Santé, maladie et Internet - Forum
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Médecine 2.0 Par analogie avec le Web 2.0, je lance ici un forum sur l'évolution de la médecine, ou plutôt le bouleversement qu'annonce la révolution 2.0 dans le monde médical. Attention à ne pas poster de questions médicales sur ce forum.

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Vieux 12/08/2013, 13h12   #1
Sybille
Sybille
 
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Santé, maladie et Internet

Sur la question de la santé, telle que posée sur les forums Internet, voir la conclusion d’une étude intéressante qui pose bien les questions, je trouve :
Sites internet santé : vecteurs de normes santé ou lieux de contestation ?
Florence Quinche (http://philosophiascientiae.revues.org/107#tocto1n7 )
Pour résumer :
1) La définition actuelle excessivement large de la santé, relayée par les sites internet dédiés, en fait un Graal inaccessible – et rend tout le monde « malade » au bénéfice des industries pharmaceutiques et le toutim.
2) Elle a cependant l’énorme avantage, via Internet, de donner la parole aux malades et non plus aux maladies – monopole des soignants.
3) Mais ces malades eux-mêmes ne sortent pas de l’œuf et ont bien souvent intériorisé les normes extérieures qu’ils contribuent ainsi à solidifier.
Voir d’ailleurs tout le N° plutôt passionnant de la revue : http://philosophiascientiae.revues.org/99
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Vieux 12/08/2013, 13h16   #2
Mo Yeh
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Re : Santé, maladie et Internet

Merci beaucoup. Vaste sujet !!!

Je lirai tout ceci à tête reposée.

Bonne journée @ toi.
__________________
"Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques là-dessus!"
MICHEL AUDIARD
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Vieux 13/08/2013, 18h00   #3
d_dupagne
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Re : Santé, maladie et Internet

Bonjour,

Ca date un peu, c'est un peu verbeux, mais il y a des choses intéressantes en effet.
d_dupagne is online now   Réponse avec citation
Vieux 13/08/2013, 18h53   #4
omedoc
 
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Re : Santé, maladie et Internet

Bonjour,

Intéressant article car comme il est dit au début, en parlant des "sites internet en santé":

Citation:
"Apparus dès les milieu des années 90, ils sont cependant encore trop négligés par les études sur la vulgarisation et la communication sur la santé, qui se limitent en bonne partie à l’analyse de médias plus traditionnels, alors que des études récentes montrent que l’usage de ces sites est d’ores et déjà largement ancré dans les pratiques de santé."

Il est étonnant que la conclusion ne corresponde pas au reste de l'article qui lui concerne essentiellement la vulgarisations scientifique, c'est à dire le partage du savoir.

Le partage du savoir est un sujet qui m'intéresse. Quant aux effets néfastes des "sites internet santé" j'estime qu'ils sont importants et graves...

Les gens qui ont un "savoir" (quel qu'il soit) doivent le partager gratuitement: pas pour se faire mousser ou autre mais pour être utile, c'est à dire pour que la personne devienne autonome, que ce soit pour "gérer" sa maladie ou pour "réparer le lave vaisselle", ou pour s'y retrouver dans les dédales médico-administratifs...

En médecine cela passe d'abord par un savoir sur les méthodes et en particulier le développement de l'esprit critique et autocritique (la lecture critique). je parle d'un réel esprit critique et non de critiques réactionnelles envers l'autorité.

En particulier cette façon de répondre
Citation:
"Les participants aux forums en ont d’ailleurs fortement conscience : ils précisent souvent les limites de leurs discours : « ceci a fonctionné dans mon cas, qui semble proche du vôtre, essayez, cela fonctionnera peut-être aussi pour vous ». "
me semble rare.

Ce développement de l'esprit critique (c'est à dire de la pensée, de l'esprit scientifique) n'est actuellement pas du tout au centre des préoccupations des sites [A noter d'ailleurs que letotor, le seul qui faisait d'une certaine façon ce travail, ne semble plus s'exprimer]. D'où les effets pervers... (Il y a d'autres causes théoriques expliquant ces effets pervers)

En ce qui concerne les questions médico-administratives c'est moins important, mais cela le reste...

