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"Handicap physique et psy"

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Giulia (435 messages) Envoyer message email à: Giulia Envoyer message privé à: Giulia Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-10-04, 00:34  (GMT)
"Handicap physique et psy"
Bonsoir à tous
Voilà, une question me triture l'esprit.
J'avais discuté il y a quelques mois avec le résident de l'AAPEL qui m'a dit que "un handicap physique non diagnostiqué peut déclancher une maladie mentale".
Bien, mais je ne suis pas plus avancée dans ma réflexion.
Est-ce que le fait d'avoir fait une thérapie a pu quand meme éviter un trouble mental, sachant que dans mon cas précis, la thérapie n'a été qu'un pis-aller en attendant le diagnostic de la surdité partielle ?

Aux psychiatres et psychologues : avez-vous connu des cas de personnes chez qui la maladie mentale était clairement induite par le handicap physique ?

Question plus générale qui résume toutes ces questions : quel est le lien entre handicap physique et maladie mentale ?

En ce qui concerne l'aide psychologique dans le cas des handicaps physiques, surtout sensoriels, existe-t-il des travaux, des études sur le sujet démontrant l'importance de ce type de prise en charge ?
Comment est-elle organisée ?
Comment un médecin va-t-il percevoir cette prise en charge : comme une intrusion ou comme une aide ?
Dans le meme ordre d'idée, quelle est la place du médecin (je parle de celui qui est spécialisé sur le handicap ou la maladie chronique de la personne, par exemple l'orl pour le sourd) dans cette prise en charge psy ?

Voili voilou, je me pose pas mal de questions existentielles sur le sujet, sujet qui est d'ailleurs très peu abordé en général.


Merci à vous.
Giulia

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  Liste des réponses à ce message

  Sujet     Auteur     Posté le:     ID  
 RE: Handicap physique et psy Aloes 17-10-04 2
 RE: Handicap physique et psy Merlin 17-10-04 3
   RE: Handicap physique et psy Giulia 17-10-04 4
       RE: Handicap physique et psy Merlin 17-10-04 6
           RE: Handicap physique et psy Irleana 17-10-04 10
               RE: Handicap physique et psy Irleana 17-10-04 11
                   RE: Handicap physique et psy Nausica 17-10-04 12
       RE: Handicap physique et psy Cafe_Sante 17-10-04 7
           RE: Handicap physique et psy Giulia 02-11-04 13
   RE: Handicap physique et psy Litvinov 17-10-04 5
       RE: Handicap physique et psy Pandore 17-10-04 8
           RE: Handicap physique et psy shackleton 17-10-04 9
           RE: Handicap physique et psy Giulia 02-11-04 14
 Maternité et handicap Giulia 03-11-04 15
   RE: Maternité et handicap Pandore 03-11-04 16
   RE: "Celui qui diffère de moi, loin de me léser m’enrichit" St Exupéry Irleana 04-11-04 17
   RE: La différence:C'est le sel de la vie, être différent c'est être Irleana 04-11-04 18
       RE: Charte des Droits du Sourd Irleana 04-11-04 19
           A Irleana Giulia 05-11-04 20
               RE: A Irleana Irleana 07-11-04 21
       RE: La différence:c'est le sel de la vie, être différent c'est être tout simplement et s'accepter Irleana 08-11-04 22

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Texte des réponses

Aloes (653 messages) Envoyer message email à: Aloes Envoyer message privé à: Aloes Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-10-04, 03:22  (GMT)
2. "RE: Handicap physique et psy"
Bonjour Giulia,

Je ne saurais vous répondre de manière générale, mais je peux vous donner des idées personnelles.

Premièrement, pour votre information, le président de l'association dont vous parlez en tout début de message, n'est ni un psychologue, ni un psychiatre et n'a aucune formation reconnue en psychothérapie. Il y a, depuis plusieurs mois, de nombreuses controverses au sujet de cette association, dont on ne peut divulguer le contenu, ici ou ailleurs, avec plus de précisions, sans risquer une poursuite pour diffamation.

À ce sujet, je vous recopie ici un message pertinent émis par le Dr.Dupagne:

"Et je vous mets en garde contre l'AAPEL, car tout concourt sur ce site à s'autodiagnostiquer borderline. Par ailleurs, c'est une association qui tourne essentiellement autour d'un homme qui en est à la fois Président et Trésorier, ce que je ne trouve pas sain. Je ferme cette discussion."

Tiré du message 4 dans cette discussion:
http://www.atoute.org/dcforum/DCForumID30/1641.html

Sinon, votre question concernant le lien entre maladie mentale et handicap physique est intéressante.

Le lien entre le physique et le psychisme a depuis longtemps été démontré. L'un influence l'autre, et inversement. De là à tisser des liens précis entre une maladie mentale et un handicap physique, je ne crois pas qu'il y ait une ligne directrice et générale à en tirer à tout coups. Chaque histoire de chaque personne étant confrontée à des problèmes physique réagit différemment, selon son histoire, son éducation, sa personnalité, son hérédité, etc. Certaines personnes arrivent à se forger une identité très forte qui résite à tout, d'autres sont plus facilement affectés ou influencés par leur condition physique.

De manière plus personnelle, j'ai eu à gérer des difficultés physiques (maladie de crohn), et des difficultés psychiques. Et je peux vous dire que les deux difficultés s'inter-influencent par moments.

Le stress influe sur la maladie de crohn. Et la maladie (ainsi que le traitement à prendre) influe sur mon psychisme. Je n'ai pu dissocier les deux lorsque j'ai eu à recevoir des traitements. Et pour la prise en charge de ces deux problématiques, j'ai plusieurs médecins qui me suivent:

- Généraliste et gastro-entérologue pour la maladie de crohn

- Psychologue et psychiatre pour mes difficultés psy

Mon généraliste est au courant d'à peu près tout, on peut donc dire que c'est celui qui est le plus au courant de tous mes suivis, au moins dans les grandes lignes.

Mais essentiellement, c'est moi qui gère et qui consulte l'un ou l'autre selon les besoins et les priorités du moment (en dehors des deux psys, ces médecins ne font pas partis de la même clinique). Je suis donc le pont principal qui veille à acheminer les informations essentielles vers un ou l'autre.

J'ai entamé mes démarches psy, après avoir été confronté à mes difficultés physiques, et aucun de mes médecins n'a été choqué de mes démarches, bien au contraire.

Bien à vous,

Aloès

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Merlin (362 messages) Envoyer message email à: Merlin Envoyer message privé à: Merlin Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-10-04, 03:36  (GMT)
3. "RE: Handicap physique et psy"
Bonsoir,

je suis également de l'avis du Dr Dupagne au sujet de l'AAPEL.

D'ailleurs, déclarer comme cela, sans ambage, et à une personne souffrant d'un handicap que "un handicap physique non diagnostiqué peut déclancher une maladie mentale" est d'une telle bêtise, que ça ne souffre même pas de commentaire.

Que le handicap, quelque soit sa forme, puisse avoir des répercussions psychologiques, c'est indéniable. Mais de là à "glisser" sans autre forme de procès vers le concept de "maladie mentale", il y a un fossé gigantesque qu'il faut à tout prix se garder de franchir.

Le fait pour un handicap de n'être pas diagnostiqué peut induire probablement des troubles psychologiques ("je sais que j'ai un problème, mais je n'ai pas de mots à mettre dessus, et ça me perturbe"). Mais d'un autre côté, ce genre de questionnement survient potentiellement dans l'esprit de tout un chacun! On a tous nos petites différences...

En tout cas, pour conclure, à votre question: "quel est le lien entre handicap physique et maladie mentale ?", j'espère bien que nous n'y trouvons jamais de réponse catégorique et univoque.

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Giulia (435 messages) Envoyer message email à: Giulia Envoyer message privé à: Giulia Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-10-04, 11:33  (GMT)
4. "RE: Handicap physique et psy"
Modifié le 17-10-04 à 14:43  (GMT)

Modifié le 17-10-04 à 11:40  (GMT)

Bonjour Docteur

D'ailleurs, déclarer comme cela, sans ambage, et à une personne souffrant d'un handicap que "un handicap physique non diagnostiqué peut déclancher une maladie mentale" est d'une telle bêtise, que ça ne souffre même pas de commentaire.
Merci pour votre réponse. Meme si c'est d'une telle betise que ça ne souffrirait meme pas de commentaire, elle a au moins permis de faire germer la question du lien entre la maladie mentale et la maladie physique, et vice versa.

A ce sujet, cette semaine dans le Nouvel Observateur, j'ai pu lire l'interview du Dr David Servan Schneiber (pas le nom exact en tete, désolée).
Ce qu'il dit a pu m'éclairer sur beaucoup de points sur lesquels je me suis posée beaucoup de questions. Je vous recopie ici l'intégrale du dossier (attention c'est hyper long).


Rejeter la médecine classique? Fustiger les médicaments? Il n’en est pas question… Leur efficacité n’est pas en cause. Mais il y a une évidence que le tout-scientifique avait fini par faire oublier: l’homme n’est pas qu’une machine organique. Il est d’autant plus résistant à la maladie qu’il est bien dans sa tête. C’est ce que les Américains appellent la médecine body-mind, corps-esprit. Avec son best-seller «Guérir», le psychiatre David Servan-Schreiber aura contribué – comme d’autres – à réhabiliter cette approche de la médecine. Dans cet entretien avec Ursula Gauthier, il explique, à partir des découvertes les plus récentes, ce qu’on peut en attendre

Le Nouvel Observateur. – «Sans Freud ni Prozac»: le message de votre livre a fait grincer pas mal de dents au sein de la profession médicale. Aujourd’hui, dans vos conférences, vous allez encore plus loin: vous préconisez le recours aux méthodes douces non seulement face aux troubles de l’humeur, mais aussi dans le traitement de nos maux physiques – maladies cardio-vasculaires, cancers, asthme, sida… Le mental peut-il vraiment tout guérir?
David Servan-Schreiber.– Je ne suis pas en train de vous promettre l’immortalité par la méthode Coué. Je rappelle simplement que des études nombreuses et solides établissent que les malades qui ont «réglé» les traumatismes anciens, qui savent contrôler leurs émotions et garder le goût de vivre, optimisent leurs chances de guérison. Ils vivent statistiquement plus longtemps et dans une meilleure condition physique que si leur esprit était en proie au chaos. Pourquoi? Parce qu’ils donnent à leur système immunitaire toutes les armes dans une mission où il excelle d’ailleurs: la lutte contre les bactéries, les virus, les allergènes et les cellules cancéreuses. Notre organisme est totalement imbriqué avec notre psychisme, et il est aberrant de prétendre soigner les problèmes du premier en mettant le second entre parenthèses.

N. O. – C’est en somme l’inversion du fameux «mens sana in corpore sano». Il faudrait dire: pas de corps sain sans esprit sain?
D. Servan-Schreiber.– Les deux sont vrais, comme l’ont établi les découvertes récentes en neurosciences, endocrinologie ou immunologie. Notez que le français traduit le latin mens (mind, en anglais) par le mot «esprit», qui désigne à la fois le fonctionnement de notre psychisme et une notion centrale de la spiritualité et de la religion (spirit, en anglais). Sans parler des fantômes! Cela explique peut-être pourquoi le corps-esprit est parfois mal compris en France.

N. O. – Comment y avez-vous été sensibilisé?
D. Servan-Schreiber.– J’ai eu la chance, à Pittsburgh, où j’ai longtemps dirigé le service psychiatrique d’un hôpital général, de m’occuper de patients hospitalisés pour des «vraies» maladies (infarctus, cancer, etc.), qui souffraient aussi d’anxiété, de dépression, d’insomnie. Impossible de ne pas remarquer le lien corps-esprit, même si on en parlait très peu à l’époque. Je me souviens particulièrement d’une malade de 65 ans, hospitalisée trois fois en trois semaines. Elle arrivait à chaque fois en proie à une grave crise bronchio-asthmatique. A la troisième admission, comme elle avait été auscultée par tous les spécialistes de l’hôpital, ils se sont dit qu’il devait y avoir autre chose. Ils me l’ont envoyée. J’ai fait mon travail de psychiatre: je lui ai demandé ce qui s’était passé récemment dans sa vie. Elle m’a dit que son mari était mort d’un infarctus – une semaine avant ses premiers étouffements. Elle s’effondre alors en larmes et se met à respirer avec difficulté. Je voyais déjà mes collègues furieux que je l’aie mise dans cet état. J’ai fini par lui faire une séance d’EMDR devant les internes. Je lui ai dit, comme on le fait toujours en EMDR, de suivre les mouvements de ma main pour induire des mouvements oculaires, tout en lui demandant de se concentrer sur ce qu’elle ressentait dans son corps. Je me souviens très bien de cette séance, elle revivait l’instant, dans sa maison, où le visage de son mari était devenu blanc, puis bleu, puis… mort! Elle a soudain poussé un cri, puis elle a dit: «C’est fini, l’image est partie.» Elle respirait normalement, elle était complètement soulagée. Dès qu’elle a réglé son deuil traumatique, son corps a réagi, et ses étouffements ont disparu. Elle n’a plus eu besoin de revenir à l’hôpital.

N. O. – Mais le travail du deuil prend beaucoup plus de temps, non?
D. Servan-Shreiber.– Bien sûr, il lui restait à s’adapter à sa nouvelle vie de veuve. Mais elle avait fait le plus gros en «nettoyant» son traumatisme. Qu’est-ce que le traumatisme, au fond, sinon un deuil qui ne se fait pas? Cela peut perturber les fonctions physiologiques soumises au contrôle de la psyché, c’est le cas de la constriction des bronchioles.

N. O. – Vous ne laissez tout de même pas entendre qu’on peut guérir une maladie lourde par une psychothérapie express...
D. Servan-Schreiber.– Pas du tout. Je voudrais insister sur ce point. Une maladie psychosomatique n’est pas «dans la tête», comme on le croit parfois. Dans l’asthme, la constriction des bronchioles est réelle, due à une disposition héréditaire ou à une fragilité acquise face à des allergènes. On ne peut pas affirmer que les problèmes psychologiques sont à l’origine de cette maladie, mais on sait que le stress joue un rôle fondamental dans le déclenchement des crises: apprendre à contrôler ses émotions peut stimuler formidablement le processus de guérison. J’en parle souvent à des gens qui ont un cancer. On leur dit: c’est parce que vous avez eu un divorce difficile, que vous subissez un harcèlement... Or il n’existe aucune étude démontrant qu’un traumatisme psychologique peut provoquer un cancer. En revanche, il est parfaitement établi que le stress peut entraver sa guérison. Des expériences menées sur les animaux le prouvent. Des souris ont été étudiées, toutes cancéreuses, certaines n’étant pas soignées, les autres recevant la même chimiothérapie, mais une partie d’entre elles étant soumises à un fort stress. Malgré le traitement, les souris stressées mouraient presque aussi rapidement que celles qui n’étaient pas soignées. Il ne s’agit donc pas de prétendre soigner le cancer par une bonne gestion du stress, mais de maximiser l’effet des traitements en apprenant à laisser glisser le stress comme l’eau sur les plumes d’un canard.

N. O. – N’existe-t-il pas des maladies directement causées par des facteurs psychologiques?
D. Servan-Schreiber.– La psychologie peut jouer un rôle prépondérant, mais elle n’est pas seule en cause. Même dans l’ulcère de l’estomac, longtemps considéré par les médecins comme l’affection psychosomatique par excellence: des chercheurs ont identifié au début des années 1980 une bactérie, le Helicobacter pylori, active dans les ulcères, et ils ont d’ailleurs eu le plus grand mal à faire admettre leur découverte par leurs confrères. Alors, qu’est-ce qui cause les ulcères: une bactérie ou l’état émotionnel? La réponse est: les deux, les personnes très stressées étant plus exposées à l’action de la bactérie. Le même schéma vaut pour d’autres maladies.

