Discussion: Témoignages
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Vieux 25/09/2007, 13h52   #37
tabaco
 
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Re : Témoignages

Comme par hasard, je remets ici le témoignage de mes 2 ans, le 14 aout...

J'ai pas pu m'empêcher....


Putain, 2 ans déjà…. Comme si c’était hier.

Si je résume à nouveau mon histoire, ce n’est pas pour faire plaisir à Gaby , mais pour montrer aux arrivants que c’est tout à fait accessible. Je me suis arrêté à 47 ans, après 33 années de tabagie consciencieuse, dont plus de 20 années à plus d’un paquet par jour, et les 10 dernières un paquet de roulées tous les 2 jours.


Il y a 2 ans jour pour jour, j’étais revenu de Paris la nuit du 13 au 14, grillé mes dernières roulées dans ce train où les wagons fumeurs existaient encore. C’était le bon temps…. J’avais conservé tous les fétiches du fumeur, bien décidé à ne pas me mettre la pression, les fois précédentes ayant lamentablement échoué. Alors, je me disais, si je dois refumer, pas la peine d’aller jusqu’au tabac presse.

Peu de temps avant, j’avais eu des ennuis de santé, oesophagite, et problèmes cardiaques. Bon, ça m’avait motivé, un peu, mais je ne pense pas après coup que tout vienne de là. Je me suis longtemps cru indestructible.

Comme tout le monde, j’ai eu un début dur physiquement, mais j’étais prêt. J’avais mis la barre haut. J’avais programmé un chantier de mise en peinture de ma cour, pas facile de fumer quand on trimbale le pinceau et le seau. Ces premières semaines, aidées par les patchs, ont été dures, sans plus. J’étais fier, euphorique de cette réussite à laquelle je n’avais pas cru. Peut-être parce qu’à aucun moment, je ne me suis dit que c’était pour la vie. Quand je serai vieux, que je n’aurai plus personne à charge, je ferai ce que je veux de ma vie.

Comme tout le monde, j’ai vécu une première année de re-construction de moi, à tout devoir ré-apprendre sans la cigarette, mais vraiment euphorique, saoulé par cette relative facilité. J’ai passé la première année sur un nuage. Tout a été comme dans les livres : des pulsions de plus en plus rares et facilement maîtrisées, une fois la surprise passée.

La deuxième année a eu un autre goût. Retour de tracas de santé, soucis avec ma maison, décès de proches, voire de très proches à répétition (4 en moins de 2 mois ….), soucis familiaux divers. A aucun moment je n’ai eu envie de refumer, ce qui, à mon sens, est un bon indicateur d’un deuil terminé. Mais alors ?

Alors, j’en suis à mon deuxième gros sevrage, le premier datant d’octobre 1990, à une époque à laquelle atoute n’existait pas dans nos rêves. Sevrage alcoolique, mené aussi tambour battant, sans difficulté, 2 mois d’anti dépresseurs pour passer le cap et tout a baigné. Et cette deuxième année de sevrage a été pour moi la dure prise de conscience que je n’avais pas droit aux dérivatifs : l’alcool faisait sauter mes inhibitions, le tabac, l’objet cigarette roulée avec son cérémonial me donnait une contenance, ritualisait les relations. J’ai un peu de mal à retrouver cette facette conviviale sans clope. Non, je n’ai pas dit que j’envisageais de refumer. Mais sans « artifices », ce n’est pas évident de trouver mes marques. Ca aussi, c’est se re-construire, et c’est un aspect auquel je ne pense que depuis peu.

Je fais partie de ceux qui ont pesté contre la loi anti tabac du 1er février . La salle fumeurs où j’avais mes habitudes est devenue bien triste …. Mais bon, c’est vrai le tabac est un fléau, je sais bien. Et s’arrêter est le seul choix possible, réalisable.

L’expérience de la défume a ceci de passionnant qu’elle nous apprend plein de choses sur nous-mêmes (et qu’elle nous fait nous poser plein de questions, souvent sans réponse, mais l’essentiel, c’est de se les poser).





C'est avec un infini plaisir que je dédie ce post à Zizie (promesse tenue ). Bon, d'accord, dédier, c'est pas offrir, alors, je te l'offre

Dernière modification par tabaco 26/09/2007 à 18h43.
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