A mon avis, il n'y a pas - en ce sens - de réel partage de savoir sur Atoute, et les "normes se solidifient"...

Dernière modification par omedoc 13/08/2013 à 20h08.
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Vieux 13/08/2013, 21h07   #5
Sybille
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Re : Santé, maladie et Internet

Citation:
Posté par d_dupagne
Bonjour,

Ca date un peu, c'est un peu verbeux, mais il y a des choses intéressantes en effet.
Bien la peine de fournir en plus un résumé en 3 points spécial TDAH…
En fait je me rends compte que l’article (et le N° tout entier) m’intéressait surtout autour de la question de la norme. Or il semble bien que tous les sites « santé » et/ou « médicaux » comme on veut, adoptent de façon implicite la norme OMS – bien pour ça qu’on ne distingue plus médical et santé d’ailleurs.
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Vieux 13/08/2013, 21h09   #6
Sybille
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Re : Santé, maladie et Internet

Citation:
Posté par omedoc
Bonjour,

Intéressant article car comme il est dit au début, en parlant des "sites internet en santé":


Il est étonnant que la conclusion ne corresponde pas au reste de l'article qui lui concerne essentiellement la vulgarisations scientifique, c'est à dire le partage du savoir.

Le partage du savoir est un sujet qui m'intéresse. Quant aux effets néfastes des "sites internet santé" j'estime qu'ils sont importants et graves...

Les gens qui ont un "savoir" (quel qu'il soit) doivent le partager gratuitement: pas pour se faire mousser ou autre mais pour être utile, c'est à dire pour que la personne devienne autonome, que ce soit pour "gérer" sa maladie ou pour "réparer le lave vaisselle", ou pour s'y retrouver dans les dédales médico-administratifs...

En médecine cela passe d'abord par un savoir sur les méthodes et en particulier le développement de l'esprit critique et autocritique (la lecture critique). je parle d'un réel esprit critique et non de critiques réactionnelles envers l'autorité.

En particulier cette façon de répondre
me semble rare.

Ce développement de l'esprit critique (c'est à dire de la pensée, de l'esprit scientifique) n'est actuellement pas du tout au centre des préoccupations des sites [A noter d'ailleurs que letotor, le seul qui faisait d'une certaine façon ce travail, ne semble plus s'exprimer]. D'où les effets pervers... (Il y a d'autres causes théoriques expliquant ces effets pervers)

En ce qui concerne les questions médico-administratives c'est moins important, mais cela le reste...

A mon avis, il n'y a pas - en ce sens - de réel partage de savoir sur Atoute, et les "normes se solidifient"...
Bonsoir Omedoc,
Sur le partage de savoir & la vulgarisation en général, je suis d’accord avec vous.
Dans le domaine des savoirs médicaux sur Internet, je suis pour ma part non pratiquante, c’est-à-dire qu’après quelques tentatives d’échange il y a (très) longtemps sur des forums dédiés à une pathologie (ou une autre, j’ai le choix), j’en ai conclu au caractère profondément pathogène de cet entre soi – ce pourquoi, je parle plutôt de « forums pathologiques » -. Ça existe, il y en a peut-être à qui ça convient, pas à moi.
Même dans le cadre des forums sur lesquels j’interviens (2.0 & Soignants/soignés), j’évite quoique que ce soit qui ressemble à un « conseil » - même si j’en ai 200 sous le coude.
Parce que mon expérience m’a persuadée – comme les médecins doivent l’apprendre dans leur pratique, sans doute- qu’il est inutile (et même agressif) de répondre aux questions que quelqu’un ne se pose pas. Or l’état pathologique, comme tout état humain, est un processus. Au long de ce processus, on se posera telle question à un moment T, dans des circonstances X et là, on entendra les réponses. Mais c’est encore plus compliqué, je crois, car si dans la vie courante, on voit très si quelqu’un vous pose une question avec la voix alors que ses yeux vous implorent de ne pas répondre ou de répondre à côté, etc. ; dans la vie virtuelle, c’est impossible.
Par contre, il existe d’autres façons de faire entendre la voix des patients et des soignants- et d’"échanger les savoirs »-, via une réflexion plus globale sur les deux forums que j’ai cités, par exemple.
Même si tous les fils ne sont pas passionnants – et j’ai particulièrement horreur de ceux qui « traitent » d’une pathologie dans l’abstrait, genre l’autisme -, je trouve qu’il y a quelquefois de véritables échanges. A cet égard, ce serait plus votre point de vue de médecin sur le monde médical, sur les questions de « santé », sur les rapports Web/médecine que votre point de vue strictement médical qui vaudrait.

