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Vieux 18/04/2005, 23h59   #1
shackleton
Membre
 
Date d'inscription: février 2005
Messages: 398
Le dévouement des hôpitaux publics

Bonsoir à tous

J'aimerais témoigner brièvement des deux jours passés dans un CHU strasbourgeois pour une compression du nerf ulnaire.

Entrée le 19 janvier, j'ai cru au départ à la catastrophe : j'avais bien une chambre, mais pas de lit. En plus, le service de traumatologie qui m'accueillait semblait frappé de folie collective. Tout le monde qui court dans tous les sens, les infirmières sur le point d'exploser à être partout à la fois, bref, un joli boxon

Etant d'un naturel plutôt angoissé, je me disais "Ca démarre fort".

Finalement, un lit m'a été trouvé, j'ai dû attendre jusque tard dans la soirée pour une couverture. L'anesthésiste vient me voir : damned, ce n'est pas celui que j'avais vu un mois avant... Bon, pas grave, je lui refais un résumé de mes allergies, lui précise que la première anesthésiste n'était pas très chaude pour une locorégionale. Lui me rassure : il est pour une locorégionale, avec recours à une générale si échec, mais il n'y a pas de raisons. Je précise ici que ce brave jeune homme si gentil était allemand... On a passé la moitiéé du temps à parler allemand, l'autre en français - je suis bilingue. Mais nouveau choc : ce en sera peut-être pas lui qui m'anesthésiera le lendemain. Re-stress.

Le lendemain matin, douche préopératoire à la Bétadine. Vlan, je sors de la douche avec une jolie poussée d'urticaire sur le torse et les jambes. Je n'avais jamais fait de réaction à la Bétadine jusqu'à présent, ça devait bien commencer un jour Pas faute d'avoir pris mes antihistaminiques, pourtant :?:

Je retourne dans ma chambre, il est 7 h du matin, je roupille un brin - en me grattant quand même pas mal. 7 h 30, om m'emmène au bloc où une infirmière me pose une perf. Ô miracle, elle trouve une veine pile-poil sur la main - j'ai des veines à hurler pour les perfusions : elles sont trop fines et elles roulent, les maudites ! Mais là, tout va bien, même pas mal.

Un quart d'heure après, j'entre en salle d'opération. Et là, surprise, une nouvelle anesthésiste, une Luxembourgeoise - apparemment, on aime bien les germanophones, dans cet hôpital

Et là, on démarre une anesthésie locale - impressionnant et très long mais pas douloureux du tout - alors que dans le même temps, je me retrouve empaquetée comme un colis dangereux dans trois draps et une couverture chauffante. Pas désagréable, la couverture chauffante, mais Dieu que la table fait mal au dos ! Et les capteurs pour la surveillance cardiaque... grattent, j'ai déjà de l'urticaire à cause de la Bétadine, sogneusement noté par l'anesthésiste qui, en consultant la liste de mes allergies, a légèrement pâli, ce me semble Elle reste très gentille, nous discutons de la vie, de l'univers et du reste, là aussi en allemand comme en français. Le chirurgien arrivé entretemps nous reproche amusé nos messes basses auxquels il ne comprend rien .

La surprise du chef : la musique, gentiment mise sur mes oreilles pour me "divertir" - accessoirement pour éviter d'entendre ce que disent les chirurgiens, un pour opérer, un pour observer. Une neurolyse cubitale, c'est assez banal et rapide comme intervention. 20 minutes à tout casser. C'est surtout les préparatifs autour qui font que l'intervention ne démarrera qu'à... 9 h 30. On me laisse le choix : soit Richard Strauss, soit du rap. Va pour Richard Strauss.

Mon bras endormi fait que je pose la question, sous mon masque à oxygène qui me tourne un peu la tête, combien de temps on va mettre à aseptiser mon bras, j'ai l'impression qu'ils y sont depuis des heures. Amusée, l'anesthésiste me répond : on est en train de vous opérer, Mademoiselle !

Fin de l'opération, on m'emmène en salle de réveil alors que je suis parfaitement consciente. Je trouve la méthode un peu parano mais ce sont des consignes de sécurité très strictes. Je poireaute jusqu'à 10 h 20, heure à laquelle on me ramène dans ma chambre. Je vois l'infirmière qui tire mon lit grimacer par moments, je lui demande ce qui se passe : oh, ce n'est rien, j'ai juste une épaule démise, ce n'est pas méchant Je lui demande pourquoi elle n'est pas arrêtée, et elle me répond en riant : je ne vais pas risquer de désorganiser le service pour une épaule démise, d'ailleurs, ça se remet. Et vous, sur une échelle de 1 à 10, où situez-vous la douleur ? Ben, ma grande, à 0, je ne sens pas mon bras, mais je remue déjà kle pouce. Petit coup d'oeil au bras enveloppé dans une impressionnante écharpe : il est rouge vif et un peu enflé, à cause de l'antiseptique utilisé et de l'immobilité.

