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Discussion : "Dois-je m'inquiéter pour mon ami?"

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Fuchinran (16 messages) Envoyer message email à: Fuchinran Envoyer message privé à: Fuchinran Voir profil de ce membre Voir addresse IP de cet auteur
08-04-04, 15:37  (GMT)
"Dois-je m'inquiéter pour mon ami?"
J'ai aimé (et j'aime toujours) un garçon de 30 ans pendant plus
de trois ans dans des circonstances assez pénibles. J'ai 27 ans,
c'est mon premier amour et je suis son premier amour réel après un
premier amour non partagé ni concrétisé à 18 ans. Il est récemment
sorti d'une période noire de chômage et de dépression grâce au
soutien de sa famille chez qui il est parti vivre et au mien ;
pendant les 3 ans de son état, j'étais présente, malgré de longues
périodes de mutismes et de rejets, mais à chaque fois que nous
restaurions le dialogue, il disait m'aimer et il semblait mieux
pendant quelques temps... A cette époque (2000- Juillet 2003) il
pensait d'ailleurs être "malade" dans certaines périodes de réflexion
sur son état quand nous en discutions et il se voyait parfois comme
un nul, "une personne honteuse", un "boulet" (classique chez les
dépressifs) ou pire comme "un monstre", "un immonde salaud", "une
personne qui avait même peur d'être ce qu'elle voyait en elle et qui
avait peur d'être dangereuse".

Depuis un mois qu'il a trouvé cet emploi et est revenu dans la
vie bien réelle et active qu'il n'avait pas connue depuis des années,
il a décidé de ne plus me donner de nouvelles (3ème phase de
mutisme), alors qu'une semaine avant, il me parlait de projet de vie
commune à terme, de rencontres enfin possibles à nouveau si ses peurs
ne le bloquaient pas.

J'ai l'impression qu'il a entrepris de détruire tout ce que l'on
a vécu, à commencer par notre relation de confiance et d'amour, de
manière dégradante, humiliante, lâche et malsaine ce qui l'entraîne
dans un procédé de discrédit de ma personne aux yeux de sa famille
qui ne me connaît que par mes appels. Après trois semaines
d'inquiétude, partagée alors avec sa mère car elle ne comprenait pas
son comportement de repli et de mutisme, il a fait appeler un soir
des personnes inconnues pour me dégoûter et pour me proposer des
insanités du genre "tu veux sucer, baiser ?". Depuis, il joue encore
plus le double jeu puisque sa famille qui m'appréciait et me
respectait vraiment est tout à coup hostile et ne veut pas vraiment
me parler prétextant que je n'ai qu'à discuter avec lui. Je deviens
l'indésirable qui continue à appeler une fois par semaine et qui
refuse d'accepter la fin d'une histoire d'amour ... Savez-vous
discuter avec un mur qui les convaint sûrement qu'il m'a informé de
quelque chose que j'ignore? J'imagine qu'il leur a dit des choses à
mon sujet même s'il ne parle jamais de ses sentiments ou de sa vie
privée, qu'il leur a aussi dit qu'il n'avait rien à faire de moi, que
je le persécutais malgré tout ce qu'on a vécu et qui n'était pas
imaginaire. Je serais censée être informée, il le fait croire à sa
famille d'après ce que je décrypte dans leurs réponses très cassantes.

Se pourrait-il que l'on détruise les relations avec des personnes
aimées (et donc la personne même) et à quoi était-ce du ? Je pense
qu'il peut être malade, peut-être atteint d'un trouble de la
personnalité (limite? évitante ?, phobique social ?). En tout cas, il
est évident que l'on ne met pas en scène un tel manège et un tel
rabaissement et rejet, si on se rend simplement compte qu'on aime pas
assez ou pas du tout une personne.