Sybille is offline   Réponse avec citation
Vieux 15/08/2013, 09h23   #7
omedoc
 
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Re : Santé, maladie et Internet

Citation:
Posté par Sybille

Parce que mon expérience m’a persuadée – comme les médecins doivent l’apprendre dans leur pratique, sans doute- qu’il est inutile (et même agressif) de répondre aux questions que quelqu’un ne se pose pas. Or l’état pathologique, comme tout état humain, est un processus. Au long de ce processus, on se posera telle question à un moment T, dans des circonstances X et là, on entendra les réponses. Mais c’est encore plus compliqué, je crois, car si dans la vie courante, on voit très si quelqu’un vous pose une question avec la voix alors que ses yeux vous implorent de ne pas répondre ou de répondre à côté, etc. ; dans la vie virtuelle, c’est impossible.

"agressif"?

En fait, il n'y a parfois même pas explicitement de question. Et souvent lorsque il y a une question, ce n'est pas réellement une question: il ne s'agit pas réellement d'avoir une réponse ou de comprendre, mais il s'agit d'être écouté, rassuré, se plaindre, renforcé dans ses a priori ou montrer son intelligence (si pb narcissique).... etc..

Dans ce cas: toute "stricte" réponse, surtout si elle cherche à faire comprendre, peut-être mal vécue (car rate la cible et est donc mal interprétée)..

Je me suis par exemple aperçu que répondre à une question par plusieurs questions (pour essayer de comprendre la question, ou faire préciser les termes (style Socrate)) était vécu comme agressif.


.... une limite de plus de l'actuelle "medecine 2.0" au sens de partage des savoirs..

Dernière modification par omedoc 15/08/2013 à 09h36.
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Vieux 15/08/2013, 11h17   #8
Sybille
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Re : Santé, maladie et Internet

Citation:
En fait, il n'y a parfois même pas explicitement de question. Et souvent lorsque il y a une question, ce n'est pas réellement une question: il ne s'agit pas réellement d'avoir une réponse ou de comprendre, mais il s'agit d'être écouté, rassuré, se plaindre, renforcé dans ses a priori ou montrer son intelligence (si pb narcissique).... etc..
Un peu comme dans la vie courante, pas vrai ?
S’agissant des forums /pathologies, il me semble qu’une démarche intellectuelle (réfléchir, questionner, critiquer, apprendre, etc.) suppose une certaine distance par rapport à son objet. Or ce que fait bien (et même très bien) la maladie, c’est noyer le patient – introduire le chaos, le déconstruire, le ravager, etc. Pensez au caractère invasif de la douleur physique, à la violence de certains soins torturants, etc. Comment trouver la juste distance, dès lors ?
Plus envisageable dans les situations chroniques que dans les situations aigues (personnelles ou affectives, genre décès d’un parent, souffrance d’un proche…) mais, même dans la chronicité (la durée, en bref), tenir suffisamment à distance ce qui vous arrive pour y réfléchir n’est pas toujours évident.
Citation:
Dans ce cas: toute "stricte" réponse, surtout si elle cherche à faire comprendre, peut-être mal vécue (car rate la cible et est donc mal interprétée)..
Ben oui, parce que la maladie n’est pas un jeu rhétorique. Vous le vivez, j’imagine, dans l’entrevue médecin/patients, avec par exemple l’essentiel dit au dernier moment, sur le palier, juste avant de fermer la porte… La « réponse » médicale relève de la science humaine, au sens large. C’est valable sur le Web – d’où d’ailleurs le caractère profondément stupide des forums du type Questions/Réponses.
Citation:
Je me suis par exemple aperçu que répondre à une question par plusieurs questions (pour essayer de comprendre la question, ou faire préciser les termes (style Socrate)) était vécu comme agressif.


