Bonjour Joannie,La plupart des utilisateurs de ce forum, sont en majorité français, ils ont des conseils tout à fait pertinents, et je me permet d'ajouter mon grain de sel, car je suis aussi québécoise, comme toi.
-> J'ai été décue parce que personne ne voulait m'aider.
-> Si des médecins me lisent, j'aimerais qu'ils comprennent combien il est difficile de nous faire aider quand on nous balance d'un coté comme de l'autre.
Les difficultés auxquelles vous avez fait face pour obtenir des soins, ici au Québec, sont des situations plutôt communes. Que ce soit pour des troubles physiques ou psychiques, il est difficile de trouver des ressources, pour une prise en charge et un suivi.
Ce n'est pas que "personne ne veut vous aider", mais bien parce qu'il y a des manques de ressources évidentes. Les médecins comprennent bien ce qu'il en est, et sont eux aussi victimes de ce système. Ils voudraient faire plus, mais sont limités, faute de budget, d'installations adéquates, de manque de personnel, etc. Et ce n'est malheureusement pas en leur pouvoir de régler la situation.
-> Si vous saviez combien je suis fatigué de demander de l'aide en me faisaant transferé partout et refuser partout.
Je comprends que vous soyez fatiguée. Cela demande déjà du courage de reconnaître qu'on a besoin d'aide, et entreprendre les démarches pour avoir un suivi, et il est bien décevant d'essuyer des refus.
Ce n'est pas simple, et j'ai moi aussi dû cogner à plusieurs portes avant d'avoir un suivi adéquat. Ce qui est important de garder en tête, c'est qu'il s'agit de notre santé, et que c'est à nous de faire l'effort de cogner aux portes pour recevoir des soins, et de re-cogner de nouveau, autant de fois qu'il sera nécéssaire, pour obtenir les soins dont on a besoin, car personne d'autre ne le fera à notre place.
J'avais peur et je me sentais bien seule dans mes démarches. Je peux cependant vous donner quelques suggestions qui m'ont été utiles:
Personnellement, je m'étais mis en tête de trouver des soins rapidement, sans passage à l'acte préalable. Parfois quand on est à bout de ressources, il est facile de penser que pour obtenir des soins, il vaut mieux se blesser. C'est une erreur de penser comme cela. Il est possible d'obtenir des soins, sans passage à l'acte préalable. Personnellement, je me suis fait un défi, de leur faire comprendre à quel point j'étais au bord du gouffre, et que je consultais justement pour éviter que l'élastique ne "pète". J'ai insisté pour avoir de l'aide rapidement.
À l'une des cliniques, où j'ai obtenu des soins, il m'a été confiée par une intervenante, qu'ils essayaient, de prendre plus rapidement les personnes qui démontraient de l'insistance, en téléphonant par exemple. C'était pour eux un indicateur de la motivation de la personne, et ils activaient le processus pour fournir de l'aide plus vite, d'accrocher la personne, pendant qu'elle était prête à recevoir de l'aide. Ce qui veut dire, qu'il ne faut pas se gêner de téléphoner régulièrement, de demander où en est notre dossier, d'insister en répétant à quel point on a besoin d'aide et qu'on est motivé à entreprendre une démarche.
Une autre fois, comme je l'ai déjà exprimé dans ce forum, dans un autre fil de discussion, j'ai profité d'une tempête de neige, pour demander à la clinique où j'étais sur la liste d'attente, pour savoir s'ils pouvaient accélérer le processus, advenant le cas de cancellation de rendez-vous, et j'ai pu obtenir un rendez-vous la journée même.
Si cela vous intéresse, de manière générale, j'ai exprimé quelques opinions, dans ces deux messages, concernant cette difficulté d'accès aux soins de santé, au Québec:
http://www.atoute.org/dcforum/DCForumID4/383.html#4
http://www.atoute.org/dcforum/DCForumID4/383.html#8
-> Je le sais parce que durant tout ce temps ou j'ai crié pour qu'on m'aide et ou je me faisais refuser, j'ai essayé de m'aider.
C'est superbe que vous avez essayé de vous aider, comme vous avez pu, continuez vos efforts. Avec de l'aide, vous allez pouvoir aller encore plus loin, mieux vous connaître, vous comprendre, et développer des habiletés pour mieux faire face à l'existence et aux aléas de la vie.
-> Je voulais prouver a ma famille que je n'étais pas malade et que j'étais capable de m'en sortir sans ma psychiatre qui ne voulais jamais m'aider.
J'ai envie de vous dire d'oublier la famille, et de vous concentrer sur vos besoins. Vous n'avez rien à leur prouver, et ce n'est pas une honte que de demander à s'en sortir AVEC de l'aide.
Quand quelqu'un a un problème de peau, il consulte un dermatologue, quand quelqu'un a un problème cardiaque, il consulte un cardiologue, quand on a un problème psychique, on ne va pas chez le plombier, on consulte un psychiatre ou un psychologue, selon le cas, de la même manière que l'on fait pour tout autre problématique. À chacun sa spécialité.
Pour ce qui est du "manque d'aide" de votre psychiatre, il y a peut-être lieu de vous demander, si vous avez su lui communiquer votre détresse et votre besoin d'aide. C'est essentiel de le dire, car même s'ils sont des spécialistes du psychisme, ils ne devinnent pas à quel point l'on est en détresse et qu'on a besoin d'aide, si on ne le dit pas. Si le soignant ne comprends pas, il y a lieu d'insister.
-> Sa secrétaire m'a dit d'aller a l'Urgence de l'hopital si je ne me sentais pas bien.
C'est aussi une solution. Il vaut mieux prendre de l'aide d'urgence que pas du tout si cela ne va pas. Et ça peut être une porte d'entrée pour recevoir des soins et un suivi à plus long terme.
-> Je suis pas cinglé. Je suis consciente de ce que je fais et dit quand je vais bien, je sais ce que font 1+1 , je suis bonne a l'école ..
Je n'ai pas le sentiment que vous êtes cinglée. Et avoir un trouble de personnalité ou une maladie mentale, n'a rien à voir avec un manque d'intelligence. Certaines personnes très intelligentes, vivent et ont à composer avec des difficultés psys, et ne sont pas cinglées pour autant.
J'ai moi-même un suivi psychologique et psychiatrique, comme plusieurs autres participants réguliers à ce forum, et je n'ai pas l'impression qu'aucun de nous ne sommes cinglés.
-> Je suis déménagé depuis juillet dans les environs de Joliette,situé dans Lanaudiere a une heure de Montréal. J'ai demandé de transféré mon dossier a Joliette pour avoir un suivi régulier avec un psychiatre. J'espere qu'il pourra m'aider.
Où en êtes-vous dans ces démarches? Êtes-vous passé par un médecin de famille ou directement à l'hôpital pour avoir un suivi?
-> Je ne demande pas de l'aide par plaisir mais parce que je veux une thérapie.
Alors je vous encourage à poursuivre vos démarches. Parfois on a le sentiment qu'on est complètement à bout, mais il nous reste toujours plus d'énergie qu'on ne le croit. Insistez pour obtenir les soins dont vous avez besoin. J'ai eu à faire les mêmes démarches que vous, et je ne le regrette aucunement. Une fois le travail sur soi entamé, le chemin est parfois long, ardu, mais les bénéfices obtenus à moyen et long termes, en valent grandement la peine.
Bonne route,
Aloès