Cette personne vit à 1000 km de moi depuis 9 mois, je ne lui ai
jamais rien demandé, j'ai partagé énormément de choses par téléphone
puisqu'il était toujours terrible de se rencontrer normalement (il
sabordait tout), je suis passée sur de nombreux manquements (retards
énormes de plusieurs heures pour nos rendez-vous, ratages, manque
d'attention, oubli d'anniversaire, mutismes pendant des mois allant
de 6 à 9 mois, coupure systématique avec tous ses contacts sans
jamais leur donner signe de vie...). Il est tombé amoureux de moi
quelques mois après notre rencontre alors qu'il n'était qu'un ami,
mais j'ai l'impression qu'il m'a aimée seulement en rêve dans sa tête
comme il dit vu que la personne ne l'aimait pas, il n'aurait aucune
autre expérience ; il prétend m'avoir toujours aimée et respectée et
jusqu'à il y a un mois, il était dans une phase de stabilisation.

Aux yeux de son entourage qui le retrouve après 15 ans et qui l'a
très tôt laissé se débrouiller sans encadrement autre qu'une aide
financière, il est presque parfait et digne de confiance évidemment :
prêt à aider tout le monde, discret, ne parlant jamais de sa vie
privée, s'entendant bien avec la plus grande majorité même s'il
sélectionne ses contacts, sociable en groupe. Il a trouvé un travail
et il n'y a que cela qui compte.

L'envers du décor est lourd (mutismes très longs, fuites au moment
d'une possible concrétisation plus engageante de notre relation,
mensonges pour excuser ses manquements, manques de considérations
importants, invention de relations amoureuses qu'il a fait croire à
sa famille pour faire comme les autres et dont j'ai été la première
informée, conduites limites avec des substances comme l'alcool...) !
Ses parents ont déménagé à l'étranger quand il avait 14 ans, il a
souffert assez tôt d'un sentiment d'abandon dont culpabilise sa mère
car très jeune sa mère privilégiait son travail et ses parents à ses
deux fils et surtout au second (mon ami) qui semblait plus solitaire
et mieux accepter cet état surtout que son frère était très jaloux
dans sa jeunesse et ne voulait pas de lui. Comme ses parents l'ont
retrouvé après 10 ans de vie indépendante dans un état déplorable
avant de le ramener avec eux, ils se disent que ce n'était qu'un état
passager et ont l'air de beaucoup se voiler la face quand ils ne se
dédouanent carrément pas lorssque j'essaie de leur parler et
d'attirer leur attention sur un état qui me semble étrange. Dès sa
petite enfance, il a eu un sentiment énorme d'abandon et un événement
traumatique (à la mort de son grand père qui avait détruit sa guitare
quand il avait 5 ou 6 ans ce qu'il n'a jamais pardonné). Il n'a
jamais conservé de contacts avec les gens qui étaient pourtant de
bons copains ou amis ; de plus loin que s'en souviennent ses
rares "amis", il était "déprimé" et "étrange" : il ne s'est jamais
impliqué trop intimement ou personnellement et a toujours été de
tendance à se replier, à être mélancolique et avoir des idées noires
exprimées par l'écriture de nouvelles...

Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il essaie de me "détruire"
comme il s'est senti "détruit" par son premier amour avec qui il ne
s'est jamais rien passé (pas même un baiser bien qu'ils voulaient
aménager ensemble ; malchance, nous avons le même prénom). Cette
fille l'a laissé tomber pour un copain à lui qu'il a même aidé de
manière à rester près de la fille qui le faisait rêver en partageant
leur quotidien. Un ménage à trois par procuration en gros.

J'ai décidé de mettre fin à notre relation malsaine et irréelle du
point de vue sentimental en lui demandant plus de réalité et de
concret, plus d'actes et de nouvelles rencontres ; il l'a mal
interprété en pensant que j'en avait marre et s'est senti très mal
mais a accepté sans broncher la fin de la relation, avant que je ne
lui dise que je voulais juste être plus réelle pour lui. Il a,
depuis, en revanche, entrepris un sabordage de notre lien de
confiance dès l'annonce de son nouveau travail. Je le considère comme
en ami quoiqu'il fasse, j'ai peur qu'il veuille se détruire, en me
détruisant et en détruisant notre relation.