.... une limite de plus de l'actuelle "medecine 2.0" au sens de partage des savoirs..
Je me suis aperçu de bien pire, il y a plusieurs années. Par exemple que certaines personnes aimaient leur pathologie, s’en étaient constitué une carte d’identité et, tout en tenant le discours miroir du « combat » et de la grande souffrance, n’auraient pour rien au monde levé le petit doigt pour menacer ce bel édifice. Pour beaucoup, les symptômes physiques avaient cristallisé toute une difficulté à exister et ils préféraient en souffrir et en crever que de le reconnaître – et donc évoluer. Eh bien, ça m’a fait fuir mais aussi ça m’a aidée – à traquer ce qui chez moi pouvait relever de ces logiques, à me poser d’autres questions. Comme quoi, le partage de savoirs peut aussi avancer masqué…
Sybille is offline   Réponse avec citation
Vieux 22/08/2013, 13h05   #9
Oda
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Re : Santé, maladie et Internet

Bonjour Sybille,

J'adhère à cet angle de vue (sur tous les points).

Je voudrais ajouter, qu'il y a aussi une démarche expérientielle, toute l'élaboration (verbalisation, mentalisation, discours ...) du sujet autour de son vécu, et pour le thème présent : vécu autour de(s) la maladie(s), soins, traitements divers, parcours, etc ... Pour moi tous ces aspects ne sont pas seulement intellectuels (ayant été moi-même affectée par la maladie).

Il peut y avoir assez vite des jeux de "miroirs" : identifications à d'autres supposés malades, identification à la maladie, voire à une position expertale "patient-expert", "témoin-expert", internaute-expert, militants ... Il peut y avoir l'identification au "sauveteur" (triangle : bourreau/ victime / sauveteur) qui est valorisante ...

Quelques chausse-trappes, donc. Mais internet me paraît avoir cet avantage, c'est qu'il peut redonner au sujet du pouvoir, l'aider à être davantage acteur face à sa situation et de retrouver une liberté d'action, de choix, à commencer par rechercher les meilleures informations et témoignages. Ensuite, il me semble que c'est surtout à force de patience, d'humilité et d'échange avec autrui qu'il est possible de prendre vraiment de la distance. Atoute enseigne cela.

Dernière modification par Oda 22/08/2013 à 13h10.
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Vieux 22/08/2013, 14h41   #10
Sybille
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Re : Santé, maladie et Internet

Citation:
Je voudrais ajouter, qu'il y a aussi une démarche expérientielle, toute l'élaboration (verbalisation, mentalisation, discours ...) du sujet autour de son vécu, et pour le thème présent : vécu autour de(s) la maladie(s), soins, traitements divers, parcours, etc ... Pour moi tous ces aspects ne sont pas seulement intellectuels (ayant été moi-même affectée par la maladie).
Ben oui, la nécessité de formuler, qui plus est par écrit, pour « se faire comprendre » au moins un minimum, fait partie d’un processus qui me semble sain de mise à distance de la pathologie.

Citation:
Il peut y avoir assez vite des jeux de "miroirs" : identifications à d'autres supposés malades, identification à la maladie, voire à une position expertale "patient-expert", "témoin-expert", internaute-expert, militants ... Il peut y avoir l'identification au "sauveteur" (triangle : bourreau/ victime / sauveteur) qui est valorisante ...