N. O. – Pour toutes les maladies?
D. Servan-Schreiber.– Non, mais pour beaucoup. Une équipe de recherche de Pittsburgh a fait une étude fascinante sur le rhume. Tout le monde admet qu’on est plus souvent enrhumé quand on est stressé. Pendant cinquante ans, la médecine a questionné la validité de ce rapport. Pour en avoir le cœur net, les chercheurs ont commencé par mesurer, grâce à un questionnaire, le niveau de stress d’un groupe de cobayes. Puis ils les ont enfermés dans un hôtel afin de contrôler tous les paramètres extérieurs. Et enfin ils leur ont injecté dans les narines la même dose de virus du rhume. Résultat: plus les personnes étaient stressées, plus elles étaient sujettes au rhume. Même constat pour une maladie beaucoup plus grave, comme le sida. Une superbe étude, publiée dans la prestigieuse revue «Proceedings of the National Academy of Science», l’établit de façon indiscutable. Chez des patients séropositifs tous traités par la trithérapie, les chercheurs ont mesuré deux paramètres: 1) l’activité de l’adrénaline – hormone du stress par excellence – dans leur corps avant tout traitement; 2) le taux de virus dans le sang. Ils ont constaté que les patients les moins stressés supprimaient quatre fois plus de virus que les autres, tout traitement égal par ailleurs! Résumons: on ne peut pas dire que le rhume, ou le sida, «c’est dans la tête», il existe bien un agent pathogène. Mais sa manière d’agir sur vous est directement liée à votre façon de gérer le stress dans votre existence.

N. O. – Qu’est-ce que le stress au juste? Quand quelqu’un dit: «Je suis stressé», on ne sait pas s’il veut dire qu’il est débordé, fatigué, inquiet, en colère ou simplement triste…
D. Servan-Schreiber. – Il existe une définition physiologique du stress: c’est un état où la tension musculaire, la tension artérielle, le rythme cardiaque et la sécrétion de cortisol et d’adrénaline augmentent sans effort physique. Tous ces paramètres montent aussi en flèche quand vous piquez un sprint: c’est l’effet normal de l’effort physique – qui s’évanouit d’ailleurs dès que l’effort s’arrête. Mais quand ces réactions sont déclenchées par une disposition purement psychologique, et qu’elles ne débouchent sur aucune activité corporelle, c’est le stress. Alors comment savoir si nous stressons (sans connaître notre taux de cortisol)? Il faut se reporter à la définition psychologique: le stress, c’est ce que nous ressentons quand les demandes qui nous sont imposées excèdent notre capacité à faire face. L’exemple type, c’est l’embouteillage: je suis attendu à 8 heures, il est 8 heures moins 5 et je suis bloqué dans la circulation, la mâchoire se serre, le cou et les épaules se tendent, la poitrine se contracte, le cœur accélère… Pour peu qu’on ne sache pas se relâcher, qu’on se laisse envahir par un sentiment d’hostilité, et notre organisme ressemble au moteur d’une voiture qu’on pousserait à fond tout en appuyant sur le frein…

N. O. – Un simple «sentiment d’hostilité»?
D. Servan-Schreiber. – Oui, par exemple les pensées agressives dans une queue de supermarché: quelle crétine, cette caissière qui met trois heures à recharger la bobine de sa machine! Quel abruti, ce type qui est devant moi dans la file réservée à 10 articles, j’ai compté, il en a 11! Voilà typiquement des pensées hostiles. Alors, que faire? Il faut apprendre à lâcher prise. Parce que l’hostilité ravage l’organisme. Des études établissent de façon limpide qu’elle est directement corrélée avec les maladies coronariennes, peut-être autant que le tabagisme!

N. O. – On imagine comment le tabac peut intoxiquer l’organisme, mais l’hostilité?
D. Servan-Schreiber.– Oui, l’hostilité bouche physiquement les artères. Ce n’est pas une métaphore, mais le résultat d’une cascade de réactions. Les pensées hostiles déclenchent dans le corps une hypersécrétion de cortisol et d’adrénaline. L’afflux de ces hormones provoque un état inflammatoire par la stimulation des cytokines et des facteurs de coagulation du sang, qui à son tour contribue au développement des plaques d’athérome sur les parois des vaisseaux. Pour peu que cette situation s’installe, et la thrombose menace. Mais tout cela a une profonde justification biologique: la réaction d’hostilité est indispensable à la survie, car elle prépare le corps au combat ou à la fuite face au danger. L’adrénaline renforce la vigilance, la tension artérielle fournit en oxygène les grands groupes musculaires, la coagulabilité du sang limite les saignements en cas de blessure. Quand il s’agissait de chasser le bison ou d’échapper à un tigre aux dents de sabre, ces réactions faisaient merveille. L’énergie accumulée par l’organisme se dépensait rapidement dans l’action physique. C’est une des raisons pour lesquelles un minimum d’exercice physique est recommandé aux personnes qui maîtrisent mal leur hostilité, ou aux malades ayant des problèmes cardio-vasculaires: il faut dissiper le stress.

N. O. – Si on peut contrôler l’expression de l’agressivité – l’éducation, les bonnes manières nous y poussent – on ne peut pas toujours éviter de ressentir de la colère…
D. Servan-Schreiber.– La colère ne se confond pas avec l’hostilité. Le meilleur résumé d’une attitude saine face aux aspérités incompressibles de la vie est la célèbre «prière» des Alcooliques anonymes, inspirée des stoïciens: «Seigneur, donnez-moi le courage de changer ce que je peux, la sérénité d’accepter ce que je ne peux pas changer, et la sagesse de savoir faire la différence entre les deux.» C’est la clé de l’existence, et c’est ce qui fait défaut aux personnalités hostiles. Bien avant les psychologues, les cardiologues ont été les premiers à repérer les personnalités les plus exposées à l’infarctus. Souvent ambitieuses et actives, elles sont caractérisées par l’agressivité, l’impatience et le besoin de dominer la situation. En affinant les recherches, on s’est aperçu que le facteur hostilité est de loin le plus corrélé avec les cardiopathies – qui sont la première cause de mortalité en Occident. Mais voilà, votre médecin vous dira volontiers d’arrêter de fumer, il vous dira plus rarement d’arrêter d’être hostile. Les résultats ont beau être concluants, la plupart des professionnels de la santé ne les ont pas intégrés dans leur pratique.

N. O. – Pourquoi?
D. Servan-Schreiber. – Peut-être parce que cela relève encore du mystère. Le corps-esprit a longtemps été le domaine des chamans, des guérisseurs, voire de la folie, puisqu’à l’époque de Charcot on observait couramment des hystériques capables de «simuler» toutes les caractéristiques physiologiques des maladies graves. Ces phénomènes étaient synonymes de démence ou de magie, et il nous en reste des traces aujourd’hui. Il n’y a pourtant rien d’occulte dans notre fonctionnement psychocorporel.

N. O. – Où se situe le pont qui les relie?
D. Servan-Schreiber. – Descartes, qui opposait l’esprit au corps, pensait qu’ils communiquaient tout de même à travers un point très précis du cerveau: la glande pinéale. La recherche a donné tort à Descartes et raison à Spinoza, qui voyait le corps et l’esprit comme deux manifestations d’une seule et même entité. Nous savons aujourd’hui que l’organisme entier dialogue avec l’esprit, à travers le cerveau émotionnel: celui-ci pilote le système nerveux autonome et par ce biais contrôle toutes les fonctions viscérales; de plus il commande le système hormonal par ses sécrétions qui transitent via le système nerveux central; et nous savons maintenant qu’il communique aussi avec le système immunitaire, et même que ce dernier lui répond…

N. O. – Comment ça se passe?
D. Servan-Schreiber.– Je viens de décrire l’action du stress sur la fabrication d’athérome. Mais il y a aussi les effets sur le système immunitaire. Depuis les premières expériences dans les années 1970, nous avons finalement appris que les «cellules naturelles tueuses» réagissaient aux émotions! Rappelons que ces cellules sont les gardiennes féroces de notre intégrité. Elles foncent sur toute anomalie dès qu’elle apparaît dans l’organisme – bactérie, toxine, cellule cancéreuse –, fusionnent avec elle et la «digèrent» littéralement. Quelle surprise quand on a découvert que ces guerrières possédaient sur leur surface des récepteurs spécifiques pour capter des substances que l’on croyait réservées au cerveau: les neurotransmetteurs, véhicules de l’émotion. Résultat: à chaque fois que nous ressentons une émotion, celle-ci influe directement sur le comportement de notre système immunitaire. Le plus extraordinaire, c’est que les cellules tueuses ne se contentent pas de «recevoir» la chimie des émotions. Elles émettent d’autres substances qui remontent vers le cerveau et agissent à leur tour sur le psychisme!

N. O. – Elles sécrètent des neurotransmetteurs?
D. Servan-Schreiber.– Une classe particulière appelée «neuropeptides». A la différence des grands neurotransmetteurs (dopamine, sérotonine, etc.), produits principalement dans le cerveau, les neuropeptides, eux, sont sécrétés par toutes les cellules du corps. Il en existe des dizaines. Il a fallu une nouvelle génération de chercheurs et d’outils pour les voir et les comprendre. Parmi les plus célèbres, les opioïdes – ces endorphines sécrétées par nos cellules qui agissent comme la morphine. Ils ont été identifiés il y a vingt-cinq ans par Candace Pert, une scientifique de grand renom. Dans son livre «Molecules of Emotion», elle écrit cette phrase extraordinaire: «Votre esprit (mind) est dans chaque cellule de votre corps.» Croire que l’activité psychique se résume au fonctionnement cérébral est aujourd’hui une idée totalement obsolète.

N. O. – Il faut s’entendre alors sur ce fameux «mind». Est-ce que la pensée, par exemple, siège ailleurs que dans le cerveau?
D. Servan-Schreiber.– Oui et non. Disons, pour simplifier, que la pensée a son siège dans la boîte crânienne où on peut la «visualiser» grâce aux techniques d’imagerie cérébrale. Mais les neurones qui lui servent de support sont influencés par les états du corps, leur activité est modulée par les messages chimiques émis par les cellules immunitaires comme par celles du cœur ou de l’intestin. L’éminent neuroscientifique Antonio Damasio l’explique très bien dans «Spinoza avait raison», la conscience elle-même est à la fois un état du corps et un état du cerveau. Nous ne pourrions être conscients de rien si nous n’étions qu’un cerveau. Pour en revenir aux neuropeptides, ces découvertes nous amènent à élargir considérablement notre conception des interactions corps-esprit. Prenez l’ocytocine. C’est un tout petit peptide, dont le nom signifie en grec «qui procure un accouchement rapide». On pensait qu’il servait principalement à déclencher les contractions de l’utérus puis la production de lait. Voici qu’on découvre qu’il joue un rôle considérable dans l’attachement émotionnel – ainsi que dans l’orgasme! C’est parfaitement «logique» du point de vue de l’évolution: allaiter fait mal, oblige à se relever la nuit, c’est donc «normal» que l’évolution ait mis dans le même package ce qui amène le lait dans le sein et ce qui provoque une émotion de dévouement pour son bébé. Le fait que ce peptide donne aussi l’orgasme signifie que le même mécanisme physiologique est à l’œuvre dans l’attachement émotionnel comme dans le plaisir sexuel.

N. O. – Oui, chez la femme…
D. Servan-Schreiber.– Les hommes ont peut-être l’équivalent, si on en croit une étude captivante menée chez les campagnols. Il s’agit d’un autre petit peptide, la vasopressine, dont on a longtemps cru qu’il servait seulement à réduire l’excrétion urinaire. Eh bien, on s’est aperçu que chez le campagnol des vallées une abondance de récepteurs pour ce peptide générait un comportement de bon père de famille, fidèle, casanier, dévoué. Alors que chez le campagnol des montagnes, leur relative rareté correspondait à un comportement de coureur, de mauvais père et de nomade! Un seul gène distingue les deux espèces de campagnols, et c’est celui qui code la sécrétion de vasopressine. Autrement dit, comme l’ocytocine, la vasopressine détermine une foule d’effets à la fois physiques et psycho-comportementaux. Il n’y a même plus de «pont» entre le psycho et le physio: ils sont confondus dans un seul et même substrat.

N. O. – Si je vous comprends bien, on va bientôt être capables de mesurer (un petit test de vasopressine!) la capacité des messieurs au mariage?
D. Servan-Schreiber.– Ou bien leur mettre un peu de vasopressine dans le café du matin? Le problème, c’est qu’ils ne pourraient plus faire pipi… En tout cas, les neuropeptides jouent sur le corps et sur l’esprit. En stimulant le sein, la tétée provoque à la fois la montée de lait et la libération d’ocytocine dans le corps-esprit de la mère. Et d’ailleurs, comme on l’observe couramment dans les maternités, les mères trop stressées n’ont pas de lait. Même constatation pour les problèmes de fertilité – qui toucheraient 30% des femmes. Des études démontrent que la pratique d’une méthode de gestion du stress multiplie par deux ou trois la probabilité de tomber enceinte! De même, des techniques simples de relaxation permettent, lors d’une chirurgie, de réduire les saignements de moitié! On ne compte plus les domaines a priori étrangers au psychisme, et qui se révèlent finalement profondément déterminés par la dimension psychologique.

N. O. – Alors, que l’on veuille tomber enceinte, éviter l’infarctus, le rhume, l’ulcère de l’estomac, lutter contre le cancer, l’asthme ou le sida, vous dites: «Sachez gérer votre stress»?
D. Servan-Schreiber.– Certainement. Toutes les méthodes antistress sont utiles, à commencer par les plus traditionnelles comme le yoga et la méditation. Là encore, les cardiologues ont été les pionniers. Au milieu des années 1970, le plus célèbre d’entre eux, Dean Ornish, intègre le yoga au traitement de ses malades. On se paie sa tête pendant vingt ans, mais en 1996, il publie dans le prestigieux «Journal of the American Medical Association» un article montrant que les patients qui suivent son programme (méditer ou faire du yoga, manger végétarien, participer à un groupe de parole, faire de l’exercice et arrêter le tabac) «nettoient leurs artères». Et c’est une véritable révolution. Car on peut diminuer les plaques d’athérome par voie chimique, les écraser avec un ballonnet, faire des pontages pour les contourner, réduire la coagulabilité du sang, injecter des drogues pour liquéfier les caillots: les progrès de la médecine sont extraordinaires, mais c’est de la plomberie, on débouche, en attendant que ça se rebouche. On ne sait pas comment ralentir sérieusement l’évolution de la maladie, encore moins faire disparaître les plaques d’athérome. Ornish le fait grâce à des méthodes purement psychocomportementales, résultats vérifiés par scanner à l’azote 13. Ce qui est déterminant dans ces guérisons, c’est la méditation et le groupe de parole. Des études ultérieures ont été menées chez des patients qui risquent des attaques cérébrales parce que leurs carotides sont pleines d’athérome. C’est à peine croyable: les plaques ont commencé à fondre après seulement six mois de méditation!

N. O. – On entend déjà l’objection: «Vive l’effet placebo!»
D. Servan-Schreiber.– Il y a deux réponses ici: sur la méditation et sur le placebo. La méditation n’est pas un placebo, puisqu’elle a été testée par rapport à l’effet d’une autre intervention. Comment agit-elle? Elle réduit la sécrétion de cortisol et d’adrénaline (responsables de l’accumulation d’athérome), c’est-à-dire qu’elle agit à la fois sur l’hostilité et sur l’athérosclérose. Elle exerce aussi une action sur le système immunitaire, par le biais de la chimie émotionnelle: une étude a montré que parmi les individus qui ont reçu la même quantité de vaccin de la grippe, les méditants fabriquent plus d’anticorps que les non-méditants. Une autre étude prouve qu’elle renforce l’action de la lampe à ultraviolets sur le psoriasis: ceux qui méditent pendant les séances guérissent quatre fois plus vite que les autres! L’action de la méditation sur la physiologie ne fait plus aucun doute. C’est aussi le cas, soit dit en passant, d’autres thérapeutiques comme l’acupuncture et la phytothérapie, qu’on assimilait, à l’époque de mes études, à l’effet placebo. Or on a prouvé qu’elles sont actives sur les animaux comme sur les humains, même si leur efficacité est amplifiée chez ces derniers par un «facteur culturel».

N. O. – Venons-en à la validité de l’effet placebo. Pour beaucoup, «placebo» égale «bidon»…
D. Servan-Schreiber.– C’est tout sauf bidon. Toutes les interventions médicales quelles qu’elles soient ont été contrôlées précisément par placebo. Il existe un million de ces études. Que peut-on en conclure? Qu’à chaque fois qu’on l’utilise on obtient un résultat – pas toujours aussi bon que celui de la molécule testée, bien entendu! Mais cette masse phénoménale de données prouve que la relation corps-esprit est toujours présente dans la guérison, et bien souvent de façon essentielle.

