Bonjour Philippe,
Au hasard d’une ballade, le titre m’interpellant, je suis tombée sur cette discussion C’est un peu une intrusion de ma part, je sens bien que c’est un échange entre deux médecins. J’ai envie de faire part de mon point de vue en tant que malade
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Tu soignes un problème qui arrive à des gens et moi, je soigne des gens qui ont un problème.
Je n’ai peut-être pas très bien compris, mais que ce soit des généralistes ou des spécialistes, il y en a qui soignent le pb et d’autres la personne qui a un pb. Il y en a qui sont des médecins et d’autres qui n’en méritent pas le titre. Les généralistes n’ont pas le monopole pour appréhender le malade dans sa globalité. C’est une exigence minimale que nous demandons à tout médecin. Je vais voir un médecin, pas un garagiste ou un plombier ! Je suis suivie par différents spécialistes, ils m’appréhendent dans ma globalité en tant que femme. Ils tentent de concevoir le pb en le reliant à l’ensemble de la pathologie Soigner seulement le problème, ce n’est pas soigner et cela me semble totalement impensable. Nous n’avons pas seulement un œil qui souffre, mais un œil qui appartient à un corps, lequel malmené de différentes manières dans notre vie. Il me semble inconcevable qu’un médecin ne s’intéresse qu’au pb. J’ai donc beaucoup de difficultés à imaginer que vous puissiez ainsi réduire le rôle du spécialiste et j’ai du mal à vous suivre.
J’accepte toutefois d’avoir mal interprété
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Notre boulot est justement de savoir à qui adresser les gens et quelles sont nos limites
Cette phrase aussi m’interroge. Où est la place du patient, son choix, sa capacité à prendre une décision.
Il est évident que pour une simple conjonctivite je vais aller chez un généraliste, au préalable chez le pharmacien.
Pour exemple, il y a quelque mois, des douleurs effroyables dans un l etc. J’ai appelé le généraliste. Diagnostic : kératite
3 semaines après, re : à cette époque et pour d’autres raisons, j’étais hospitalisée : même traitement
6 semaines après, re : Je n’ai pas appelé mon généraliste, je n’avais pas besoin qu’il me indique qu’il fallait consulter mon ophtalmologue, nous sommes capables de savoir à qui s’adresser et quand … Ce dernier m’a reçue en urgence (je confirme les paroles de Muratet). Une kératite, c’est très douloureux !
Il connaît mon histoire médicale et après discussion a relié le pb à celle-ci, aux derniers évènements vécus. Il n’a certainement pas fait que " soigner le pb ", contrairement au généraliste, soi dise en passant. Nous avons longuement discuté avant l’ ’examen technique’ Les kératites à répétitions étaient dûes aux nombreuses anesthésies générales de ces derniers mois, assèchement de la cornée, etc. Un appareil est très utile pour voir l’état !
Traitement pour 6 mois, etc.
Tout cela pour vous expliquer que nous sommes capables de nous rendre compte lorsque cela relève du généraliste ou du spécialiste. Nous n’avons pas forcément besoin d’un généraliste pour nous dire " allez voir l’ophtalmo etc " et re " Les spécialistes sont aussi des médecins qui soignent des personnes qui ont un pb "
En ce qui concerne les gynécologues ; votre avis est très tranché, il faut concevoir que nous, femmes, en ayons d’autres. J’ai vécu aux usa, pays du médecin référent par excellence, pas de spécialiste sans son accord. Excepté pour ? Les gynécologues, nous les voyons directement sans l’autorisation du médecin référent. Idem pour tout ce qui est pédiatre.
Je fais partie de celles qui sont attachées à la fonction des gynécologues et je me battrais pour qu’elle perdure. Il y a toute une dimension de mon corps de femme, de mon histoire avec celui-ci dont je ne désire pas débattre avec un généraliste. Je considère un pb, la pré-ménopause, excusez-moi, je n’ai pas envie de franchir cette étape avec un généraliste, je ne le sens pas compétent pour le traiter, pour m’ accompagner plusieurs années. Ce ne sont pas que des pilules à distribuer… C’est toute une relation, une histoire que nous partageons.
En France, des propositions émanent, mais sans considérer au cas par cas, en fonction de chacune des spécialités, résultat vous vous opposez un refus en bloc. Il n’est pris en compte que l’économique ! Sans, bien entendu, consulter les usagers….
Je crains le système du médecin référent, la rigidité qui risque d’être engendrée. Aux usa, toujours, la première fois, j’ai dû rencontrer le médecin référent. Totalement dépassé par la complexité de ma pathologie, il a paré au plus pressé, pour les consultations urgentes. Je ne l’ai plus jamais revu.A chaque demande d’autorisation de la part de l’assurance, il signait : kines, examens divers, hospi, consults (au moins 2/mois), etc. il anticipait même, un certain nombre de rdvs étaient autorisés par avance. Je ne défends en aucun cas ce système, mais il y a des choses intéressantes.