La position d’expert ou de « sauveteur » vous a posé problème, ai-je cru comprendre. Pour ma part, j’ai tendance à penser qu’il convient de parler de là où l’on vit, ce qui ne signifie ni parler de soi (raconter sa vie ou témoigner) ni parler en général (théoriser dans le vide). Pour ça, évidemment, faut savoir où l’on vit.
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Vieux 23/08/2013, 13h58   #11
Oda
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Re : Santé, maladie et Internet

Citation:
Posté par Sybille
La position d’expert ou de « sauveteur » vous a posé problème, ai-je cru comprendre. Pour ma part, j’ai tendance à penser qu’il convient de parler de là où l’on vit, ce qui ne signifie ni parler de soi (raconter sa vie ou témoigner) ni parler en général (théoriser dans le vide). Pour ça, évidemment, faut savoir où l’on vit.

J'ai fait un certain travail autour de cette question.

Je pense comme vous qu'il convient de savoir dans quoi nous sommes, d'où nous parlons exactement, et surtout à qui l'on s'adresse pour pouvoir mener des échanges bienfaisants et constructifs autour de questions aussi vitales.
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Vieux 03/09/2013, 20h56   #12
quesaquo
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Re : Santé, maladie et Internet

Pour ma part, j'essaie de faire paraître via un site de concours d'écriture, une certaine vision ( un peu édulcorée) de ma maladie que personne ne sait soigner vu qu'elle est orpheline : cela m'oblige à prendre de la distance dans l'écriture, si je veux que cela paraisse !Et me permet d'espérer qu'une personne capable de changer la situation s'y intéressera...je m'adresse directement aux "futurs malades qui s'ignorent"
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Vieux 18/06/2014, 12h26   #13
à l'ouest...
Aruko watashi wa genki
 
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Re : Santé, maladie et Internet

@Sybille : Merci !

Le 2.0 baguette des sorciers modernes pour la magie blanche & la magie noire. Influence qui guéri ou qui empoisonne...
2.0 : entremondes avec ses tribus pacifique, expansionnistes, les serviles et les libérateurs, les singularités et les semblables...

P.S. : c'est grâce au rencontre faites au cours de l'exercice médicale que j'ai fait le choix de penser comme vous, qu'asséner une réponse aux questions (même implicite) était agressif.
Toute violence est-elle néfaste ?
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Vieux 25/06/2014, 19h27   #14
Sybille
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Re : Santé, maladie et Internet

Citation:
Posté par à l'ouest...
@Sybille : Merci !

Le 2.0 baguette des sorciers modernes pour la magie blanche & la magie noire. Influence qui guéri ou qui empoisonne...
2.0 : entremondes avec ses tribus pacifique, expansionnistes, les serviles et les libérateurs, les singularités et les semblables...

P.S. : c'est grâce au rencontre faites au cours de l'exercice médicale que j'ai fait le choix de penser comme vous, qu'asséner une réponse aux questions (même implicite) était agressif.
Toute violence est-elle néfaste ?
C’est l’histoire du rabbin qui se promène dans les rues de New-York, en braillant : « J’ai les questions pour toutes vos réponses ! ».
Si j’estime agressif de répondre à une absence de questions, ce n’est pas par humanitarisme chochotte pour protéger les p’vôv malades mais, comme détaillé supra, par logique rationnelle : ça ne sert à rien. C. Marin le dit mieux que moi : « Pourquoi expliquer si on est incapable de répondre à la seule question qui compte : pourquoi nous, pourquoi maintenant, pourquoi tout court. (…) ? »
Concernant la violence « en soi », non, je ne pense pas qu’elle soit néfaste ; c’est une forme de vitalité brouillonne et excessive assez proche, me semble-t-il, de l’état pathologique. Elle dit quelque chose de cette réalité, comme l’écrit aussi mieux que moi C. Marin : « La colère est la marque de la maladie en moi. Elle en est l’expression sourde et tenace, plus obstinée que moi qui voudrait l’oublier (…). Je ne lis pas cette colère dans les manuels de médecine. Je n’en retrouve pas l’analyse dans les essais philosophiques. Pourtant cette colère est la maladie, plus que n’importe quel autre symptôme. Elle est ce que le feu de la maladie a allumé, le rythme qu’elle a imprimé au corps, la faim qu’elle a réveillée ; cette insatisfaction, cette frustration, cette indignation qu’elle laisse en gage. ». Mais elle ajoute aussi : « Il faut prendre des risques. Volontairement. Parce que c’est la seule façon de reconquérir sa propre vie. »... Alors, peut-être que ces « risques » sont-ils de la violence faste...
Sybille is offline   Réponse avec citation
Vieux 26/06/2014, 11h51   #15
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Aruko watashi wa genki
 
