rebonsoir,la dépression se répend à l'entourage : le dépressif étant en général assez passif (à cause précisément de la dépression, pas de son caractère), il faut agir pour lui et pour vous.
Deux dépressifs : deux vies à gérer en plus de la votre.
Trois dépressifs : etc...
Evidement, à ce rythme, on se fatigue et on est vulnérable à la dépression, ou à une autre maladie.
Philippe, vous dites "Il ne faut pas hésiter à demander une aide
psychologique" : je rajoute (encore et toujours) une aide matérielle. Faites vous aider par vos conjoint, enfants, parents, frères, soeurs, femme de ménage, voisine pour les tâches quotidiennes. PArce que la dépression dans les livres, c'est peut-être très psychologique mais à vivre, c'est la course après le repassage le ménage les lessives le travail. On n'a pas tellement le temps de psychoter.
"Certaines personnes ont vraiment une personnalité dépressive et seront déprimés ou en traitement une grande partie de leur vie. Pour d'autres
>la dépression semble être un "épuisement du cerveau". L'épuisement est
>tel qu'ils ne peuvent plus affronter les problèmes quotidiens. Ce
>n'est qu'un mauvais passage dans leur vie. "
Ah là là, quand comprendra-t-on que la dépression n'est pas un problème "moral" ? !?
Philippe : comment vous expliquer ça ? je ne suis pas plus "heureuse" maintenant qu'il y a trois mois, au creux de la dépression. Mon corps fonctionne mieux. Par exemple, sans dormir plus, mes nuits sont plus reposantes. Le sommeil est plus profond. Mon appétit s'aiguise. Je mange plus (j'ai repris 7 kilos) et je suis plus alerte.
Mais rien à voir avec le moral puisque rien n'a changé dans mon environnement et j'ai toujours à affronter les mêmes problèmes. Mais j'ai reconstruit ma réserve de forces et je suis à nouveau prête à endurer quelques nuits blanches si besoin.
>La question est difficile : comment distinguer les facteurs d'hérédité
>des facteurs culturels ?
Toujours la même histoire, Philippe. Je suis d'un naturel très pétillant et la dépression m'a frappée plus radicalement qu'elle n'aurait frappé une personne calme, mélancolique.
Quand on brule la chandelle par les deux bouts, on s'expose... Les "natures dépressives" sont en réalité bien plus résistantes à la dépression... car ce sont des gens qui ne se fatiguent jamais trop... J'en sais quelque chose, j'en ai plein autour de moi 
Là, je pense être en bonne voie de guérison. Ma dépression aura débuté au début du mois de mars. Diagnostiquée fin mai. Traitée depuis juin. Vous comptez : ça fait 8 à 9 mois avant de sentir un mieux-être.
Et bien aussi paradoxal que ça puisse être, c'est plus pénible maintenant que lorsque j'étais au fond du trou.
Quand j'étais au fond, j'étais complètement choutée, je ne me rendais compte de rien pas même de mon état. J'attendais passivement que "ça change".
Maintenant, c'est une lutte, un combat de tous les instants. C'est plus pénible mais ce qui rend heureux, c'est de retrouver la force de se battre.
Bon. Ce n'est peut-être pas très clair ce que je dis. Disons que la guérison est moins confortable que la maladie mais c'est plus gratifiant. Ca résume un peu ?
Cécile-qui-s'acharne-à-montrer-le-vrai-visage-de-la-dépression.