Discussion: Témoignages
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Vieux 25/10/2007, 20h23   #44
Thesy
 
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Re : Témoignages

(2e partie)

Décembre 2005. – Je suis un cas désespéré


Me voilà revenue en Allemagne. Je viens de passer des vacances de rêve, avec un petit bémol pourtant. D'abord cette interdiction de fumer de plus en plus omniprésente et qui commence à fortement m'agacer. Exemple, l'aéroport de Singapour, à peine descendue de l'avion je cherche désespérément le coin fumeurs. Pas question d'attendre 4 heures l'avion de Bali sans en griller une ! Ah, ça y est, j'ai trouvé, j'ouvre la porte et j'ai l'impression d'avoir fumé ma première cigarette sans l'allumer. La pièce est bondée, un brouillard tenace flotte dans l'air, une puanteur de tabac froid me saisit à la gorge et je constate que tous les yeux sont rivés sur moi : je suis la seule femme ! Qu'à cela ne tienne, je ressors et demande à mon mari (qui en est à son 5eme mois) de m'accompagner. Il fait un peu la gueule… (ô combien je le comprends maintenant!).
Les soucis de santé liés à la cigarette reviennent très vite. Incapable de monter à notre chambre d'hôtel, au 2e étage, sans reprendre haleine. J'ai beau me dire que c'est la chaleur, mon mari, lui, grimpe les étages comme un cabri !
De retour en Allemagne, plus le droit de fumer dans la maison, sauf dans le bureau. Pour éviter que celui-ci ne pue autant que la salle fumeurs de Singapour, je laisse la fenêtre ouverte. Nous sommes en décembre et je fume avec ma doudoune sur le dos. Je prends de plus en plus conscience qu'il me faut tout simplement ma dose. On ne peut guère parler de détente ou de convivialité ! Le 15, je me mets un patch de 14mg. Cela doit suffire.
Le sevrage est moins éprouvant que le dernier et au bout de deux mois, avec 1 mois de 14 mg et 1 mois de 7 mg, je décide que mon traitement est terminé. Un mois plus tard, ça y est l'obsession est revenue, je ne pense plus qu'à la cigarette, je ne parle plus que de cigarette ! Qui pourrait donc m'aider ? Ici, pas de tabacologues. Le forum ? Je n'ose pas ! J'écris à tout hasard au professeur Molimard, je lui demande si je peux prendre des gommes et je suis tout étonnée qu'il me réponde. Trois passages de son mail me donneront plus tard à réfléchir:
  • " On n'arrête de fumer que quand on est mûre, qu'on a perdu tout espoir de contrôler l'incontrôlable, d'arrêter de fumer tout en continuant…" (J'ai peut-être encore l'espoir de devenir une fumeuse occasionnelle)
  • " Surtout ne vous découragez pas. Continuez à jouer à "qui qui s'arrête"'. Mettez vous dans la peau de celle qui va s'arrêter. Vous finirez par vous prendre au jeu." (Cela va m'aider pour entreprendre une 3e défume)
  • "Il n'y a pas de dépendance à la nicotine pure. Elle aide simplement … un peu. Vous ne deviendrez jamais dépendante d'une gomme à la nicotine, en tous cas pas plus que d'un chewing-gum banal." (Cette phrase va certainement m'aider bientôt pour lâcher mes gommes).
Pour l'heure, je retombe dans la dépression, je ne suis plus une fontaine, je suis un légume. Je reste de longues heures allongée sur le canapé, serrant une couverture contre moi et regardant le ciel par la fenêtre. Je ne veux plus sortir, je me sens faible. Je suis persuadée que si je refume, tout ira mieux. Je vais quand même consulter un neurologue qui me prescrit un léger antidépresseur, puis je m'achète un paquet de cigarettes que je trimballe avec moi pendant trois jours. J'hésite encore, mais je ne vois pas d'autre solution. Je refume… et je ne vais pas mieux. Ce n'est qu'au bout de quinze jours (le temps que l'AD agisse) que je vois la fin du tunnel. Je me suis trompée, la cigarette ne m'a pas sortie d'affaire et le piège s'est refermé. Je suis de nouveau accro, je le resterai encore pendant six mois et maintenant je suis persuadée que je n'y arriverai jamais. Mon cerveau m'a eue à l'usure.
(à suivre…)

Dernière modification par Thesy 25/10/2007 à 20h59.
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