N. O. – Y compris chez les rationalistes les plus endurcis?
D. Servan-Schreiber.– Les rationalistes se fient aussi à leur médecin. Or plus un médecin croit à l’efficacité d’un traitement et plus celui-ci marche. Si c’était vrai seulement sur la dépression, on parlerait d’un effet esprit-esprit. Or ça marche aussi sur la tension artérielle, l’asthme, les maladies coronariennes, les infections, les maladies de peau, la maladie d’Alzheimer, et même parfois sur le cancer – attention: pas tous les cancers, et pas pour tous les patients. Mais il existe des cas parfaitement documentés comme celui de ce malade dont la tumeur avait littéralement disparu après un traitement expérimental, puis était réapparue quand il avait appris que le traitement n’avait pas été validé, pour redisparaître à nouveau quand on lui avait injecté un prétendu «sérum amélioré»… L’effet placebo n’est rien d’autre qu’une manifestation de la capacité innée de l’organisme à mettre en branle les mécanismes d’auto-guérison et rétablir son homéostasie. C’est peut-être le nom secret de la santé, son inconscient en somme. Et c’est ce qui renforce à notre insu l’effet bénéfique de tous les gestes médicaux, des plus «doux» aux plus technologiques.

N. O. – Même la chirurgie?
D. Servan-Schreiber.– Surtout la chirurgie! A cause de son apparat inégalé. En 2001, une étude placebo a été autorisée sur la chirurgie arthroscopique du genou au Texas, et publiée dans le «New England Journal of Medicine». Il s’agit d’une intervention très coûteuse qui consiste à introduire un endoscope dans l’articulation afin de nettoyer les débris de cartilage à l’origine de la douleur. L’acte placebo, qui s’est contenté d’introduire l’endoscope puis de le retirer, a obtenu exactement les mêmes résultats qu’une chirurgie considérée comme le traitement de choix pendant des années! De toute évidence, c’est le corps-esprit, impressionné par une superbe mise en scène, qui a fait le travail. Formidable effet placebo, et la médecine ferait mieux de l’utiliser plutôt que de s’en défier.

N. O. – A-t-on une idée de son mode d’action?
D. Servan-Schreiber.– Le placebo met sans doute en branle un dispositif physiologique fascinant, qui a été décrit par Herbert Benson, grand cardiologue de Harvard, dans «The Relaxation Response». Il démontre que, parallèlement à la réaction de stress, l’organisme en connaît une autre, la réaction de relaxation, où tous les paramètres s’inversent: la tension artérielle et musculaire se relâche, le rythme cardiaque ralentit, les hormones «calmantes» sont sécrétées, etc. Un médecin qui croit à ses médications – c’est généralement le cas – et surtout qui sait induire cette réaction apaisante chez son patient déclenche sans le savoir l’effet placebo. Des études le prouvent désormais, et les médecins en ont pris conscience – même si ce n’est pas encore enseigné en faculté de médecine.

N. O. – Disons alors oui aux médecines douces sans dire non aux médecins?
D. Servan-Schreiber.– Exactement. L’accouchement est un excellent exemple: ce n’est pas une maladie, et pourtant nous l’avons médicalisé à outrance. Or de nombreuses études montrent que lorsque les femmes se prennent en charge et qu’elles sont assistées par une sage-femme formée aux techniques naturelles, tout va mieux et plus vite pour la mère comme pour l’enfant, le recours aux analgésiques est divisé par deux, ainsi que les césariennes! Cela ne veut pas dire qu’il faut exclure l’obstétricien, seul à même de traiter les complications graves. Il en va de même pour les problèmes de santé les plus courants en Occident auxquels correspondent les médicaments les plus prescrits: douleurs, ulcère et brûlures d’estomac, hypertension artérielle, asthme, dépression, anxiété, allergies… On les soignera mieux si on conjugue la chimie aux méthodes corps-esprit. La moitié des facultés de médecine américaines incluent désormais un enseignement à ce sujet. Quant à la France, je ne connais pas de pays où les médecins soient plus ouverts à ces approches. C’est un mouvement historique qui signale la fin d’un processus séculaire caractérisé par le réductionnisme. Le nouveau siècle s’achemine vers une synthèse des différentes médecines sous le signe du corps-esprit.

Propos recueillis par Ursula Gauthier

Pour ou contre DSS

Le titre de son livre «Guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse» en a fait sursauter plus d’un, en particulier les disciples de Freud. «La psychanalyse ne s’est pas suffisamment attachée à faire la preuve de son efficacité», écrit en effet David Servan-Schreiber. Réaction des intéressés en forme de retour à l’envoyeur: ces méthodes naturelles ne tiennent pas lieu de travail sur soi et ne sont que des «illusions scientistes à la mode outre-Atlantique».
«Pas assez scientifiques au contraire», estiment les défenseurs des médications chimiques, malgré les 35 pages de références que l’auteur de «Guérir» invoque à l’appui de ses conseils. Il est vrai que ce dernier ne mâche pas ses critiques face à la surconsommation de psychotropes qui est devenue une spécialité française.
Quant à la plupart des psychiatres, s’ils ne contestent pas l’effet bénéfique des méthodes douces, ils s’inquiètent d’une possible dérive qui consisterait à croire que l’on peut soigner des affections graves grâce à la méditation, au jardinage ou aux oméga 3. L’auteur se défend d’avoir voulu transmettre un tel message: il veut seulement se faire l’avocat d’une «médecine écologique qui respecte le corps et l’esprit».
Créée précisément pour produire ces fameux oméga 3 selon une formule qui n’était pas disponible en France, la fondation de la société Isodis Natura a ravivé les critiques: en effet, Servan-Schreiber détient 10% des parts et préside son comité scientifique. D’autant que le succès de «Guérir» a déclenché un engouement sans précédent pour ces compléments alimentaires et assuré le décollage fulgurant de sa marque. On s’interroge sur la légalité du procédé. Le Conseil de l’Ordre, contacté par nos soins, répond que le professeur Servan-Schreiber n’enfreint en rien le code de déontologie. Plus fondamentalement on questionne la validité du traitement. Si personne ne conteste l’effet bénéfique des oméga 3 sur les maladies cardio-vasculaires, leur utilité face aux troubles de l’humeur suscite des réserves. Pour ou contre les «pilules du bonheur», le débat s’étale dans la presse, qui détaille les résultats scientifiques disponibles. En tout cas, les oméga 3 n’étant pas brevetables (ce sont des substances naturelles), la France est passée du déficit à l’embarras du choix, puisque quatre laboratoires pharmaceutiques les proposent désormais. Quant à la validité de l’approche de David Servan-Schreiber, elle n’a pas fini de susciter les passions… !


Etre utile à autrui

Sous le titre «A General Theory of Love» (« Une théorie générale de l’amour ») (1), trois psychiatres de l’Université de San Francisco ont détaillé l’influence de nos rapports affectifs sur notre état de santé. A l’origine de ce lien, il y a un dispositif génétique commun à tous les mammifères – le système limbique, qui a son siège dans le cerveau – et qui nous rend naturellement sensibles aux besoins des enfants. L’humanité – ne serait-ce que pour assurer sa survie – serait ainsi génétiquement constituée de papas et de mamans poules. «L’amour est pour nous un besoin biologique, explique David Servan-Schreiber, au même titre que l’air, la nourriture ou la protection contre le froid.» Qu’il vienne à manquer, et les bébés ont du mal à maintenir leur température, à se protéger contre les infections, voire à grandir. Il en va de même chez les adultes. Mieux vaut être fumeur, hypertendu ou stressé que de ne pas être aimé par sa femme! C’est une très sérieuse étude sur l’incidence de l’ulcère qui le montre. Mieux: d’autres travaux prouvent que les activités bénévoles favorisent plus la longévité qu’un faible taux de cholestérol! Notre cerveau émotionnel recherche le plaisir d’être en connexion, utile à autrui: s’investir dans une association culturelle, une activité caritative ou simplement une chorale ou un club de foot, c’est le nourrir. «Message aux misanthropes et aux cyniques, résume David Servan-Schreiber, attention à votre santé!»U. G.

(1) «A General Theory of Love», Random House, New York, 2000.


S’entraîner à la méditation

Comment la méditation réussit-elle à vaincre le stress? Par le petit écart qu’elle installe entre nous et notre vécu. Ainsi mis à distance, le chaos émotionnel «pédale dans le vide» et avec le temps la perturbation s’émousse. Dean Ornish, le premier cardiologue à l’avoir introduite dans le traitement des malades coronariens, l’avait découverte dans sa jeunesse avec le yoga et le zen mis à la mode par la contre-culture. David Servan-Schreiber préconise, lui, la «méditation d’attention» (mindfulness, en anglais).
Asseyez-vous. Tenez le dos, le cou et la tête droits mais pas tendus, afin de faciliter le va-et-vient de la respiration. Concentrez-vous sur la sensation de l’air qui entre et sort par vos narines. N’essayez pas de contrôler votre souffle, contentez-vous de l’observer.
Votre attention dérive. C’est normal. Observez simplement les pensées ou les distractions qui vous traversent l’esprit, sans vous y arrêter. Puis concentrez de nouveau votre attention sur votre respiration. Le tout avec douceur. Exemple: un souci professionnel vous passe par la tête. Qualifiez-le juste de «souci» et laissez-le passer. A chaque nouvelle distraction, faites la même chose et revenez à votre respiration.
Ne vous préoccupez pas de l’objectif de cet exercice. Familiarisez-vous avec ce qui se passe dans votre esprit et votre corps à chaque instant. Il s’agit seulement de créer une suite de ces moments de présence à soi, respiration après respiration.
Cinq minutes par jour pour Publicité

commencer. Au bout de quelque temps, on ne peut plus s’en passer, affirment les méditants assidus.
«Bien qu’elle soit empruntée à une technique bouddhiste, précise David Servan-Schreiber, la méditation d’attention est un entraînement mental – que l’on retrouve dans le yoga et les arts martiaux – parfaitement compatible avec une autre religion comme avec une philosophie laïque.» Le secret de son efficacité? «Pendant qu’on médite, on vit l’instant tel qu’il est, sans lui coller une étiquette ni s’inquiéter de l’instant suivant. La réaction de relaxation se produit alors automatiquement. Le présent est en lui-même confortable.»

Participer à un groupe de parole

Combinée avec une méthode de relaxation, la participation à un groupe de parole s’est révélée bénéfique sur les affections cardio-vasculaires comme sur l’asthme. Ici le facteur décisif est la représentation que le malade se fait de lui-même et de sa maladie – qui déterminent à leur tour sa capacité à mobiliser ses mécanismes d’autoguérison. Se voit-il comme un individu faible, isolé et voué à l’échec face au mal? Ou comme un homme armé et plein de ressources? L’idée que chacun se fait de soi-même dépendant largement du regard d’autrui, le groupe thérapeutique est un lieu protégé, profondément solidaire, où chacun peut «remettre en jeu» ses identifications négatives. Soutenus par le groupe, encouragés par l’exemple, les participants s’autorisent l’expression émotionnelle la plus intime – peur, colère, découragement et aussi fierté, gratitude, vaillance. Cette véritable catharsis permet de changer de regard sur soi-même. «Etant donné son efficacité, la participation à des groupes de parole devrait être proposée dans tous les hôpitaux et après chaque hospitalisation, estime David Servan-Schreiber, même si leur organisation pose en pratique plus de problèmes que la consultation classique.»

Les charlatans et les autres, selon DSS

«Les très bons chamans ou guérisseurs (ils ne le sont pas tous…) savent à la perfection mobiliser les ressources du corps-esprit chez leurs patients. Et parfois le "mal" cède – comme il cède un millier de fois par jour, à notre insu, grâce aux "bazookas naturels" que sont nos cellules immunitaires dopées par notre envie de vivre. On traite ces gens de charlatans parce qu’ils usent de méthodes extérieures au consensus médical, en oubliant un peu vite que toute découverte commence par définition par sortir du moule.
A quoi reconnaît-on alors les charlatans? On est dans le charlatanisme quand le coût est hors de proportion par rapport au bénéfice escompté – en honoraires (parfois exorbitants) et en effets secondaires, comme dans le cas de plantes médicinales dangereuses. La médecine n’est pas non plus à l’abri, mais Dieu sait qu’on a vu des dérapages de la phytothérapie, comme cette clinique en Belgique qui traitait l’obésité par des herbes chinoises – frelatées ou mal adaptées – qui ont parfois conduit des patients à l’insuffisance rénale. La pire forme de charlatanisme, et la plus fréquente, consiste à proposer à un patient gravement atteint un soin inefficace, fût-il sans effet secondaire, à la place d’un traitement médical qui a fait ses preuves. C’est criminel, et chacun devrait se méfier des praticiens alternatifs qui tournent le dos à la médecine classique et décrètent: "Refusez les antibiotiques, la radiothérapie, la chimiothérapie, c’est mauvais." Il en existe heureusement qui travaillent la main dans la main avec les médecins – je pense à de nombreux ostéopathes, kinés, nutritionnistes et sages-femmes.»


Donc ce que dit SS n'est pas toujours parfaitement exact, mais au moins il y a quand meme des éléments très justes dans ce qu'il dit.
Est-ce que maintenant une femme enceinte stressée peut faire un enfant handicapé, ça c'est beaucoup moins sur....

Giulia

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Merlin (362 messages) Envoyer message email à: Merlin Envoyer message privé à: Merlin Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-10-04, 17:31  (GMT)
6. "RE: Handicap physique et psy"
Bonjour Giulia,

tout d'abord, je ne suis pas médecin.

Je serais vous, je prendrais les propos de M. Servan-Schreiber avec des pincettes.

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Irleana (1200 messages) Envoyer message email à: Irleana Envoyer message privé à: Irleana Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-10-04, 22:39  (GMT)
10. "RE: Handicap physique et psy"
Modifié le 17-10-04 à 22:57  (GMT)


Bonsoir à tous

>Je serais vous, je prendrais les propos de M. Servan-Schreiber avec
>des pincettes.

Eh oui au risque de prendre ses jambes à son cou


Un handicap physique et psy..
Voilà un post très intéressant qui permet toute fois de tirer quelques brèves conclusions.. Outre les notes peu recommandables de M. Servan-Schreiber, il est vrai que Guilia pose ici un réel problème.