Retour dans ma chambre - c'est toujours la course dans les couloirs - où m'attendent une tisane et quelques biscuits, j'ai très faim. Je cherche à me lever pour aller aux toilettes, l'infirmière, craignant un malaise, commence par refuser, puis s'avise que ma perfusion ne passe plus, du sang est remonté dans la tubulure sans que j'éprouve de gêne. Elle ressort, prend conseil et décide d'enlever ma perfusion puisque je me sens très bien. Mais elle insiste poyur que je reste au lit encore un peu. Ni une ni deux, je me lève dès qu'elle sort de la chambre... et reviens me coucher sans pépin. Prise du pouls : je suis un peu tachycarde, je l'annonce comme une banalité, j'ai un bloc de branche droit que j'ai oublié de signaler à l'anesthésiste. Semonce de l'infirmière : je dois TOUT dire à l''anesthésiste. OK.

Vers 11 h 30, je sens comme une ptite douleur dans le bras qui se réveille. Tout de suite, l'infirmière me propose un antalgique. je commence par refuser mais elle insiste en arguant que la douleur ne doit pas s'installer. J'accepte pour la rassurer, en fait, la douleur est de plus en plus présente mais je la supporte assez bien pour aller faire un tour dans les couloirs et jusqu'au rez-de-chaussée où je m'offre un petit noir bien tassé. C'est vrai qu'un bras enveloppé comme le mien l'est représente une gêne importante, plus que la douleur finalement, pourtant celle-ci équivaut à un gros bleu avec contracture musculaire. Les antalgiques doivent être efficaces puisque j'arrive à bien gérer cette douleur, je remonte dans ma chambre où on me sert un repas. Comme j'ai avalé une madeleine avec les antalgiques pour cause d'estomac fragile, je n'ai guère faim, mais j'essaie quand même de manger. C'est au début de l'après-midi que je ressens un grand besoin de roupiller un brin. Je somnole vaguement jusqu'à ce qu'une autre infirmière viene me refournir en antalgiques, mais je ne les prends pas : je recommence à me gratter partout, réaction histaminique aux opioïdes, je l'avais oubliée, celle-là Et un antihistaminique de plus, un ! Et je n'ai pas si mal que ça, juste un peu gênée, c'est tout.

Vers 17 h, le chirurgien vient me voir. Il m'explique que l'intervention s'est bien passée, le point de compression était moyen mais très ancien, il me donne quelques conseils pour éviter la douleur que je ne suivrai pas

Vers 18 h, ma chambre a été vidée de son lit, c'est à nouveau la course dans les couloirs pour le personnel, j'attends qu'on me délivre mes papiers de sortie. Et là, je patiente, en plus j'attends que ma mère vienne me chercher, je comptais rentrer chez moi en bus, mais bon, je décide de me faire dorloter. Réflexion faite, j'ai bien fait de ne pas rentrer et rester seule chez moi, pour une question de confort.

Papiers enfin remis, je rentre chez ma mère. Le lendemain est un peu pénible parce que je me rends compte que l'écharpe me gêne plus qu'autre chose. Je m'en débarrasse et commence à mobiliser mon bras. Aïe ! Ca tire, ça pince, bref, pas la joie. Mais, peu à peu, je sens que je parviens quand même à me servir de lui, même en grimaçant. Mais, chose positive, j'ai l'impression que je me suis fait opérer il y a un mois tant les choses sont allées vite.

Mon témoignage est un peu long, et il se peut qu'on n'y voit qu'un boxon monstrueux dans cet hôpital. Ce n'est pas le but. J'affirme que malgré tout le stress que j'ai vu dans ce service, le manque de personnel, l'hôtellerie assez moyenne(la douche préopératoire a été assez délicate, j'ai inondé toute la pièce ), j'ai été très bien soignée. Je n'arrive pas encore à croire qu'on puisse travailler aussi bien et avec autant de sécurité avec de telles difficultés de logistique et de personnel. Et je voulais en témoigner.
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