Discussion: Témoignages
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Vieux 02/10/2007, 15h34   #40
Rayon2Soleil
 
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Re : Témoignages

1 an de défume…

Me voilà comme une andouille à chialoutter devant mon ordi…

Pffff… les émotions des femmes enceintes…


Enfin, c’est plutôt les émotions d’un parcours personnel … la défume n’étant que l’illustration du choix d’un chemin de vie, pour la vie, comme je l’ai un peu abordé sur différents posts., une démarche de révolte contre l’autodestruction, et qui dépasse de très loin le problème de la clope, béquille « tétatoire » à un mal être plus généralisé.

Cela fait environ trois ans que j’ai décidé de m'aventurer sur cette route très nouvelle pour moi : me combler de moi-même et non plus d’addictions diverses qui m’étaient alors nécessaires pour combler des vides, surmonter des douleurs anciennes avec lesquelles je dois vivre.

Il a fallu beaucoup de travail sur moi, seule et accompagnée par des proches et guidée par des professionnels, pour prendre conscience que m’infliger plus de mal encore, ou d’accepter plus ou moins consciemment que l’on m’en fasse, ne faisait pas avancer les choses, bien au contraire.

Le constat qui en a suivi était que j’avais le droit d’être heureuse, et que j’étais capable sans doute de m’occuper de moi « en bien » !

Dire NON à la dépendance tabagique découlait de ces réflexions.

Une première tentative fin 2004 a duré 5 mois, et j’ai repris, « bêtement » en me croyant la plus forte et capable d’en griller une de temps à autre. Cela aurait pu être le cas, si j’étais dans un contexte affectif stable. Cela n’était pas le cas, et loin de là d’ailleurs… Réparer d’un côté pour continuer à casser de l’autre, ça ne marchait pas. Il me fallait être dans une position globale et totale de reconstruction personnelle, intrinsèque et extrinsèque.

Ce qui devait passer avant tout par une repersonnalisation positive de moi-même. Il me fallait m’armer contre le manque psychologique et physique, non pas (que) de la nicotine, mais bien plus profond : un besoin de remplissage, de « tétage » et de tout ce que cela sous entend.. Et la démarche de quête à la vie était en marche : une véritable guerre contre moi-même pour renforcer une estime de soi, une image de soi plus positive, une confiance en soi, une forme d’autonomie affective, etc…

Cela n'a pas été magique, ni facile... mais j'ai réussi à dire non, à me regarder en face comme un individu agissant et non plus subissant, et à construire la volonté de combattre ce qui me détruisait.

A partir de ce moment là tout a changé !

J’ai rencontré un homme formidable, qui est devenu mon mari. Dans ce contexte favorable (il est non fumeur) j’ai choisi d’arrêter de nous enfumer, lui, moi, nos chats, et le bébé que nous avons ensuite décidé de mettre en route… plus dans une quête de bien être et de vie saine, que dans un esprit de renoncement dur. Dans cette quête de bien être et d’équilibre, il y a eu à parfois quelques moments de plaisirs accordés (appelés par d’autres « craquages »), parfois culpabilisant, mais contrôlés. (Souvenez vous du post des signatures… .)


Je me souviens des jours « juste avant » l’arrêt: je fumais près de trois paquets par jours, à m’en écoeurer… J’avais placardé mon appartement de posts it évoquant les effets néfastes du tabac et des raisons pour lesquelles j’arrêtais, des bienfaits d’une vie sans clope… Une idée, un post it : il y en avait partout ! !!!
Le plein de patchs et de gommes, un « tant pis pour les kg dans la poche » et c’était partit.
Je précise aussi que je continuais encore le travail sur moi avec ma thérapeute, et que cela a été d’un soutien considérable.
J’ai pris pas mal de poids et j’ai enchaîné par une grossesse… mais cela n’a pas d’importance car, d’une part j’avais de la marge étant plutôt menue, et d’autre part, je sais que je vais les perdre compte tenu de ma nature et de mon rythme de vie. Je suis simplement confiante… ça aide beaucoup.


Je ne dis pas que je ne replongerai pas.. Je vis chaque jour ma défume, avec plus de dégoûts que d’envies, mais surtout une grande fierté de ne plus être dépendante, une énorme satisfaction personnelle et le sentiment d’avoir vraiment « grandi » et d’avoir passé un cap psychologique fort. Un chemin de paix et de sérénité vis-à-vis de moi et donc des autres que je continue jours après jours à suivre, relativement tranquillement, tout en étant parfaitement consciente de mes faiblesses (et il y en a ! )









Mes remerciements vont à Atoute, et à de nombreuses personnalités du forum alcool notamment rencontrées virtuellement il y a 4 ans, je pense en particulier à Poulou, à DDD, à Iseulta, à Souris bleue, sans compte d’autre personnes et témoignages qui m’ont renvoyé à mes propres fonctionnements de dépendance et surtout co-dépendance.

En parallèle je dois énormément à toute une équipe médicale, dont ma thérapeute, qui m’a ramassé à la petite cuillère il y a deux ans, et qui m’a aidé à voir plus clair, et amené sur cette voie positive.



Et puis bien-sur, je vous remercie tous et toutes, pour nos échanges, sympathique, riches, variés, amicaux, sages, rigolos, tendres, sérieux, apaisants, réconfortants, profonds, agaçants, émouvants, rassurants, triste, hilarants, futiles, instructifs, divertissants, graves, …. Humains quoi ! Et ça me fait du bien, tout simplement !

Enfin, merci de me laisser vous mandaler régulièrement, parce que cela me fait aussi du bien de croire que mon expérience et mon approche sert un peu à quelque chose. Là encore, vive la reconnaissance et le renforcement d’une image de soi positive !


Dernière modification par Rayon2Soleil 02/10/2007 à 17h37.
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