Pour moi, je pense qu’une faiblesse préexistante psychologique sera la porte ouvert d’un conflit, d’un trouble psy, si un handicap, une maladie physique est incorrectement traitée, déniée ou tout simplement refusée.
Mais cette analogie s'arrête là..
Autrement gare aux dérapages..
Personnellement , j’étais encore jeune adulte lorsque je fus moi aussi confrontée à une maladie devenue chronique. J’avais un peu plus de 16 ans, lorsque ma vie bascula. A seize ans, on est jeune et insouciant de l’avenir… Et puis un beau jour le cercle s’est arrêté de tourner…il a fallu rester en surface de l’eau et non pas se laisser submerger. Le "terrain physique" s’est vite additionné d’un "terrain psychologique" où je ne supportais plus l’image qui m’était offerte. Au lycée, le cercle amical, familial s’est subitement rétrécie comme effrayée non de ma personne, mais de ma maladie. Le proviseur du lycée a eu une phrase très belle c’est ironique)
« C'est une bonne élève, mais comprenez bien que nous ne pouvons l'accepter.Elle se met en danger elle, et notre établissement. »
Ailleurs j’entendais« Ah, oui, elle ne finira pas l'année…Croyez-moi!
On la ramassera à la petite cuillère...Elle finira entre quatre planches »

Détruite, brisée je l’ai été. Humiliée pareillement.
Alors je suis restée déscolarisée 6 mois…J’ai bien essayé de retourner en mars au lycée…Ce qui s’est conclue par une hospitalisation forcée et totalement injustifiée.Ëtre à tort victime d’un faux diagnostic, être humiliée une semaine durant puisque j’ »tais sensée me faire vomir :être exclue du lycée, tout cela contribua à la petite goutte d’eau qui fit déborder le vase et m’amena lentement mais sûrement vers la T .S.
Bref, cette fois je m’en sortis sans séquelles. Et je réintégrai un lycée en novembre…après avoir débuté Guilia le bac français seule à la maison..
La deuxième cerise sur le gâteau ce fut en 2003, l’année de ma licence..
Charmant cadeau que cette année là que de me coller une affiche rouge à mon nom « Pour Mlle …En cas de malaise, apellez le 18 »
Le flot de paroles était toujours aussi rassurant…Un rapport interne par le biais d’une charmante médecin scolaire et d’un technicien d’hygiène & sécurité assorti dossier de procédure d’exclusion..me fit sombrer en février peu à peu et définitivement dans la spirale d’un TCA.
Manger, ne plus manger.Pleurer, ne plus pleurer.Avoir honte de la fourgonnette rouge qui est venu vous escorte aux Urgences..Avoir honte face à mes amies, à mes parents , face, face (….), face à ma vie.
Je ne pouvais rien faire, rien, sinon la menace pesait.. « Tu ne mettras plus jamais les pieds ici, à la fac »…Alors,, je venais deux heures par jour à la B.U ; lisait et repartait à 80% des cas le ventre vide..Chose qui ne m’était JAMAIS arrivée auparavant…J’étais tout simplement incapable de sauter un seul repas…Et bien là..1,71cm et 43kg…41..39..38,5…37…
Trou noir et Urgences, perf et sommeil…36 ….37…37,5 et sortie de l’hôpital.
Contre avis médical. Les médecins m’avaient accordaient bien peu de chance. Cela avait été très loin, en effet, et finalement je me suis relevée seule.
J’ai refusé tout soutien psy et peu à peu j’ai sombré.
J’ai tout d’abord repris et gagné quelques kilos en plus par une boulimie positive..qui est devenue négative..
La première boulimie négative remonte à la mi-août 2003 avec une prise excessive de magnésium..Un an après, en août 2004 de peur d’être de nouveau submergée, j’ai débuté un suivi…Par prudence, par confiance je ne sais encore, mais là depuis deux mois, j’ai franchi cette étape. Et ce qui m'a réellement perturbée, sans le reconnaître totalement…C’est cette emprise de vie et de non vie.Je me dis que j’ai été capable du meilleur et du pire. De vivre et de mourir.Aussi étrange que cela puisse paraître.Mais Peu à peu j’ai pris conscience de la réalité des comportements auto-destructeurs boulimie-ano/ ano-boulimie qui alternent désormais…et conduites adductives entre diminution de sommeil, restrictions , privations, hyperphagie et prises de laxatifs.


Apprendre un beau jour que vous êtes malade et devoir recadrer sa vie, est loin d’être simple.Alors, on taille un peu, mais la repousse est toujours plus verte.Lorsque la maladie nous amène a fréquenter l'hôpital.
On se rend vite compte que cette vie à est complètement différente de la vie sociale. Les horaires, les gens qu'on croise, l'occupation, le soin que l'on t'apporte... ce qui fait que même si seules quelques journées sont seulement passées on se sent tout de même plus menacé par l'extérieur une fois sorti.Il faut dire qu’à l’université, nous sommes servis….
J’ai appris que ma voisine asthmatique est devenue hyperphage depuis qu’elle est à la fac.
Dans l’asthme, la constriction des bronchioles est réelle, due à une disposition héréditaire ou à une fragilité acquise face à des allergènes. On ne peut pas affirmer que les problèmes psychologiques sont à l’origine de cette maladie, mais on sait que le stress joue un rôle fondamental dans le déclenchement des crises: apprendre à contrôler ses émotions peut stimuler formidablement le processus de guérison.
Tiens j’aurais du lui citer ce M. Servan-Schreiber
Elle aurait sans nul doute apprécié « On ne peut pas affirmer que les problèmes psychologiques sont à l’origine de cette maladie »
Une autre étudiante de licence a déclenché une phobie scolaire…
Un ami proche diabétique a déclenché en deuxième année, une phobie sociale…
Une sourde a arrêté son deug….Une hémiplégique a rendu son dossier
Je ne dis pas que tout cela est intimement lié…Mais une fragilité initiale renforcée par la venue d’un problème physiologique, par un regard neuf et observateur met mal à l’aise.
Une fragilité psychologique initiale, renforcée par une faiblesse physiologique est la porte ouvert d’un conflit, avec qoi-même ,avec les autres. Un déni , un mal-être qui peu à peu vient se somatiser en trouble psy.Cet ami proche m’a beaucoup appris.Lorsque la souffrance remplace la parole, lorsque la maladie devient l’occasion de non-dits. Mais je le répète, les analogies s'arrêtent là.
La famille est peut-être un peu angoissée, elle-aussi. Mais il reste essentiel de ne pas se sentir fautif de quoi que ce soit. Les proches reçoivent ainsi cet état peut--être parce qu'ils se sentent responsables, parce qu'ils se sentent inaptes à le guérir.
Mes parents, ont mal réagi, un mélange d’étonnement et de rejet….
Lorsqu’ils ont appris que c’était sérieux, c'était une sorte de défense, comme si c'était eux qui me l'avait donné, ils s'en voulaient, ce qui est une erreur totale. J'en ai souffert aussi. Au fil du temps la relation s'est améliorée parce qu'on se rendait compte que la maladie ne venait pas d'eux, et qu'ils n'y pouvaient rien, et moi non plus d'ailleurs. Personne n'a le pouvoir de donner des maladies, l'homme ne peut que les recevoir. Se disputer souvent ne peut qu'affaiblir, c'est loin de guérir.
Pour cet ami, c’était pareil…

C'est effrayant de voir comme les problèmes de l’un peuvent affecter à ce point la famille entière. Et même lorsqu'on garde le silence, il y a le non-dit qui sourd, comme la mer le soir. Ou comme l'eau elle-même. On lance un caillou dans l'eau, et les ondes se propagent au-delà d'une certaine frontière. Mais ce sont toujours les mêmes ondes.Mon petit ami je l’ai rencontré en août à peine à 41 kg…J’étais encore plus que fragile…Et pourtant je n’étais plus la même. Du reste c'est vrai, que l’épreuve traversée (maladie et descente alarmante l’année dernière) m’ont fait un peu plus grandir, mûrir. Accepter et voir la vie autrement.C’est lui qui m’a appris qu’il était possible d’aimer autrement…

Ils vivent statistiquement plus longtemps et dans une meilleure condition physique que si leur esprit était en proie au chaos. Pourquoi? Parce qu’ils donnent à leur système immunitaire toutes les armes dans une mission où il excelle d’ailleurs: la lutte contre les bactéries, les virus, les allergènes et les cellules cancéreuses.J’en parle souvent à des gens qui ont un cancer. On leur dit: c’est parce que vous avez eu un divorce difficile, que vous subissez un harcèlement...
Comment peut-il tenir de telles inepties ?
Sait-il au moins ce que le cancer signifie ?
Bien sûr, il lui restait à s’adapter à sa nouvelle vie de veuve. Mais elle avait fait le plus gros en «nettoyant» son traumatisme. Qu’est-ce que le traumatisme, au fond, sinon un deuil qui ne se fait pas? Cela peut perturber les fonctions physiologiques soumises au contrôle de la psyché, c’est le cas de la constriction des bronchioles.
Comment peut-il oser comparer un deuil à la « constriction des bronchioles »…Nettoyer un traumatisme en une séance… Et ops, baguette magique on oublie tout !!
Il me fait rire ce M. Servan-Schreiber…
Tenez un placebo en chirurgie….
Surtout la chirurgie! A cause de son apparat inégalé. En 2001, une étude placebo a été autorisée sur la chirurgie arthroscopique du genou au Texas, et publiée dans le «New England Journal of Medicine». Il s’agit d’une intervention très coûteuse qui consiste à introduire un endoscope dans l’articulation afin de nettoyer les débris de cartilage à l’origine de la douleur. L’acte placebo, qui s’est contenté d’introduire l’endoscope puis de le retirer, a obtenu exactement les mêmes résultats qu’une chirurgie considérée comme le traitement de choix pendant des années! De toute évidence, c’est le corps-esprit, impressionné par une superbe mise en scène, qui a fait le travail. Formidable effet placebo, et la médecine ferait mieux de l’utiliser plutôt que de s’en défier.
Non, mais pour qui il se prend celui-là ? Il fait comment pour les appendicites..en placebo et les péritonites?


Merci Merlin
>Je serais vous, je prendrais les propos de M. Servan-Schreiber avec
>des pincettes.

souris effrayé

Eh oui au risque de prendre ses jambes à son cou

Je vais suivre tes conseils....

Cordialement
Bonne soirée


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Irleana (1200 messages) Envoyer message email à: Irleana Envoyer message privé à: Irleana Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-10-04, 22:48  (GMT)
11. "RE: Handicap physique et psy"
Modifié le 17-10-04 à 22:54  (GMT)

Rebonsoir!

Un simple «sentiment d’hostilité»?
D. Servan-Schreiber. – Oui, par exemple les pensées agressives dans une queue de supermarché: quelle crétine, cette caissière qui met trois heures à recharger la bobine de sa machine! Quel abruti, ce type qui est devant moi dans la file réservée à 10 articles, j’ai compté, il en a 11! Voilà typiquement des pensées hostiles. Alors, que faire? Il faut apprendre à lâcher prise. Parce que l’hostilité ravage l’organisme. Des études établissent de façon limpide qu’elle est directement corrélée avec les maladies coronariennes, peut-être autant que le tabagisme!

Un simple sentiment d'hostilité, non un énorme face à ce cher Krirvan Schritten..
Qu'il croit ce qu'il écrit, ce qu'il veut après tout...
Mais tout cela ne regarde que lui..
Diffuser une telle idéologie n'est-ce pas là la porte ouverte à de multilples dérives..thérapeutiques, physiologique et psyschiatrique..?

Euh, doc..ce monsieur n'aurait-il pas une toute petite tendance obsessionnelle?
Une grosse ?
Ou autre chose de type sectaire, un futur gourou, quoi de la méditation
....On nani padmé toum....
(Chais même pas comment ça s'écrit...)

Cordialement
Bonne soirée à tous!

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Nausica (3061 messages) Envoyer message email à: Nausica Envoyer message privé à: Nausica Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-10-04, 22:54  (GMT)
12. "RE: Handicap physique et psy"
Si ce qu'il dit est vrai, on se demande pourquoi ces râleurs de Français ne meurent pas plus jeunes!! Sans parler des Parisiens (vous avez déjà vu un Parisien derrière son volant? C'est dingue toutes les pensées négatives qu'il peut avoir, pas que des pensées d'ailleurs...)
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Cafe_Sante (8965 messages) Envoyer message email à: Cafe_Sante Envoyer message privé à: Cafe_Sante Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-10-04, 19:21  (GMT)
7. "RE: Handicap physique et psy"
Bonsoir,

>Donc ce que dit SS n'est pas toujours parfaitement exact, mais
>au moins il y a quand meme des éléments très
>justes dans ce qu'il dit.

C'est exactement ça. Mélanger du vrai dans une véritable salade de n'importe quoi !
Il serait trop long de démonter toutes les incohérences et les pirouettes contenues dans cet interview.

Philippe,
médecin à la campagne

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Giulia (435 messages) Envoyer message email à: Giulia Envoyer message privé à: Giulia Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
02-11-04, 23:25  (GMT)
13. "RE: Handicap physique et psy"
Bonsoir Café_Santé
Peut etre que meme si c'est long, ce serait pas mal de les démontrer ces incohérences justement. Car n'étant pas médecin ni psychiatre, je serai bien incapable de les voir.


Giulia

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Litvinov (7 messages) Envoyer message email à: Litvinov Envoyer message privé à: Litvinov Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-10-04, 12:56  (GMT)
5. "RE: Handicap physique et psy"
Modifié le 17-10-04 à 13:07  (GMT)

Bonjour Aloes et Merlin, Giulia et Cilloux,

Bien sûr que c'est idiot comme assertion et ça peut devenir grave quand le public arrive à penser qu'elle émane d'un spécialiste...

Très simplement, tout un chacun réagit comme il le peut face à l'adversité et à l'anxiété, aux angoisses que celle-là engendre. Il est des handicapés champions olympiques et d'autres qui sombrent dans une profonde dépression d'où ils sortiront (ou non) à la mesure de leurs compétences psychiques ; il y en a qui se sentent monstrueux et d'autres qui aiment (couple, enfants...). Un individu à peu près abouti psychiquement (avec un bon objet sain à l'intérieur de lui) aura beaucoup plus d'armes adaptatives qu'un immature, narcissiquement déjà blessé.

Vous avez tous deux bien raison, c'est basique.

Mais dans "un handicap physique non diagnostiqué peut déclencher une maladie mentale", je trouve que "handicap physique non diagnostiqué" ne veut rien dire... Il doit s'agir d'une déformation "professionnelle"... Et c'est toute la différence à donner entre trouble adaptatif et maladie mentale qui sont en étroite relation aves les structures (stables) de la personnalité et autres organisations.

Bonne semaine à toutes et tous sur ATOUTE !

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Pandore (1637 messages) Envoyer message email à: Pandore Envoyer message privé à: Pandore Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-10-04, 19:59  (GMT)
8. "RE: Handicap physique et psy"
Bonsoir Giulia,

Bon sang, il n'y a quand même pas besoin d'être sorti de Polytechnique pour se rendre compte que ce bellâtre de Servan-Schreiber se fout de la gueule du monde ! C'est une véritable honte !

Si tu prends ne serait-ce que la première phrase : "des études nombreuses et solides établissent que les malades qui ont «réglé» les traumatismes anciens, qui savent contrôler leurs émotions et garder le goût de vivre, optimisent leurs chances de guérison. Ils vivent statistiquement plus longtemps et dans une meilleure condition physique que si leur esprit était en proie au chaos", eh bien en gros on peut traduire cela par : un malade qui n'est plus malade est en bonne santé !

C'est effarant d'oser imprimer des bêtises pareilles ! Règler les traumatismes anciens, apprendre à contrôler ses émotions, commencer à avoir le goût de vivre (et non pas "garder" le goût de vivre), c'est le travail de toute une vie pour les gens qui ont de réels problèmes psychiques !

Et tout le reste de l'interview est à l'avenant : un tissu des lieux communs, le même boniment que les habituels promoteurs de stages de développement personnel, le tout camouflé sous un langage ampoulé. Misère, je ne croyais pas que le Nouvel Observateur était tombé si bas. C'est réellement pitoyable.

Pandore

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shackleton (219 messages) Envoyer message email à: shackleton Envoyer message privé à: shackleton Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
17-10-04, 20:53  (GMT)
9. "RE: Handicap physique et psy"
Bonsoir,

Quelqu'un qui devient sourd et qui ne peut trouver de solutions pour une raison lambda va forcément en pâtir psychologiquement, ne serait-ce que par l'isolement propre à la surdité.

Maintenant, toute personne handicapée physiquement n'est pas atteinte psychologiquement. Et heureusement !

J'avais quand j'étais gamine une amie sourd-muette. On arrivait à jouer à la poupée ensemble sans aucun problème. Et je n'ai jamais vu qu'elle ait été atteinte d'un trouble mental du fait de son handicap.

C'est bateau, hein, ce que je vais dire : le handicap est une chose. La répercussion sur le psychisme en est une autre ; tout dépend de l'environnement, de la personnalité propre de la personne handicapée, de la façon dont elle peut gérer son handicap au quotidien sans qu'il lui bouffe l'existence, bref, le handicap n'existe pas isolément, il est lié à une foultitude de facteurs !

Quant à ce que déclare Servan-Schreiber, je dois dire qu'il assène selon moi plus d'énormités que de vérités...

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Giulia (435 messages) Envoyer message email à: Giulia Envoyer message privé à: Giulia Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
02-11-04, 23:27  (GMT)
14. "RE: Handicap physique et psy"
Bonsoir Pandore
Je suis désolée de t'avoir blessée avec cette interview.


