Bonsoir Ca me rend toute triste de lire ce que vous écrivez au sujet de vos rougissements, parce que lorsque je me sens rougir, je m'aime, je me sens comme une jeune fille toute pure et toute fraîche, toute intimidée et je me dis que c'est chouette que malgré mon âge (47 ans) et mon vécu de patachon je sois restée vulnérable et tendre quelque part en moi.
Jamais je ne voudrais me séparer de ce symbole de mon enfance juste pour "paraître", pour ressembler à ces gens qui ne perdent jamais la face mais qui ont un coeur de pierre parfois.
Un jour, je devais assister à une réunion de travail entre les élus de ma région, des journalistes et les entreprises concernées dont j'en représentais une.
Le micro faisait un tour de table afin que chacun indique son nom et ce qu'il représentait.
Plus le micro approchait vers moi, plus mon coeur battait à tout rompre, plus je me sentais rougir et comme me décomposer petit à petit sur ma chaise.
Et je me disais pour moi même : "Mais enfin Sylvie, tu as travaillé dans le tourisme, tu as fait du commerce, on ne te demande que de décliner ton nom et celui de ton entreprise, c'est pas la mer à boire ! Arrête de paniquer comme ça !"(je dois vous avouer que lorsque je travaillais dans le tourisme et le commerce, je le faisais à grand renfort d'alcool pour calmer ma timidité, et le jour de cette réunion, je n'en consommais plus une goutte)
Et plus je voulais que mon coeur se calme, plus je voulais moins rougir, plus l'inverse se passait.
Le micro s'est retrouvé entre mes mains.
Je me suis dit trés vite : "Ou tu continues de jouer la comédie de la personne sûre d'elle pour ressembler à tout le monde, ou tu es hônnete et toi même quoiqu'ils en pensent"
Et j'ai choisi d'être honnête; J'ai dit dans le micro que je ne savais pas pourquoi le simple fait de devoir dire mon nom (je l'ai cité) et que je représentais l'entreprise untel (je l'ai citée aussi)faisait autant battre mon coeur et me faisait autant rougir mais bon...Que c'était comme ça...
Il y a eu une vague de rires de sympathie dans l'assistance, comme si le fait de m'être dite avait détendu tout d'un coup l'atmosphère et que chacun, même ces hommes politiques toujours en représentation, avaient eux aussi le droit d'être un peu eux mêmes.
L'aprés midi de travail qui s'en est suivi a été d'une légèreté et d'une bonne humeur peu communes, et je sais que ma franchise n'y a pas été pour rien.
Comme quoi, me bombarder à la chirurgie esthétique, au lazer, pour me faire taire, pour m'étouffer, NON.
Même si je suis seule face au reste du monde avec mes rougissements (ils me vont tellement mieux que les rugissements de certains), je les revendique, ils me vont bien ! 
Poulou