Aujourd’hui, aucune certitude qu’une telle souplesse puisse exister.
Il existe une tendance à prendre les patients pour des ‘débiles’*, les infantiliser. Je crains le renforcement de cette situation, augmentation encore du pouvoir médical. A ce niveau-là, je n’ai pas confiance ds les médecins de mon pays … Le passif culturel est trop grand, de-ci, de-là des comportements nouveaux surgissent, mais ils demeurent sporadiques. C’est le vivier de ce forum. Si les médecins expliquaient, considéraient l’autre comme quelqu’un qui peut partager s’approprier, décider, le forum n’aurait plus de raison d’être. Vous allez me rétorquer, " au patient de changer aussi ! " C’est en partie vrai, mais seulement en partie. Vous possédez le savoir, le pouvoir. Lorsque j’entends des, svp Dr, merci Dr " cela me hérisse ; Si déjà les patients vous appelaient Mr ou Mme ; Vous avez un doctorat, dans bien d’autres disciplines des personnes en possèdent et ne se font pas appeler Dr. Par cette dénomination la frontière est déjà posée . ils se taisent car avec M le Dr, il faut être gentil, il a tout pouvoir sur moi en particulier celui de bien ou de mal me soigner, de ne plus s’intéresser à moi. Aujourd’hui ds certains hôpitaux, en particulier celui que je fréquente, les chefs de clinique et les internes se font appelés par leurs prénoms, le chef de service par M/Mme ou encore Prénom + nom
Ce qui est étrange, je vais vous dire, c’est que se soit avec les généralistes qu’il soit le plus difficile de dire monsieur.
Quand on aura réussi à mettre dans la tête des gens qu'il faudrait consulter un généraliste systématiquement avant un spécialiste, ce sera un gain de temps, de santé et d'argent pour tout le monde.
Il est évident que dans la situation d ‘aujourd’hui, je m’oppose totalement à cette idée. Nous patients, sommes aussi capables d’évaluer ce qui relève du généraliste, ce qui relève du spécialiste. Je me souviens de la discussion sur les douleurs neurogènes, que de temps perdu, que d’argent (bts de médicaments non consommées, médecin venant pour rien), que de souffrance pour la mari de thorb. Simplement parce qu’un généraliste comme beaucoup d’autres (plus que vous croyez) pensait tout savoir, etc. Si l’hôpital n’avait pas oublié de le faire suivre cet homme directement par un neurologue, il n’aurait pas tant souffert.
http://www.atoute.org/dcforum/DCForumID5/6411.html
Sur un sujet que je connais bien : si vous saviez le nb de généralistes qui prescrivent liorésal, dantrium, etc contre la spasticité sans jamais se poser la question qu’il existe peut-être d’autres alternatives : les pompes, les toxines chez certains, ils ne connaissent pas. Ce qui me choque c’est qu’ils n’aient pas le réflexe systématique de demander au patient de faire le point 1/an avec un neurologue. Ces informations je les tiens d’une copine pharmacienne. Par contre, mon généraliste, s’est servi de mon expérience pour envoyer consulter un certain nombre de ses patients. Nous avons beaucoup discuté, il y a 4 ans, il ne connaissait aucunes autres alternatives. Les pompes sont implantées depuis la fin des années 80…
Il y a un réel pb de remise à jour des connaissances chez les médecins qui ne pratiquent pas en milieu hospitalier. Lorsqu’un ami m’informe que son généraliste l’envoie vers un spécialiste, je lui conseille toujours de vérifier si celui-ci a encore un pied ds l’hôpital, praticien hospitalier etc.
Il y a un aussi énorme besoin de ‘formation’ du côté des patients. Apprendre à s’approprier sa maladie etc. C’est surtout votre rôle en tant que médecin…
C’était juste quelques remarques. Ce n’est pas à vous que je tiens rigueur, vous et moi nous désirons la même chose, tenter de modifier cette relation soignant /soigné. Mais il nous reste aussi à titre personnel de vieux schémas. Désolée c’est un peu long, je suis très fatiguée donc ce n’est peut-être pas très clair.Pas le temps de relire
Amicalement
Mary
<sum> A ce propos, je n’ai toujours pas digéré le terme de " la pauvrette " employé par Hélène discussion ‘ce forum est nul, (impossible à retrouver). Il renvoit à tout ce que j’exècre infantilisation, etc. C’était peut-être une personne de l’âge de sa mère ! Il a cassé quelque chose que je n’arrive pas à dépasser. Je répondrai peut-être à cet ancien message d’Hélène Je ne désirais pas rentrer ds la spirale de l’agressivité, j’ai préféré me retirer. Du coup, les échanges s’effectuent par mail …