Giulia

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Giulia (435 messages) Envoyer message email à: Giulia Envoyer message privé à: Giulia Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
03-11-04, 01:59  (GMT)
15. "Maternité et handicap"
Bonsoir à tous
Toujours à me coucher aussi tot à ce que je vois

Déjà je relis vos messages et evidemment je m'apercois que ce qu'il dit, c'est plus de la connerie qu'autre chose. Je fais mon mea culpa pour m'etre fate berner plus qu'autre chose, et que Dr Dupagne et Café_Santé ont parfaitement raison quand ils disent que "les journalistes sont de piètres scientifiques".
Pandore, sache que encore et toujours j'apprécie tes infos empreintes de sagesse, de bon sens, de rigueur et d'humanité.
Irleana, quant à toi je tiens à dire que tu es d'une grande humanité et je tiens à te remercier de tes réponses qui me vont droit au coeur.


Pour en revenir au problème du handicap et de la psy, je souhaiterais également poser cette problématique qui me tient également à coeur, et plutot que de la poser dans le sujet Surdité Unilatérale, je pense qu'elle a davantage sa place ici.
Quand on a un handicap, et meme avec peu de chance qu'il soit transmis, je pense qu'il faille un énorme travaille psychique pour évacuer cette inquiétude que ce bébé portera la marque de la surdité et souffrira comme nous en avons souffert.
Et meme si ces inquiétudes, voire meme allons y plus loin, ces angoisses, sont sans objet par des statistiques rassurantes il reste toujours en soi une profonde culpabilité que "si le bébé vient avec le meme handicap, eh bien ce sera notre faute". Ce qui, rationnellement, est absurde. Mais meme quand on sait que rationnellement, il s'agit de la pire des absurdités, eh bien il est très difficile de se détacher de la culpabilité.
Sur le problème de la maternité, les médecins évacuent toujours d'un revers de la main le problème, et disent que "tout ira bien dans le meilleur des mondes". L'entourage a aussi cette façon de voir les choses, comme si finalement, la maternité doit toujours etre belle, rose, optimiste, gaie.... et que on a pas le droit d'etre effrayée à l'idée d'avoir un enfat car sinon on eest la reine des égoistes. En tout cas c'est la réaction que j'ai face à mon entourage quand je parle que il est pour moi absolument inenvisageable d'avoir un enfant si c'est pour vivre une maternité dans l'angoisse qu'il ait quelque chose dont je passe à coté.
En tout cas voilà quel est le mécanisme de l'angoisse face à la maternité que je ressens actuellement. Je ne pense pas etre la seule, mais comme c'est très difficile d'en parler...
Et meme pour aller plus loin, je ne vois pas comment concevoir une vie amoureuse avec ce que j'appelle cette "difformité" qui, meme invisible, est impossible à oublier. Avec l'impression que je suis folle, puisque surdité et folie sont allègrement mélangés par la société actuelle, qui ne veut que l'enfant beau, blanc, en bonne santé, qui réussit à l'école et qui n'a surtout aucun problème de santé.


Giulia

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Pandore (1637 messages) Envoyer message email à: Pandore Envoyer message privé à: Pandore Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
03-11-04, 08:17  (GMT)
16. "RE: Maternité et handicap"
Bonjour Giulia,

"Je suis désolée de t'avoir blessée avec cette interview"

Alors là surtout ne t'excuse pas ! Me mettre en colère par écrit contre des gens que je ne connais pas et dont je n'ai strictement rien à faire, j'adore ! ça me permet d'évacuer un tas de trucs sans faire de mal à personne... d'ailleurs je le remercie beaucoup de me servir d'exutoire, ce bellâtre niaiseux, cette fripouille de marchand d'huile de poisson, il fait partie de mes 3 ou 4 "têtes de turcs", les autres étant des hommes ou femmes politiques qui me donnent l'occasion de piquer d'homériques colères quand ils passent à la télé, à la grande joie de mes enfants et la grande frayeur de mon chat !

En ce qui concerne la maternité, toutes ces questions viennent surtout du fait que de nos jours devenir mère est quelque chose qu'il faut décider à l'avance, et du coup ça devient une prise de tête plutôt qu'autre chose...

C'est pourtant l'événement le plus merveilleux dans une vie...

Si tu veux mon avis, tes angoisses concernent plutôt ta surdité partielle que la maternité à proprement parler. Tu reviens souvent sur cette idée de lien entre surdité et folie, il y a sûrement une raison à cela, qu'il faudrait peut-être creuser un peu, et cela d'abord pour toi-même.

Pour le bébé, tu as encore le temps d'y penser, je crois, et de lui trouver un gentil papa

Amitiés,

Pandore

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Irleana (1200 messages) Envoyer message email à: Irleana Envoyer message privé à: Irleana Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
04-11-04, 00:26  (GMT)
17. "RE: "Celui qui diffère de moi, loin de me léser m’enrichit" St Exupéry"
Bonsoir Guilia

Je n'ai pu répondre comme je voulais à ton post..
Voici une page sur laquelle il m'est arrivé de tomber.
En attendant, dès que possible, une réponse plus loquace.

>Et meme pour aller plus loin, je ne vois pas comment
>concevoir une vie amoureuse avec ce que j'appelle cette "difformité"
Quelle difformité, tu es juste différente, c'est tout.

>par la société actuelle, qui ne veut que l'enfant beau,
>blanc, en bonne santé, qui réussit à l'école et qui
>n'a surtout aucun problème de santé.
Là il est vrai que beaucoup de personnes se rejoignent dans ta réflexion

Qu’est-ce que la différence ?http://perso.wanadoo.fr/bruno.sohier/la.dif.htm

Dans l’absolu, la différence ne peut exister que par la comparaison de soi-même avec autrui. Si nous considérons cela comme acquit, nous pouvons en conclure que la différence est une généralité, une évidence à laquelle nous ne pouvons échapper. Je considère que les autres sont différents de moi donc je suis différent des autres. Ces différences se manifestent par des critères infiniment variés que l’on peut néanmoins répertorier grossièrement en quelques grands points : Physique, moral et mental.

Physique : par la couleur de la peau, les traits du visage, la forme du corps, et l’altération physique dû au handicap.

Moral : par les origines des Hommes, leur culture issue de leur histoire, leur éducation, leur entourage proche ou lointain etc…

Mental : par le caractère et la force ou la faiblesse de celui-ci, la constitution, la prédisposition à l’apprentissage du savoir et la déficience quelle qu’elle soit.

Pourquoi la différence ?

Si l’on considère la notion de la différence humaine comme une généralité, elle ne peut avoir de conséquences néfastes sur le comportement de l’homme par rapport à l’Homme. Si cette question se pose, c’est que certains paramètres moraux viennent s’installer en chacun d’entre nous, et transforment ainsi cette simple notion en une analyse complexe.

Comment la différence peut-elle altérer ou renforcer les relations humaines ?

Pour répondre à une telle question, il faut remonter très loin dans le temps. C’est l’Homme qui, en créant son histoire a généré ces notions de différence en dehors de tout contexte de généralité. Les différents facteurs de ce phénomène sont identifiables et sont issus de la façon dont l’Homme a façonné la société dans laquelle il évolue. Ses valeurs morales ou matérielles, ses religions, ses situations géographiques, ses origines et son histoire sont autant de paramètres qui ont transformé l’Homme et l’ont cloisonné dans des carcans sociaux ou moraux lui imposant ainsi des critères de différence autres que ceux qui le distinguent normalement et simplement de son congénère.

Ces valeurs sociales ou morales favorisent l’individualisme et toutes autres formes de comportements inhérents tel que le racisme, la xénophobie, le chauvinisme, la jalousie et le non partage des richesses qu’il a créées. L’Homme est ainsi prisonnier de tous ces comportements, ce qui a pour effet qu’il considère ces notions de différences transformées comme fondamentales et faisant partie intégrante de sa vie sociale. C’est pour toutes ces raisons que les relations de l’Homme vis à vis de son prochain s’en trouvent altérées pour les uns ou renforcées pour les autres. Lorsque pour les uns, la conséquence est l’altération relationnelle, cela peut venir d’une forte imprégnation des valeurs sociales ou morales qui les amènent à considérer que ce qui est fondamentalement différent d’eux doit être rejeté ou bien que ce reflex de rejet vienne de la peur de cette différence due à la méconnaissance de celle-ci. Lorsque pour les autres les relations envers l’être différent s’en trouvent renforcées, c’est que pour diverses raisons, qu’elles soient culturelles, sociales ou liées à l’éducation qu’ils ont reçue, ils restent persuadés que la différence est une généralité indiscutable et qu’elle ne peut en aucun cas modifier leur comportement envers les autres.

La différence : lieu commun de l’indifférence ou de la reconnaissance, de l’intolérance ou de la tolérance.

Puisque la différence n’est pas perçue par l’homme comme une généralité indiscutable, elle devient inéluctablement l’assise de réflexions complexes, d’une analyse de comportement qui nous fait nous poser un certain nombre de questions. A chaque sentiment ayant un rapport direct avec une situation sociale ou morale particulière concernant l’Homme vis-à-vis de son prochain, il y a son contraire. La différence n’échappe pas à cette règle et elle génère également son lot de ressentiments opposés en fonction de la personnalité de chacun. Si la différence crée des sentiments d’indifférence, elle en crée aussi dans le sens de la reconnaissance. Si elle entraîne des sentiments de tolérance, c’est de l’intolérance que l’on retrouvera chez les autres. Mais, c’est une certitude, la différence sortie de son contexte initial existe bien et fait indéniablement souffrir ceux qui en sont les victimes pour quelque raison que ce soit, ainsi que leurs proches, impuissants témoins de la destruction morale et mentale du “ différent ” qu’ils aiment. Les comportements néfastes liés à cette appréhension altérée de ce concept, qu’ils soient relationnels ou constitutionnels, peuvent aboutir à des actes de la part de ceux qui les véhiculent, qui peuvent aller du simple rejet jusqu’à l’intention délibérée de donner la mort. Il n’y a aucune exagération concernant cette deuxième alternative, l’histoire de l’Homme est éloquente et nous a souvent démontrée à quel point la barbarie et la volonté d’éradication sont de mise lorsque la «différence» devient le souffre douleur de certaines idéologies. L’histoire et les origines de l’Homme l’ont poussé à inventer ces concepts qui, par la force des choses, ont un “ effet de chaîne ”. Celui, altéré de la différence, du moins pour ce qui concerne l’être humain, l’a poussé à en transformer un autre de son vrai sens : celui de “ la normalité ”.

Qu’est ce que la normalité ?

Pour ce qui s’agit d’un objet, c’est l’évidence même. Une chaise qui est cassée est une chaise que l’on peut considérer comme pas normale. Elle devient normale lorsqu’elle est réparée. Mais qu’en est-il pour l’Homme ? Constater qu’un être est différent de soi est une évidence et il n’existe pas de règle pouvant contredire cette réalité. Mais à partir de quel moment peut-on dire d’un être différent qu’il n’est pas normal ? Poussons la question plus loin, a t’on le droit de le dire ? Pour ce qui est de la question humaine, où se situe la normalité ? C’est autant de questions pour lesquelles il est bien difficile de répondre car pour se faire, il faudrait que nous disposions de repères, de possibilités de comparaisons solides. Mais par rapport à quoi ? Et surtout à qui ? Qui pourrait se targuer d’être l’étalon ? Si quand bien même il existait, cela voudrait dire que nous sommes tous des anormaux notoires puisque nous serions tous, par définition, différents de lui.

La définition du dictionnaire reste vague au sujet des mots “ normal, anormal ”. Du moins, elle ne lui apporte pas expressément de connotation humaine. Normal : “ Ce dit de ce qui est conforme à l’état le plus fréquent, le plus habituel, de ce qui n’est pas modifié par un accident, de ce qui n’a aucun caractère exceptionnel ”. Anormal : “ Qui est contraire à l’ordre habituel, qui s’écarte des règles ou des usages établis, de la raison et du bon sens ”. Lorsqu’une définition se rapporte ou peut se rapporter à une personne, il est couramment fait usage des expressions : “ se dit d’une personne ou de quelque chose ”. Dans ce cas, il n’en est rien. Ce qui pose problème dans le fait que l’Homme ait modifié le sens réel des mots “ différent ” et “ normal ” est qu’il lui est possible de les interpréter à sa convenance à partir du moment où il y trouve un quelconque intérêt. Les raisons de cet intérêt peuvent être diverses. Que cela soit ancré au plus profond des individus intéressés pour des raisons culturelles, d’éducation ou purement financières, ou que ce soit par besoin simple d’humilier, il n’en est pas moins réel que les êtres considérés comme différents ou anormaux suivant ces définitions interprétées, se retrouvent moralement avilis et plus ou moins exclus d’une société que l’on définit comme “ normale ”.

Pourquoi l’exclusion ?

L’exclusion est une conséquence logique de cet état de fait. Depuis des lustres, l’Homme, fortement imprégné de son rejet de la différence, l’utilise et la considère comme étant un facteur social prépondérant. Quelques questions se posent alors : Pourquoi un individu différent donc «anormal» serait-il exclu d’une société à laquelle il appartient ? La société appartiendrait-elle à une élite qui s’arrogerait le droit de décider de qui peut et doit s’intégrer et de qui ne le peut pas ? Tout simplement, appartiendrait-elle à quelqu’un ? Ces questions ont malheureusement un sens réel puisqu’il est vérifiable, constatable et indéniable que la société telle qu’elle est actuellement faite ne réserve que très peu de place à ces êtres différents que l’on considère comme à part. Si l’Homme a généré ces concepts transformés de la différence et de la normalité c’est que, outre les raisons directement liées à tout ce qui est matériel, il s’est crée un besoin qui lui est devenu capital, celui de se classifier selon différents critères moraux et sociaux, ce qui nous amène à considérer une autre notion faisant partie intégrante de sa nature : L’infériorité et, par conséquent son contraire, la supériorité.

L’infériorité, la supériorité : est-ce définissable pour l’Homme ?

Le dictionnaire dit, du moins pour ce qui concerne l’être humain : “ se dit d’une personne (ou de son comportement) qui surpasse les autres par ses connaissances, sa valeur, son mérite et sa force ”. Où se situe la place de la différence dans cette définition ? Ainsi, l’être différent serait donc inférieur ! Là encore, il n’est pas possible de placer ces deux notions dans un contexte de généralité puisque dans ce cas, comme nous sommes tous par définition différents, nous serions tous supérieurs ou inférieurs à tous.

Le sentiment de supériorité d’un homme, d’un peuple ou d’une ethnie vis à vis d’un ou d’une autre est synonyme de danger. Il en résulte en effet des désirs et des actes qui ne sont jamais gratuits à l’encontre de la classe dite “ inférieure ”. L’humiliation, l’avilissement, l’asservissement et la destruction sont les moteurs de ces sentiments toujours néfastes générés par ces hommes qui apportent un point d’honneur à, sempiternellement, vouloir être les modèles d’une société qu’ils ne désirent pas partager. Ces altérations engendrées par l’Homme de ces différents phénomènes de société ne lui sont pas apparues du jour au lendemain. C’est au fil des générations qu ‘elles ont été transmises et c’est pour cela que ce qui s’en dégage est parfaitement ancré dans son comportement.

A quel instant de la vie faut-il intervenir ?

Si nous désirons que les choses évoluent dans le sens contraire, si nous souhaitons que les mots “ différent et normal ” pour ce qui concerne l’Homme retrouvent leur vrai sens, si nous voulons que la généralité retrouve la place qui devrait être la sienne pour tout ce qui concerne les rapports humains liés à ces différents concepts, il est indispensable de procéder de cette même façon, c’est à dire, de profiter de la formidable inertie de l’apprentissage issu des générations. Ce serait la seule façon de rendre leur place, leur dignité, leur liberté et leur vie à tous ces différents et anormaux notoires qui de ce fait, se retrouveraient parfaitement intégrés. Le respect des autres passe avant tout par le respect de soi. C’est au berceau de l’éducation que cela doit commencer, par l’intermédiaire des parents et de la famille certes, mais cela ne suffit pas. Ne dit-on pas qu’il est nécessaire d’éduquer les parents avant d’éduquer les enfants ? Si nous voulons que cela suffise, il est indispensable de commencer par éduquer les parents de demain et seule la mise en place d’un véritable programme éducatif scolaire basé sur la tolérance et le respect de l’autre portera ses fruits. Ainsi, après quelques générations, pourrions nous retrouver la réelle définition de ces mots et un changement radical dans le bon sens des actes de l’Homme qui les accompagnent. C’est à l’age de la pureté qu’il faut intervenir et non lorsque l’Homme s’est définitivement constitué.