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Re : Santé, maladie et Internet

Citation:
Posté par Sybille
C’est l’histoire du rabbin qui se promène dans les rues de New-York, en braillant : « J’ai les questions pour toutes vos réponses ! ».
Si j’estime agressif de répondre à une absence de questions, ce n’est pas par humanitarisme chochotte pour protéger les p’vôv malades mais, comme détaillé supra, par logique rationnelle : ça ne sert à rien. C. Marin le dit mieux que moi : « Pourquoi expliquer si on est incapable de répondre à la seule question qui compte : pourquoi nous, pourquoi maintenant, pourquoi tout court. (…) ? »
Concernant la violence « en soi », non, je ne pense pas qu’elle soit néfaste ; c’est une forme de vitalité brouillonne et excessive assez proche, me semble-t-il, de l’état pathologique. Elle dit quelque chose de cette réalité, comme l’écrit aussi mieux que moi C. Marin : « La colère est la marque de la maladie en moi. Elle en est l’expression sourde et tenace, plus obstinée que moi qui voudrait l’oublier (…). Je ne lis pas cette colère dans les manuels de médecine. Je n’en retrouve pas l’analyse dans les essais philosophiques. Pourtant cette colère est la maladie, plus que n’importe quel autre symptôme. Elle est ce que le feu de la maladie a allumé, le rythme qu’elle a imprimé au corps, la faim qu’elle a réveillée ; cette insatisfaction, cette frustration, cette indignation qu’elle laisse en gage. ». Mais elle ajoute aussi : « Il faut prendre des risques. Volontairement. Parce que c’est la seule façon de reconquérir sa propre vie. »... Alors, peut-être que ces « risques » sont-ils de la violence faste...

J'aime cette énergie cadrée - l'esthétique de la diaphane exigence de la pensé - et hors cadre - répondre sur un forum au post arrivé l'année d'après, comme un courrier perdu...

Je regarde, j'essaie d'ordonner :

Ce machaon dans la toile de l'épeire diadème : violence ? Bien, mal ? Cette vie ordonnée entre le cristal de bach, les cours de yoga et "ça peut pas faire de mal" de Guillaume Gallienne : faste, néfaste ?
Chaos ? Horlogerie ? Réductionnisme, holisme ? Matérialisme, idéalisme ?

Allez les cogitations : du balais, de l'air !
Le fondamentalisme ou les atermoiements gnangnan sont dissonants avec la fonction médicale.

Chaque sorcier, chaque toubib à ses croyances - trop personnelles ou inspirées des sciences et des philosophies - au sujet du pur et de l'impur, du faste et du néfaste pour la vie longue et l'appréciation d'être.
Laborit et consorts décrivent la physiologie, parfois délétère, des émotions et les philosophes plaident pour une certaine équanimité...
Comme Médecin, faire avec cela, exercer avec la science et les traditions.

Pour "recadrer" : je suis plutôt d'accord avec l'article que vous signalez (Websanté2.0 : plutôt "conformisation" des esprits, qu'un lieu de contestation des paradigmes de santé à vocation mercantile).

1) La définition actuelle excessivement large de la santé, relayée par les sites internet dédiés, en fait un Graal inaccessible – et rend tout le monde « malade » au bénéfice des industries pharmaceutiques et le toutim.
2) Elle a cependant l’énorme avantage, via Internet, de donner la parole aux malades et non plus aux maladies – monopole des soignants.
3) Mais ces malades eux-mêmes ne sortent pas de l’œuf et ont bien souvent intériorisé les normes extérieures qu’ils contribuent ainsi à solidifier.

