connaissance du français qui empèche de suivre une formation pour la dialyse péritonéale, aussi bien en manuel que sur cycleur.
Ma conviction aujourd’hui, c’est que le savoir va libérer l’homme, va
le permettre de se civiliser, de devenir meilleur et plus sage, et de résister contre la tyrannie.
Donc votre affaire rentre dans la problématique de la dialyse et de la transplantation.
2)Cette affaire est doublement interessante :
-et d'une, elle prouve que ce n'est pas parce que un médicament est naturel qu'il est sans danger. Ajourd'hui nous avons sur certains forums (je vais taire les noms, inutile de se faire lyncher par dessus le marché) des gens qui veulent tellement revenir aux médecines dites douces que ils sont prets à vilipender la médecine allopathique, qui dans certains cas peuvent leur sauver la vie.
-de deux, elle prouve que aucun médicament pour maigrir n'est inoffensif, que seule une bonne hygiène de vie permet de rester en bonne santé.
-et de trois, que en médecine comme ailleurs, il faut toujours avoir l'esprit critique.
Voila, et un grand merci pour vos informations que je lirai plus en détail pendant les vacances de la Toussaint (là c'est la course).
Sachez que vous pouvez tout à fait parler de cette affaire (moi je ne serai pas crédible, mais vous oui) sur le forum renaloo http://www.renaloo.com/forum où votre témoignage sera accueilli avec un grand plaisir par l'administratrice et le modérateur (j'officie sous le meme pseudo sur renaloo).
Je vous souhaite tout le courage du monde face à votre combat
Giulia