L’enfant qui ne connaît pas la différence est surpris lorsqu’il y est subitement confronté. Naît alors en lui un comportement agressif et parfois cruel sans qu’il puisse mesurer exactement les conséquences exactes de ses actes. Et Lorsqu’il est en collectivité, entraîné par l’influence du groupe, ses comportements s’en trouvent accentués, voire aggravés. En grandissant, ses sentiments et ses actes prendront de l’ampleur et l’importance de celle-ci sera fonction de la portée des idéologies qui lui seront inculquées par son entourage ainsi que par d’autres, véhiculées par les multiples moyens de communication existants.

Apprenons-lui à connaître la différence et à savoir l’affronter sans crainte. Aidons-le à prendre pleinement conscience des conséquences de ses agissements. Soutenons-le et répondons objectivement à ses interrogations et faisons de lui un être qui respectera. Il pourra alors transmettre plus tard à ses propres enfants l’enseignement bénéfique qui lui aura été prodigué et deviendra, à l’âge adulte, de plus en plus réfractaire aux idéologies malsaines qui visent à considérer en toute impunité que la différence est un mal qu’il faut éradiquer. Les générations qui suivront alors, trouveront au fil du temps d’autres marques, radieront lentement ces coutumes socialement néfastes et le concept de généralité reprendra sa place. Dans l’immédiat, la balle est essentiellement dans le camp de l’Education nationale et il est urgent qu’elle s’emploie dès maintenant à trouver les solutions et les moyens qui lui permettront de prodiguer et de parfaire cette éducation.

Les manifestations de la “ différence ”.

La différence, cela commence par le petit gros au fond de la classe ou dans son coin dans la cour de l’école et qui est la risée et le souffre douleur permanent de ces camarades.

C’est le timide, celui qui n’ose pas, qui n’ose jamais ni agir ni parler, qui reste prostré dans son coin. Celui que l’on délaisse parce qu’inintéressant pour les autres. En collectivité, c’est la fanfaronnade et l’extravagance qui prime, se sont ces comportements qui attirent l’attention du groupe. En d’autres termes, c’est la superficialité des relations qui entraîne le moins de rejet alors qu’en replaçant la différence dans son contexte initial, seule les vraies valeurs d’un être sont primordiales et, la timidité n’est pas un état dénuant de ces qualités.

C’est le bègue, pauvre malheureux qui doit s’évertuer toute sa vie durant à lutter pour utiliser le moyen d’expression le plus usuel et surtout le plus incontournable et pour qui, prendre la parole devant les autres élèves ou qui que ce soit d’autre est un calvaire tant il craint les réactions violentes dont il à la certitude qu’il sera irrémédiablement la victime.

C’est le séropositif ou le malade du SIDA qui a eu tant de mal à garder sa place dans la société. S’il ne l’a pas perdu, c’est qu’il a consacré une grande partie de son temps à lutter pour que cesse toutes les campagnes de ségrégation qui ont trouvées leur origine dans le formidable amalgame qui a eu lieu lors de la découverte de cette maladie et qui a été récupéré par nombre d’extrémistes qui ont profités de la situation pour cracher une fois de plus leur haine de la différence, notamment pour ce qui concerne certaines pratiques sexuelles considérées dépravantes. Aujourd’hui encore, dans certains pays d’Afrique où la maladie fait des ravages, les malades, hommes, femmes ou enfants se retrouvent seuls, abandonnés par leurs familles et leurs proches et sont condamnés à finir leur vie dans des structures humanitaires. Voici un bel exemple de la façon dont sont ancrés les phénomènes de société qui nous préoccupent ici et à quel point il sera difficile de s’en défaire car il est bien convenu que l’Homme a, au départ, un sens inné de la famille contrairement à d’autres mammifères à l’instinct plus solitaire, capables de se débarrasser de leurs progénitures à un instant précis de la vie.

C’est l’homosexuel qui est obligé de se cacher pour vivre sa sexualité “ différente ”.

C’est l’handicapé physique ou mental que l’on montre du doigt dans la rue. Celui qui, du fait de sa “ différence ” se retrouve exclu de la société, soit par manque de structures d’accueils de soins et d’éducation adaptées parce qu’elles coûtent chères et qu’elle ne font pas partie des priorités des gens qui ont le pouvoir de décider, soit parce qu’il est d’usage de les cacher, d’éviter de les mêler à la population par peur de la gène occasionnée, soit, comme il est dit précédemment, à cause d’une déficience dans le système éducatif, qu’elle soit parentale ou institutionnelle. Dans l’absolu et dans l’extrême, c’est celui que l’on exterminera le jour où l’holocauste refera surface parce qu’il sera considéré comme une tare de la société et inutile à cette dernière.

C’est l’individu de couleur qui subit quotidiennement les propos racistes lâchés sciemment ou inconsciemment autours de lui.

C’est l’esclave noir considéré comme faisant partie de la race inférieure par les blancs qui utilisent ce prétexte pour l’asservir et pour l’avilir.

Ce sont les juifs, les tziganes, les communistes exterminés parce que faisant partie d’une classe ethnique et sociale que les adeptes de la race arienne considèrent comme dégénérée, dangereuse et terrorisante.

La différence, une injustice !

Ces exemples classés par ordre chronologique de gravité démontrent bien que la différence telle qu’elle est perçue par les Hommes, qu’elle soit génératrice d’avilissement individuel ou collectif, qu’elle soit créatrice de guerre ou de génocide, est destructrice et va à l’encontre de toutes les notions de respect de tolérance et de civisme dont les Hommes feraient bien de s’accomoder s’ils ne veulent pas courir à leur perte. Cette différence est le malheur du plus grand nombre au bénéfice de sentiments ou d’idéologies sans fondement essentiel pour ce qui est des rapports qui devraient exister entre les êtres humains.

En tout état de cause, tous ces “ différents ” n’ont pas choisi leur état, ni leur lieu de naissance et ne sont absolument pas responsables de leur éducation. Nous pouvons donc les considérer sans gène comme des victimes. Victimes de la nature de l’Homme, de tout ce qui lui a été transmis au fil des générations. Cet état obligatoire de victime incontournable, nous pouvons le considérer indéniablement comme une injustice. L’injustice est la pire des choses qui puisse arriver à un être car, elle peut générer le pire et seul un changement profond du fondement même de l’homme pourrait y mettre un terme. Cela peut signifier, puisqu’un changement suffisament conséquent sur la durée de vie d’un être humain semble improbable, que cet état lui est imposé et qu’il devra le supporter tout le long de son existence.

La différence, un alibi pour se donner bonne conscience !

Si l’on est en droit de considérer que l’injustice n’est jamais gratuite, on peut également en déduire qu’elle profite aux uns au détriment des autres. Nous pouvons donc considérer la différence comme l’alibi des plus “ forts ”, donc des “ normaux ”. il leur sert a se donner bonne conscience dans leur conquête de ce monde, de cette société qui leur appartient de droit. Cette notion d'alibi concerne bien entendu les comportements de rejet concernant tous les critères de différence définis ici comme transformés, du moins grave au plus sérieux. C'est une précision importante si l'on considére que le non-apprentissage de la différence dès la petite enfance peut entraîner à l'âge adulte des comportements néfastes qui, à ce stade ne s”exprime plus que par des exactions personnelles mais également sociales et morales. Cet alibi leur permet et leur donne le droit de ne pas partager les richesses et de disposer à leur guise des plus “ faibles ”, des “ différents ”; le droit, s’ils le désirent, de les faire disparaître ou de les utiliser pour satisfaire leur ego, leurs idéologies ou pour s’enrichir un peu plus. Si le concept de la différence a évolué au fil du temps et si l’Homme s’en est servi pour se diviser et pour se détruire, nous pouvons nous poser la question suivante : est-ce prémédité ? Est-ce qu’au départ, s’il y en a un, l’Homme avait prévu cette éventualité, voire cette opportunité ? Nous pouvons éventuellement trouver des éléments de réponse en comparant l’Homme à l’animal. L’instinct et l’intelligence réunis peuvent effectivement engendrer ce type de comportement. L’instinct peut nous expliquer pourquoi l’Homme est un loup pour l’Homme et l’intelligence nous éclairer sur les notions d’appartenance, d’avoir et de pouvoir.

Ces évènements qui aurait pu tout changés !

Pourtant, il est des évènements qui auraient pu nous faire espérer un changement profond, un revirement de situation formidable. Notamment, celui du 10 décembre 1948 qui s’est concrétisé par l’adoption et la proclamation par l’assemblée générale des Nations unies de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Cette déclaration reconsidère, au sein de tous ses articles, le concept de la différence et lui redonne un sens humain. Elle la replace dans son vrai contexte, celui qui tente à inciter l'Homme à agir pour et non contre lui-même. Seulement, c’était il y a 52 ans et il suffit de s’intéresser quelque peu à tout ce qui s’est passé depuis et de ce qui se produit encore dans ce monde, pour s’apercevoir que cela n’a rien changé. Ce document aurait pu être un formidable outil de travail pour éduquer les parents de demain. Il aurait pu être au programme des cours d”éducation civique, il aurait pu être la base de multiples réflexions, de dissertations, d’explications de texte, de tout ce qui s’effectue au sein même des classes de français. Il aurait pu faire partie des documents et des textes de référence dans les cours de philosophie et de sociologie. Il n’en est rien ou pas grand chose ! Pourtant, ces gens qui nous gouvernent, qui ont le pouvoir de décider ne se lassent jamais de se servir de cette déclaration et de nous faire croire qu’ils s’en servent de référence dans l’élaboration de leurs programmes politiques. Parallèlement et concrètement tout n’est que palabre, baliverne et, faisant partie d’une des classes de la population, conscientes ou inconscientes, les plus exposés à ces concepts altérés, les politiques n’ont, de ce fait, aucune volonté d’agir de façon à ce que cela change. Aujourd’hui encore, tous les individus ne sont pas égaux devant la différence.

La volonté.

Nous serions tentés de dire que nous sommes effectivement passés à coté de quelque chose de grand, que nous avons raté une occasion unique et exceptionnelle. Bien malheureusement, ce n’est pas une question vraiment pertinente. Si elle l’était, cela voudrait dire qu’il s’agirait là d’un oubli ou d’une maladresse, or, tout n’est que volonté. C’est la volonté qui dirige l’Homme. C’est elle qui l’incite à faire ou à ne pas faire en fonction de ses désirs et de ses intérêts. C’est la volonté qui suscite chez lui les décisions de changement toujours en fonction des différents critères évoqués précédemment. Mais alors, pourquoi avoir créer, proclamer et adopter cette déclaration si nous savions à cette époque qu’elle ne serait pas appliquée, qu’elle ne serait pas le moteur de changements fondamentaux dans le domaine des droits de l’Homme, qu’il n’y aurait derrière cela aucune volonté d’aller plus loin. Il est une évidence, puisque les Hommes sont tous, par définition différents, que tous ne pensent pas les mêmes choses. Parmi ceux qui ont participés à cette grande aventure, il y en a qui, très certainement y ont cru et d’autres moins ou pas du tout. Avec le recul d’aujourd’hui, nous pouvons peut-être en déduire que les premiers ont été de grand naïfs, des utopistes ou peut-être tout simplement de grands militants persuadés qu’il était temps de tenter le tout pour le tout pour qu’un jour nous puissions tous enfin espérer de réels changements dans le domaine des droits de l’Homme et de son respect. Pour ce qui s’agit des seconds, l’idée était peut-être issue de la volonté de calmer les populations les plus exposées, les différents, afin d’anéantir en eux tout désir de révolte, sachant qu’ainsi, ils pourraient disposer de plus de temps pour continuer l’œuvre héritée de leurs ancêtres qui consiste à utiliser le précieux alibi de la différence et de tous les concepts inhérents qui leur permettent de mettre en pratique toutes les formes d’exploitation de l’Homme. Et ceci, bien entendu, jusqu’à la prochaine grande aventure, la prochaine démonstration de dupe et de démagogie qui leur laissera cette fois-ci encore un laps de temps.

L’important, ce qu’il est indispensable de retenir, c’est que ce texte exceptionnel a tout de même été rédigé par la main de l’Homme. Ce qui tend à démontrer que tout n’est pas vain car les idées qui s’y dégagent sont réellement porteuses d’espoir. C’est peut-être la démonstration qu’il est possible de faire machine arrière pour ce qui est de la différence et de tous ces concepts dérivés créés par l’Homme par la force des choses. La grandeur du contenu des différents articles de cette déclaration n’a d’égal que l’espoir de ces Hommes quotidiennement victimes de la non-application de cette dernière. Si cette grandeur d’espoir faisait partie intégrante de l’éducation de l’Homme, et ceci en continu au fil des générations, la “ différence ” n’appellerait plus inévitablement les notions du normal ou de l’anormal, de la supériorité ou de l’infériorité, de la tolérance ou de l’intolérance, de la justice ou de l’injustice de, l’exclusion.

Le jeu en vaut la chandelle car les enjeux sont grands. Mais cela sera t’il possible un jour ? Est-ce pure utopie que de vouloir qu’un jour, tous les Hommes puissent naître libres et égaux en droits ? Est-ce pure folie que d’espérer que la différence soit enfin envisagée comme une généralité, qu’elle ne puisse plus nuire à l’Homme ? Si nous l’envisageons, cela veux dire qu’il sera nécessaire de reconstruire la constitution même de l’Homme, depuis ses fondations jusqu’à l’aboutissement d’une reconquête de ses valeurs vis-à-vis de lui-même. Si nous convenons que ces réflexions nous laissent un certain nombre de questions en suspend, nous pouvons pour le moins essayer d’y réfléchir, de façon collective ce qui peut-être favorisera le commencement de ces gigantesques travaux.


à bientôt!


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Irleana (1200 messages) Envoyer message email à: Irleana Envoyer message privé à: Irleana Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
04-11-04, 14:07  (GMT)
18. "RE: La différence:C'est le sel de la vie, être différent c'est être"
Bonjour Guilia,

«Celui qui diffère de moi, loin de me léser m’enrichit »

La diférence n'est pas toujours choisie, elle est imposée par la maladie un handicap, mais aussi parfois par la société, par certains modes de pensées et certaines personnes dirons-nous "à la pensée plus restrictive"...Ce qui nous constitue comme être différent, parce que nous sommes hors norme, nous n'entrons pas dans ses critères, je dis bien dans "ses" critères. Quels sont les tiens?
Crois-tu qu'il y ait beaucoup de Guilia lycénne littéraire travaillant d'arrache-pied et bénévoles à ses heures perdues sur le net sur
http://www.renaloo.com/forum et prochainement avec la FNAIR

D'autres sont aveugles, borgnes, bègues et d'autres "bêtes".«On ne voit bien qu'avec le coeur. L'esentiel est invisible pour les yeux»
Pourquoi donc essayer de cacher cette différence, ne vaudrait-il pas mieux l'affirmer? D'autres se sont battus avant nous...
Ce qu'ils appelaient dans les années 70 " le droit à la différence " semble quelque chose de tout à fait essentiel...
Cela veut dire être totalement à part et différent des autres, et pourtant avec les autres, juste une part de différence, juste une richesse de diférence. Il nous faut se battre constamment pour ce droit à la différence.

Un groupe s'enrichit des différences de chacun.
La différence:C'est le sel de la vie, être différent c'est être.
Ne trouve tu pas terriblement réducteur d'être, d'agir, de se comporter comme tout le monde? Ne recherchent-ils pas une forme de supériorité en se recherchant identiques à l'autre, en se mesurant à lui?
Pour les relations amoureuses, la différence est un atout et c'est aussi
et le meilleur moyen pour que le désir continue. A 19 ans mon premier petit ami m'a plaqué parce que j'étais malade, "pas comme tout le monde".
Il le savait et pourtant le jour où je me suis retrouvée aux Urgences, il a flippé du haut de ses 23 ans ..Et m'a dit
"Tu comprends, Marie. Moi je veux vivre!
J'ai la santé et je ne veux pas gâcher ma vie à cause de toi..Je veux profiter de ma vie, mais avec toi ce sera dur..
Les soucis, les médocs, moi j'ai le temps..

Six mois après il est revenu, il m'a de nouveau fait croire qu'il m'aimait et voulait que je lui donne une seconde chance... Qu'il a de nouveau gâchée
Je suis partie. Pour de Bon.