Je peine à rencontrer sur le web les lieux hétérotopiques de contestation de la "monoculture pharmacologique" : réponse univoque en matière de santé ?

Les TAZ, de la mise en commun d'une culture du vivant avec la science et l'impalpable ?

Il y a Michel Serre et sa "Biogée" qui essai de tenir le cap difficile d'une parole sur la Vie avec les sciences & les traditions : « le Réel résiste toujours en substance aux idéalités, pourtant nécessaire à sa compréhension »

Et ?
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Dernière modification par à l'ouest... 26/06/2014 à 12h15.
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Vieux 27/06/2014, 19h51   #16
Sybille
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Re : Santé, maladie et Internet

Citation:
Posté par à l'ouest...
Et ?
Et je ne sais pas, A l’Ouest. Peut-être faut-il simplement ne pas créditer le Web d’une subversion dont il n’est ni dépositaire ni emblématique. Ou alors, c’est cette subversion de surface, faussement démocratique, à l’image de la récupération grimaçante qu’en font les medias. Peut-être faut-il modestement et courageusement s'en tenir à mener une vie subversive, jour après jour.
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Vieux 27/06/2014, 21h42   #17
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Re : Santé, maladie et Internet

Citation:
Posté par Sybille
Peut-être faut-il modestement et courageusement s'en tenir à mener une vie subversive, jour après jour.

C'est avec le modestement que j'ai le plus de difficulté...
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Γνῶθι σεαυτόν
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Vieux 28/06/2014, 10h26   #18
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Re: Re : Santé, maladie et Internet

Citation:
Posté par Sybille
(...) Peut-être faut-il simplement ne pas créditer le Web d’une subversion dont il n’est ni dépositaire ni emblématique. Ou alors, c’est cette subversion de surface, faussement démocratique, à l’image de la récupération grimaçante qu’en font les medias (...)


Santé, maladie et Internet...
Question du bac philo de l'année prochaine : " Le savoir, sa diffusion : subversion ou subordination ? "

Cette question est idiote pour nous occidentaux, élevés aux cultes du livre, des lumières et du positivisme : évidemment que le avoir savoir et sa diffusion est libérateur...

Mais ce n'est peut-être pas si simple : le "Savoir", surtout lorsqu'il est servi avec fermeté - et devient "Le savoir" - remplace le "pensé par soi-même".
Sa diffusion devient colonisation.
Nous sommes alors un peuple premier chassé de nos terres singulières. Contraint de vivre dans les villes d'un savoir sans ciel.



Après ? Se reconstruire. Aidé par la transmission des savoirs singuliers de nos profs, nos proches, en face à face ou dans l'entremondes du 2.0 : apprendre à ressentir, à contempler, à penser par soi-même. Apprendre à unir le faire & le savoir.

Redevenir indien !

Une illustration : les savoirs diffusés par les patients qui suivent la voie des "entendeurs de voix" versus le savoir consacré sur la psychose.



Santé, maladie et Internet : subversion ET subordination ?
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Vieux 03/07/2014, 06h28   #19
d_dupagne
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Re : Re: Re : Santé, maladie et Internet

Citation:
Posté par à l'ouest...
Une illustration : les savoirs diffusés par les patients qui suivent la voie des "entendeurs de voix" versus le savoir consacré sur la psychose.



Santé, maladie et Internet : subversion ET subordination ?

Conférence passionnante, qui illustre les difficiles frontières du diagnostic psychiatrique et les raccourcis dangereux des médecins : les psychotiques entendent des voix, donc ceux qui entendent des voix sont des psychotiques.
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Vieux 04/07/2014, 17h52   #20
à l'ouest...
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Posté par d_dupagne
Conférence passionnante, qui illustre les difficiles frontières du diagnostic psychiatrique et les raccourcis dangereux des médecins : les psychotiques entendent des voix, donc ceux qui entendent des voix sont des psychotiques.


Cette allergie de certains médecins vis à vis du "savoir patient"...

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