Je ne veux et ne peux pas en l'état tourner la page ce qui serait
plus sage, oublier et le laisser dans un état qui pourrait être
dangereux autant pour lui que pour les autres. La perversité des
troubles psychologiques étant bien que certaines personnes, souvent
les proches, ne voient pas la gravité de l'état et les malades
peuvent très bien le cacher!


Mon sentiment est qu'il a choisi dans un moment d'anxiété totale
(nouvel emploi, nouvelles responsabilités dans lesquelles il
s'enfonce corps et âme au point de ne plus avoir un instant pour lui,
peur de ne pas réussir) de tout détruire pour pouvoir (lâchement,
indirectement et parfois de manière rabaissante) mettre fin à notre
amour en se disant que c'est lui qui a eu la maîtrise d'une situation
qu'il n'aurait pas dans son esprit réussi à maîtriser si elle était
devenue plus réelle et engageante. C'est un anxieux chronique,
maladif même. Ses connaissances abondent dans mon sens, mais je sais
que je suis pour l'instant indésirable et que je ne peux ni ne dois
pas l'aider.

Ce genre de comportement peut-il cacher une pathologie, un trouble
phobique ou est-ce de la simple lâcheté face à quelqu'un dont on a
rien à faire même si on lui a confié des choses intimes pendant des
années alors qu'on en avait jamais parlé à personne et qu'on disait
l'aimer depuis des mois de manière inébranlable?


Quelques symptomes que j'ai observés :

- Sentiment intérieur d'être différent avec quelques sensations d'être "un salaud" ou un "monstre"
- Sentiment d'être condamné à vivre et mourir seul
- Refus prolongé de répondre au téléphone à qui que ce soit (en particulier à moi dans les phases difficiles)
- Coupure brusque, sans la moindre explication et sans forcément de raison dans la relation
- Repli très prononcé sur soi
- Difficulté à assumer la solitude malgré son caractère solitaire
- Difficulté à se gérer sans encadrement familial
- Abus à une période d'alcool dur
- Limitation très forte des contacts très personnels
- Bon contact social mais tendance à ne pas s'impliquer du tout et
rester très extérieur aux échanges
- Mutismes prolongés (6 mois, puis 9 mois au moins) à mon égard
(j'étais la personne qu'il aime) et tendance à de longs silences avec sa famille quand il est seul
- Anxiété panique et chronique
- Colères fortes (dont je n'ai pas été le témoin mais qui m'ont été
rapportées par sa mère)
- Troubles physiques en cas d'anxiété (boule à l'estomac très
bloquante, insomnies)
- Refus d'affronter certaines situations jusqu'à ce qu'il soit poussé
par ses parents (il a repoussé le permis qui le paniquait jusqu'à
maintenant car il était terrifié à l'idée de mourir)
- Peur du passage à la réalité dans les relations personnelles proches
- Tendance à perdre ses contacts et à ne jamais les recontacter
- Manque de considération, d'attention aux autres dont il est
partiellement conscient
- A de nombreuses périodes, troubles du sommeil avec des
endormissements de plus de 48h sans qu'il s'en rende compte avec
alternance d'insomnies.
- Terrible peur de l'abandon et peur simultanée d'être seul ou d'être
avec quelqu'un.
- Sabordage plus ou moins conscient des situations réelles
impliquantes (notamment la nôtre) ...
- Invention de relations amoureuses pour rassurer sa famille ; mensonges peu importants pour excuser ses manquements
- Détachement important des choses, des gens surtout quand il s'agit du domaine privé.


Il cache très bien son état et sa personnalité à sa famille, notamment sa mère qui reconnaît avoir retrouvé un homme qu'elle ne connaît pas malgré 8 mois de vie commune ces derniers temps.

La liste n'est pas complète.


Merci pour vos commentaires!

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