Effet de choc, remise en question profonde.. Je lui avis fait confiance, il savait..et je suis restée célibataire jusqu'en août 2003..
Là on va dire qu'en sortant de l'hosto et de mon tas d'os..Je n'étais pas très top..Mais j'étais heureuse d'avoir vaincu, de vivre tout simplement. J'ai rencontré qqn d'un peu plus jeune, pas toujours présent mais qui m'accepte tel que je suis. Je l'accepte et l'aime telq qu'il est dans sa vie, ses émotions et son vécu à la ferme. Il est fils d'agriculteurs ..Même s'il se destine à un autre métier, je pense que ces racines de la Terre y font qqch..Plus de patience, de modestie,de générosité, d'attention et de repect.


« L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle »
Tu t'es mesurée à un obsacle et tu l'as dominée..En menant ta vie. Par des choix de décision, de partages et de rencontres


« Le plus grand malheur qui puisse vous arriver c'est de n'être utile à personne, c'est que votre vie ne serve à rien. » ça n’est pas du Petit Prince , mais de Raoul Follereau.

Prends soin de toi, Guilia.
Cordialement
et Amicalement

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Irleana (1200 messages) Envoyer message email à: Irleana Envoyer message privé à: Irleana Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
04-11-04, 14:13  (GMT)
19. "RE: Charte des Droits du Sourd"
Rebonjour,

En passant j'ai trouvé ça...

http://www.fnsf.org/identite/charte.php

Préambule

La communauté sourde, ses proches et ses représentants par le biais de la Fédération Nationale des Sourds de France, signataires de la présente Charte,

Considérant la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen proclamée par l’Assemblée Nationale le 26 août 1789 ;

Considérant la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme approuvée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948 ;

Considérant la Convention Européenne des Droits de l’Homme signée par les gouvernements membres du Conseil de l’Europe le 4 novembre 1950 ;

Considérant que la société française se doit de respecter les Droits du citoyen atteint de surdité, dans la ligne des textes cités ci-dessus, et de favoriser l’intégration civique, sociale, culturelle et professionnelle des personnes sourdes

Considérant que « Sourd(e) » signifie l’appartenance à une minorité linguistique et culturelle : la communauté sourde ;

Considérant que la langue des signes française (langue sourde) est la langue naturelle des Sourds ;

Considérant que la communauté sourde permet à la personne atteinte de surdité, de vivre en tant que Citoyen à part entière, libre, autonome, responsable et Sourd ;

Soulignant la valeur de l’interculturel et du bilinguisme, et considérant que la protection et l’encouragement de la langue des signes, langue minoritaire en France, ne doivent pas se faire au détriment de la langue officielle, la langue française, et de la nécessité d’y avoir accès ;

Réaffirmant que le respect des Droits de l’Homme et du Citoyen en faveur des personnes sourdes implique la reconnaissance à tous les niveaux de la langue des signes : enseignement, justice, autorités administratives et services publics, médias, activités et équipements culturels, vie économique et sociale ;

En conséquence, la Charte des Droits du Sourd est ratifiée par l’Assemblée générale de la Fédération Nationale des Sourds de France représentant la communauté sourde, le 24 octobre 1998 ;

Ainsi, la Charte des Droits du Sourd sera soumise à l’Assemblée Nationale représentant le peuple français, dont les français sourds ;

Sont convenus de ce qui suit :

















Article 1 : La langue des signes
1- Tout(e) Sourd(e) a droit à l’usage de la langue des signes.
2- Par conséquent, la langue des signes est reconnue officiellement par l’Assemblée nationale représentant le peuple français.
3- Nul ne peut être privé de sa langue des signes.

Article 2 : La vie associative
1- Tout(e) Sourd(e) a droit de participer à la vie associative.
2- Le but de toute association est de promouvoir la vie de la communauté des Sourds, et de favoriser les rencontres entre Sourds afin de préserver leurs droits naturels. Ces droits sont l’épanouissement par la rencontre de leurs semblables, l’usage de la langue des signes, la conservation et le développement de la culture sourde.

Article 3 : La vie politique et civique
1- Tout(e) Sourd(e) a droit d’exercer ses droits et devoirs de citoyen en pleine connaissance et conscience.
2- Tout(e) Sourd(e) doit donc avoir accès à toutes les informations de la vie politique et civique.

Article 4 : Les projets et décisions
1- Tout(e) Sourd(e) a droit de participer aux projets et décisions qui le concernent.
2- La communauté sourde, par le biais de ses représentants, doit être consultée pour les décisions concernant les affaires privées et publiques des personnes atteintes de surdité, à tous les niveaux : enseignement, justice, autorités administratives et services publics, médias, activités et équipements culturels, vie économique et sociale.

Article 5 : L’éducation
1- Tout(e) Sourd(e) a droit à une éducation normale et équitable.
2- L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité sourde.
3- L’éducation doit assurer une vraie formation du citoyen telle qu’elle est définie par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Convention européenne des Droits de l’Homme, la Constitution française de 1958, la Convention des Droits de l’enfant de 1989, et enfin par la Charte des Droits du Sourd.
4- L’éducation des enfants sourds et des jeunes Sourds doit être conçue et organisée sur la base de la reconnaissance réelle de la langue des signes et de la communauté sourde dans le milieu familial, éducatif et scolaire, et ce depuis leur naissance.

Article 6 : Les enfants sourds de parents entendants
Tout enfant et jeune sourd(e) de parents entendants a droit de participer à la vie de la communauté sourde.

Article 7 : Les parents sourds
1- Tout parent sourd doit être respecté intégralement dans ses droits de parents.
2- Tout parent sourd a droit de décision sur l’éducation de son enfant sourd ou entendant.
3- Nul ne peut intervenir dans la vie privée et familiale d’un(e) Sourd(e).

Article 8 : La formation et le métier
1- Tout(e) Sourd(e) a droit de choisir sa formation et son métier.
2- La formation doit viser à la meilleure qualification de toute personne atteinte de surdité. Tout(e) Sourd(e) a droit de choisir parmi les services de formation. Ceux-ci doivent pouvoir l’accueillir pour honorer son droit au choix de formation ou d’orientation professionnelle.
3- Tout(e) Sourd(e) a droit à choisir son métier même s’il présente une incompatibilité apparente avec la surdité.
4- Nul ne peut être privé de son emploi en raison de sa surdité. Les pouvoirs publics et territoriaux et la société française doivent apporter des solutions pour adapter ou aménager les postes de travail, afin de pouvoir offrir un métier à la personne sourde, y compris dans la fonction publique.

Article 9 : La justice
1- Tout(e) Sourd(e) a droit à l’usage officiel de la langue des signes dans le cadre juridique.
2- Tout(e) Sourd(e) a droit à une protection légale contre toute discrimination à tous les niveaux dans sa vie privée, sociale et professionnelle.
3- Nul ne peut être privé de la présence d’au moins un interprète et d’aides techniques complémentaires à la communication dans le cadre juridique.

Article 10 : L’information et la culture
1- Tout(e) sourd(e) a droit à l’accès total à l’information et à la culture en langue des signes.
2- L’information doit être totalement transmise – en privilégiant la langue des signes, et par le biais du sous-titrage - dans tous les médias publics et privés, notamment dans la télévision et le cinéma.
3- La culture doit être accessible dans tous ses domaines : arts, littérature, sciences et techniques, musées.
4- L’information dans tous les lieux publics doit être diffusée par support visuel.
5- Nul ne peut être privé de l’information quelle que soit son importance.

Article 11 : La sûreté et la sécurité
1- Tout(e) Sourd(e) a droit d’être visuellement prévenu(e) et informé(e) pour la sûreté de sa personne.
2- La sécurité doit être assurée dans tous les lieux et les bâtiments publics et privés obligatoirement dotés d’un moyen de prévenir et d’informer visuellement les personnes atteintes de surdité en cas d’urgence, de danger et/ou d’alerte.

Article 12 : La médecine
1- Tout(e) Sourd(e) a droit de décider de ce qui le concerne dans le cadre médical.
2- Nul ne peut être obligé de subir un traitement médical sans une information préalable complète sur la procédure des soins et sur toutes ses conséquences.
3- Aucun traitement de la surdité touchant à l’intégrité de sa personne ne peut être imposé à un enfant mineur.

Article 13 : L’accessibilité
1- Tout(e) Sourd(e) a droit à la gratuité des moyens d’accessibilité.
2- Les moyens d’aménagement et d’équipement facilitant l’accessibilité dans la vie privée et publique de la personne atteinte de surdité, doivent être gratuits ou financés par les pouvoirs publics.
3- Les lieux et instances publiques doivent pourvoir par tous les moyens à l'accessibilité sociale et professionnelle pour les personnes sourdes.

Article 14 : Les activités culturelles, sportives et de loisirs
1- Tout(e) Sourd(e) a droit à l’accès aux activités culturelles, sportives et de loisirs.
2- Tout(e) Sourd(e) doit pouvoir participer à part entière et de plein droit aux activités proposées par la Société.

Article 15 : L’interprétation
1- Tout(e) Sourd(e) a droit au service gratuit d’interprétation langue des signes / langue française.
2- Tout(e) Sourd(e) a droit de choisir l’interprète qui lui convient.
3- Nul ne peut être obligé d’avoir recours à un interprète. Tout(e) Sourd(e) a droit de choisir son mode de communication dans toute situation le concernant.

Article 16 : Le respect des droits
Tout(e) Sourd(e) a droit au respect de ses Droits de Sourd quel que soit son mode d’expression.

Article 17 : Les Sourds atteints physiquement et mentalement
Tout(e) Sourd(e), même porteur(se) d’atteintes physiques et mentales associées, doit voir respecter tous ses Droits de Sourd, tels que définis dans la présente Charte.

Cordialement

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Giulia (435 messages) Envoyer message email à: Giulia Envoyer message privé à: Giulia Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
05-11-04, 20:08  (GMT)
20. "A Irleana"
Bonsoir Irleana
Pardonne moi de ne pas avoir pu te répondre sur cette discussion plus tot, mais j'étais hyper occupée entre le lycée et une soirée à laquelle je devais absolument assister (ça me gavait mais je devais y aller).

Je pense que honnettement, si la différence est le sel de la vie, ce sel de la vie est rarement valorisé par les institutions.
A l'école par exemple. J'ai entendu le cas d'une jeune fille qui s'est faite refuser par le lycée de son quartier alors qu'elle est brillante, tout ça à cause d'une maladie des reins qui nécessite des dialyse trihebdomadaires.
Par chance certains lieux, certaines écoles, font en sorte d'intégrer ces enfants dit différents. Je suis actuellement dans un lycée-collège qui a des classes de dyslexiques, et ces classes sont faites pour donner la possibilité à ces élèves d'avoir la possibilité d'intégrer une classe de lycée normale et d'avoir le bac, puis de faire des études supérieures.
J'ai en tete un reportage d'une école d'Ile de France (je ne me souviens plus du département, ni du nom de cette école) qui mélange handicapés et non handicapés, en donnant la possibilité à ces enfants handicapés d'avoir les soins nécessaires dans le cadre de l'institution.
Et beaucoup d'autres lieux dont oin parle malheureusement peu où la différence est admise et valorisée.

Dès que j'ai d'autres idées je les mettrai ici.

Giulia

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Irleana (1200 messages) Envoyer message email à: Irleana Envoyer message privé à: Irleana Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
07-11-04, 23:56  (GMT)
21. "RE: A Irleana"
Bonsoir Guilia,

>Pardonne moi de ne pas avoir pu te répondre sur cette
>discussion plus tot, mais j'étais hyper occupée entre le lycée
>et une soirée à laquelle je devais absolument assister (ça
>me gavait mais je devais y aller).
Tu n'as pas à t'excuser pour ça..Il ne manquerait plus que ça!
Je voulais te répondre, je l'ai fait jeudi d'un post informatique hors de chez moi..C'était pas très pratique, chronométré et tout et tout...
L'ordi est quasi réparé depuis ce soir, il était temps...
Comment s'est passé la soirée?

>Je pense que honnettement, si la différence est le sel de
>la vie, ce sel de la vie est rarement valorisé
>par les institutions.
Peut-être , mais penses-tu pouvoir justifier une valeur humaine face à une institution, face à une administration toute bien faite.
Article 1: Le chef a toujours raison.
Article 2:S'il a tort reportez-vous à l'article premier.

C'est ce que m'a laissé mon maître de stage RLE..
Comment veux-tu tenir tête à une logique toute casée?

>A l'école par exemple. J'ai entendu le cas d'une jeune fille
>qui s'est faite refuser par le lycée de son quartier >alors qu'elle est brillante, tout ça à cause d'une maladie >des reins qui nécessite des dialyse trihebdomadaires.

Je n'étais pas sous dialyses..Mais mon histoire perso m'a exclue a deux reprises du bahut 1)six mois en seconde, préparation seule face à soi même du bac français, j'étais en L.
2) Sans commentaires en licence LLCE..ah!! Procédure d'exclusion en cours avec le directeur de L'UFR, le médecin scolaire en chef, l'ingénieur hygiène et sécurité..Cas simialire il y a trois ans, sauf que là, la fille étudiante en lettres modernes avait quitté l'établissement.

> Je suis actuellement dans un lycée-collège qui
>a des classes de dyslexiques, et ces classes sont faites
>pour donner la possibilité à ces élèves d'avoir la possibilité
>d'intégrer une classe de lycée normale et d'avoir le bac,
>puis de faire des études supérieures.
Si tu veux, je peux venir.J'aime bien travailler ce genre de classes...S'ils ont besoin, je passe le permis et..
Bon, bon j'arrête mes bêtises.

>Et beaucoup d'autres lieux dont oin parle malheureusement peu où la
>différence est admise et valorisée.
Tu vois ça existe!!!Et c'est bien ça l'essentiel..

Tu disais que tu avais beaucoup souffert de ta surdité. C'est logique en soi, comme tout autre troube, handicap ou maladie..
Mais l'après,qu'en as-tu fait?As-tu déjà entendu parler de la "résilience" de Boris Cyrulnik ?
Cette page du Courrier de l'Unesco vaut le détour.Elle est générale, mais s'adapte à tous types de souffrances.
Personnellement, cela m'a aidé à apporter un début de réponses.


Propos recueillis par Sophie Boukhari - Courrier de l'UNESCO.
http://www.unesco.org/courier/2001_11/fr/dires.htm
<<Dans la plupart des cultures, on est coupable d'être une victime?

Face à la violence et à la déliquescence de la famille, de plus en plus de jeunes sont traumatisés ou, dans le meilleur des cas, très angoissés. Mais ils ne sont pas pour autant condamnés aux pires dérives. Aidons-les à devenir résilients, plaide Boris Cyrulnik.
Vous avez dû lire avec attention les profils de terroristes qui ont récemment été publiés dans la presse. Ces jeunes hommes avaient eu une enfance plutôt équilibrée, ils étaient diplômés... Pourtant, ils ont basculé dans le fanatisme et la violence.

Comment l'expliquez-vous?
Par l'absence d'empathie. Les Allemands sont devenus nazis exactement de la même manière: par incapacité de se représenter le monde de l'autre. Pour eux, il fallait être blond, dolichocéphale (au crâne allongé), non juif. Tous les autres étaient des êtres inférieurs. Les terroristes impliqués dans les attentats de New York avaient été des enfants bien élevés, bien développés, diplômés, mais n'avaient pas appris qu'il existe d'autres manières d'être humain que la leur.

Pourquoi?
Dans certains pays musulmans, il existe des fabriques de fanatiques. De la même manière, en France, on a inculqué la haine des «Boches» aux enfants, après la guerre de 1870.
Les professeurs étaient payés pour leur dire qu'un jour, ils accéderaient à la gloire en allant casser du Boche. J'ai vu la même chose au Moyen-Orient. J'ai vu des livres où l'on disait aux petits garçons que s'ils mouraient pour la religion, ils iraient à la droite d'Allah. Ces écoles, qui n'enseignent qu'une seule vérité, sont des écoles de haine.
Mais certains étaient des enfants d'immigrés plutôt bien intégrés en Europe...
Ils devaient faire partie de ces gens qui n'avaient pas réussi à passer le cap de l'adolescence. Il y en a de plus en plus dans nos pays, 30% en moyenne, parce qu'on ne sait pas s'en occuper. Ces jeunes qui flottent sont des proies parfaites pour les sectes et les mouvements extrémistes. Quand on ne sait pas qui on est, on est ravi qu'une dictature vous prenne en charge et, dès l'instant où l'on se soumet à un maître, à un texte unique, on devient fanatique. De plus, la mondialisation angoisse beaucoup de gens, qui ont l'impression d'être dépersonnalisés. Les personnes angoissées se sécurisent en obéissant à quelqu'un qui leur dit «voilà comment il faut se comporter». La soumission, chez ces gens-là, provoque la disparition de l'angoisse.

Vous ne pensez donc pas que la mondialisation économique induise une «mondialisation psychique», la naissance d'une sorte d'«inconscient collectif mondial» qui nous permet de nous adapter aux flots d'idées et d'informations venues de toutes parts?

Non. Il peut y avoir une mondialisation sur le plan technique mais pas sur le plan psychologique. Au contraire, si je veux voir le monde, il faut que j'accepte de ne pas tout percevoir. L'identité est comme la parole. Lorsqu'un bébé arrive au monde, il possède plusieurs milliers de phonèmes. Mais pour parler, il est obligé d'en réduire le nombre entre 100 et 300, selon les langues. L'identité, aussi, est une réduction: je renonce à mille choses que je ne pourrai jamais intégrer pour être la personne que j'espère devenir. Aujourd'hui, avec la mondialisation, beaucoup de gens cherchent à retrouver leurs racines pour pouvoir «se réduire» afin d'acquérir une identité.

Le repli identitaire serait donc dû à l'expansion trop brutale du «modèle» occidental?

Il y a effectivement retour à une identité forcenée, qui devient une aliénation. Comme c'est l'Occident qui a les armes, l'argent et la technologie, il y a de fortes chances pour que les mentalités occidentales se mondialisent. Soit les gens s'y plieront mais seront malheureux. Soit, à l'opposé, la haine de l'Occident grandira, comme actuellement. Des identités imaginaires, vieilles de plusieurs siècles ou même de plusieurs millénaires, continueront à resurgir. Nous avons donc le choix entre la «désidentification» et l'aliénation.

Il n'y a pas de solution médiane?
Si. Pour éviter d'être aliéné par une identité, il faut que les gens sachent qu'elle est constituée d'un patchwork de différents éléments. Toutes les identités sont le produit de l'héritage d'un père, d'une mère et d'une religion que chacun interprète selon son contexte culturel. En France, par exemple, les Bretons sont très fiers de leur vaisselle peinte de Quimper mais bien peu savent que ce style a été créé par un Italien immigré en Bretagne, il y a un siècle.

Vous avez évoqué les problèmes graves des adolescents d'aujourd'hui, qui «flottent» de plus en plus. De fait, on n'a jamais aussi bien compris les enfants que maintenant et pourtant, il n'y a jamais eu autant de névroses précoces, de suicides d'adolescents, de délinquance.

Ce n'est pas paradoxal. Tous les progrès se payent. Le prix de la liberté, c'est l'angoisse. Aujourd'hui, on aide les enfants à développer leur personnalité, à prendre conscience d'un tas de choses. Ils sont plus intelligents, plus vifs, mais plus angoissés. On s'en occupe très bien à la maternelle et à l'adolescence, on les abandonne. La société ne prend pas le relais des parents. Du coup, un adolescent sur trois s'effondre, après le bac généralement. Pour éviter cela, il faudrait davantage de structures sociales et culturelles qui leur permettraient de donner un sens à leur vie, en encourageant la créativité, la parole, l'être ensemble, l'élan vers l'autre. Or, on ne le fait pas. Problème de l'adolescent: «qu'est ce que je vais faire de ce qu'on a fait de moi?». Pour répondre à cette question, il doit être entouré de structures affectives (des groupes partageant la même activité, des copains) et pouvoir travailler. Mais la technologie a provoqué une telle révolution qu'actuellement, l'école a le monopole du tri social. Si un gamin ou une gamine s'y épanouit, il réussit des études et apprend un métier. Il fera partie des deux adolescents sur trois qui profitent de l'amélioration des structures de la petite enfance. Mais un enfant sur trois ne se plaît pas à l'école, s'y sent humilié et n'a pas la possibilité de s'épanouir ailleurs. Il se retrouve largué dans les quartiers, sans travail, et souvent sans famille... Comment fait-il pour retrouver son estime de soi? Il accomplit des actes «ordaliques», c'est-à-dire qu'il se met à l'épreuve, retrouve des rituels d'intégration archaïques comme la violence, la bagarre, la drogue.

Vous dites «il n'y a pas de famille». N'est-ce pas plutôt que la famille évolue?

Il n'y a pas de famille ET la famille évolue, comme elle l'a toujours fait. Quand ces gosses rentrent chez eux, il n'y a personne. Le père n'est pas là, la mère non plus. Pourquoi s'isoleraient-ils dans une maison vide alors qu'il y a des copains dans la rue? Dans certains pays d'Amérique latine, où j'ai travaillé, ils disent qu'ils se sont disputés avec leur mère ou leur beau-père et qu'ils sont partis. Dans la rue, où la vie est physiquement très dure, il y a toujours un événement, une fête, un vol, un truc à partager; on parle et on vit. Ces enfants-là s'adaptent à l'absence de famille par la délinquance. Un petit Colombien des rues qui n'est pas délinquant a une espérance de vie de dix jours: il est éliminé s'il ne s'intègre pas dans une bande. La délinquance est une fonction d'adaptation à une société folle.

Mais comment faire? Renvoyer les femmes à la maison?
Non. Mais il faut qu'il y ait quelqu'un, homme ou femme. Dans certaines cultures, où il y a encore des familles élargies, il y a toujours un adulte à la maison. Ailleurs, il faut innover. Au Brésil par exemple, des Brésiliens décident de fabriquer des familles qui n'ont rien à voir avec le sang, avec le biologique. Un vieux monsieur dit à une vieille dame: «j'en ai marre de descendre les pentes raides des favelas, je vais entretenir la maison»; la vieille femme dit: «moi, je vais m'occuper des enfants du quartier». Et puis un autre, plus jeune, dit: «moi, je ramènerai de l'argent car j'ai un petit boulot». Ce sont des familles verbales, qui passent une entente pour se protéger, s'attacher, faire la fête et s'engueuler, comme dans toutes les familles. La délinquance disparaît instantanément de ces foyers.
En Occident, la famille évolue très difficilement; non dans les faits, mais dans les lois et les mentalités.

On est partis sur un contresens, en parlant de «famille traditionnelle». Or, celle-ci est apparue au xixe siècle en Occident, en même temps que les usines. C'était une adaptation à la société industrielle: l'homme était une annexe de machine et la femme une annexe d'homme. L'usine fonctionnait, le château fonctionnait, les églises fonctionnaient. L'ordre régnait. Les individus, presque toutes les femmes et la plupart des hommes, étaient psychologiquement massacrés. Mais une minorité, 2% de la population environ, pouvait se développer correctement. Ils se mariaient pour transmettre leurs biens. A l'époque, cette famille traditionnelle était d'ailleurs assez peu répandue car la plupart des ouvriers ne se mariaient pas (puisqu'ils n'avaient rien à transmettre). Cette société a disparu, la famille traditionnelle existe de moins en moins mais le modèle est toujours dans les esprits. Et les lois commencent seulement à changer. Quand une seule théorie se met en place, l'évolution des mentalités est très lente. Il faut mener des «guerres verbales», débattre, publier, pour faire avancer les choses. On peut inventer mille formes de familles différentes mais les enfants ont besoin d'un lieu de protection, d'affection et de développement, avec des interdits: l'inceste et d'autres prescriptions, qu'ils peuvent négocier.

La notion de résilience que vous développez dans vos derniers ouvrages1 fait une très belle carrière. Pourquoi un tel succès?

Quand on se penche sur les enquêtes épidémiologiques mondiales de l'OMS, on constate qu'aujourd'hui, une personne sur deux a été ou sera gravement traumatisée au cours de sa vie (guerre, violence, viol, maltraitance, inceste, etc.). Une personne sur quatre encaissera au moins deux traumatismes graves. Quant aux autres, ils n'échapperont pas aux épreuves de la vie. Pourtant, le concept de résilience, qui désigne la capacité de se développer dans des conditions incroyablement adverses, n'avait pas été étudié de manière scientifique jusqu'à une période récente. Aujourd'hui, il rencontre un succès fabuleux. En France, mais surtout à l'étranger. En Amérique latine, il y a des instituts de résilience, en Hollande et en Allemagne, des universités de résilience. Aux Etats-Unis, le mot est employé couramment. Les deux tours du World Trade Center viennent d'être surnommées «the twin resilient towers» par ceux qui voudraient rebâtir.

Pourquoi ce concept n'a-t-il pas été étudié plus tôt?
Parce qu'on a longtemps méprisé les victimes. Dans la plupart des cultures, on est coupable d'être une victime. Une femme violée, par exemple, est souvent condamnée autant que son agresseur: «elle a dû le provoquer», dit-on. Parfois, la victime est même punie plus sévèrement que l'agresseur. Il n'y a pas si longtemps, en Europe, une fille qui avait un enfant hors mariage était mise à la rue alors que le père ne courait guère de risques. D'autre part, les victimes des guerres ont honte et se sentent coupables de survivre. La famille, le village les soupçonne: «s'il rentre, c'est qu'il a dû se planquer ou pactiser avec l'ennemi».
Après la Deuxième Guerre mondiale, qui fut la plus meurtrière de l'Histoire, on a basculé dans l'excès inverse. Les victimes sont devenues héroïques: elles devaient faire une carrière de victime car on pensait que si elles s'en sortaient, cela relativiserait les crimes des nazis. A l'époque, René Spitz et Anna Freud2 décrivent des enfants dont les parents ont été massacrés par les bombardements de Londres. Ils sont tous très altérés, pseudo-autistes, en train de se balancer, atteints de troubles sphinctériens. Lorsqu'ils les revoient des années plus tard, Spitz et Anna Freud s'étonnent de leur récupération et écrivent clairement que ces enfants abandonnés passent par quatre stades: protestation, désespoir, indifférence... tous les étudiants apprenaient cela. Mais personne ne s'intéressait au quatrième stade: guérison.

Comment la résilience s'est-elle imposée en psychologie?

Le mot, qui vient du latin resalire (re-sauter) est apparu dans la langue anglaise et est passé dans la psychologie dans les années 1960, avec Emmy Werner. Cette psychologue américaine était allée à Hawaï faire une évaluation du développement des enfants qui n'avaient ni école ni famille, et qui vivaient dans une grande misère, exposés aux maladies, à la violence. Elles les a suivis pendant 30 ans. Au bout de tout ce temps, 30% de ces individus savaient lire et écrire, avaient appris un métier, fondé un foyer: 70% étaient donc en piteux état. Mais si l'homme était une machine, on aurait atteint 100%.

Y a-t-il un profil socio-culturel de l'enfant résilient?
Non mais il y a un profil d'enfants traumatisés qui ont l'aptitude à la résilience, ceux qui ont acquis la «confiance primitive» entre 0 et 12 mois: on m'a aimé donc je suis aimable, donc je garde l'espoir de rencontrer quelqu'un qui m'aidera à reprendre mon développement. Ces enfants sont dans le chagrin mais continuent à s'orienter vers les autres, à faire des offrandes alimentaires, à chercher l'adulte qu'ils vont transformer en parent. Ensuite, ils se forgent une identité narrative: je suis celui qui... a été déporté, violé, transformé en enfant soldat, etc. Si on leur donne des possibilités de rattrapage, d'expression, un grand nombre, 90 à 95%, deviendra résilient. Il faut leur offrir des tribunes de créativité et des épreuves de gosses: le scoutisme, préparer un examen, organiser un voyage, apprendre à être utile. Les jeunes en difficulté se sentent humiliés si on leur donne quelque chose (et si en plus, on leur fait la morale). Mais ils rétablissent le rapport d'équilibre quand on leur donne l'occasion de donner. Devenus adultes, ces enfants sont attirés par les métiers d'altruisme. Ils veulent faire bénéficier les autres de leur expérience. Ils deviennent souvent éducateurs, assistants sociaux, psychiatres, psychologues. Avoir eux-mêmes été des «enfants monstres» leur permet de s'identifier, de respecter l'autre blessé.<<

Si tu veux il y a un autre lien intéressant sur carnetpsy
http://www.carnetpsy.com/Archives/Ouvrages/Items/cp47d.htm
Autrement dans tous les cas, je te souhaite une bonne soirée


Cordialement
et Amicalement

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Irleana (1200 messages) Envoyer message email à: Irleana Envoyer message privé à: Irleana Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
08-11-04, 00:29  (GMT)
22. "RE: La différence:c'est le sel de la vie, être différent c'est être tout simplement et s'accepter"
Bonsoir Guilia,


>Pour les relations amoureuses, la différence est un atout et c'est
>aussi >et le meilleur moyen pour que le désir continue. A 19 >ans mon premier petit ami m'a plaqué parce que j'étais >malade, "pas comme tout le monde". >Il le savait et pourtant le jour où je me suis
>retrouvée aux Urgences, il a flippé du haut de ses
>23 ans ..Et m'a dit
>"Tu comprends, Marie. Moi je veux vivre!
> J'ai la santé et je ne veux pas gâcher ma >vie à cause de toi..
Je veux profiter de ma vie, >mais avec toi ce sera dur..
>Les soucis, les médocs, moi j'ai le temps..
>Six mois après il est revenu, il m'a de nouveau fait
>croire qu'il m'aimait et voulait que je lui donne une
>seconde chance... Qu'il a de nouveau gâchée
>Je suis partie. Pour de Bon.
Celui-ci était en fin d'études d'ingénieur textile..
Un catholique pratiquant....Bon , ils ne sont pas tous comme ça..Mais là je t'avoue que..

Je ne sais pas trop comment t'expliquer ça..
L'ordinateur +++ perso m'a quelque scillée, et moi avoir besoin de sommeil

My father, a un cousin. Bref, il est sourd depuis l'âge de trois ans, à la suite d'une otite mal soignée, il s'est finalement mariée avec une jeune femme très jolie sourde de naissance. Les parents n'étaient pas très chauds, mais ils ont assumé le choix de leur amour, de leur vie et de leur famille. Ils ont trois enfants, deux "naturels" nés bien-entendants et ont choisi d'adopter une troisième fille, avides en quelque sorte de ciltiver leur différence. Toujours mon père a une collègue vétérinaire (enfin aux services vétérinaires) sourde de naissance, marié à un homme bien entendant. Un enfant est sourd (le dernier), le premier non.
Qu'importe, ils sont heureux..Mickaël, même sourd voit sa mère heureuse malgré son surdité..Et ne considère nullement ça comme une difformité.
M'enfin et Quasimodo, alors? Je rigole!

Le sentiment amoureux ne se résume pas une caractériqtique physique, à une faille existante ou comblée. Le sentiment amoureux, c'est l'amour tout court et la confiance réciproque en l'être humain.
Tu dois avoir confiance en toi, en tes capacités et t'accepter. Tout simplement, l'élu de ton coeur lorsqu'il viendre verra "Guilia".Toi tout simplement.Mais toi, tel que tu es, et tel qu'il te préservera dans son coeur

Un cuisinier de l'université mal-entendant ne peut s'empêcher de venir me voir pour discuter un peu..Une étudiante très brillante en licence d'arts du spectacle est sourde, elle fait de la danse, écrit, mime...
Caroline est aveugle elle. Elle est en troisième année de lettres.
Elle remet chacun de ses devoirs en tiers temps sur sa machine perso et adaptée. Elle est incroyablement attachante et bien depuis le mois de juin elle a rencontré un prince charmant qui l'accompagne chaque jour.

Félicitations pour ton acceptation à l'asso.
C'est là une partie de ton rêve qui enfin a porté ses fruits.Que cet investissement sache t'apporter confiance et persévérance renouvelée
Avec toujours une aussi belle chaleur humaine "contagieuse", sincère et authentique.

Prends soin de toi, Guilia. (Penses aussi à te ménager)
Cordialement
et Amicalement


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